textes personnels

Publié le 5 Juin 2024

Vernaison aux doigts de pluie

Dimanche, sur la place, les habitants ont déballé tous leurs trésors.

De la fenêtre fermée de l’appartement de maman, je les vois, non, je les regarde, je les observe.

Petit camion jaune, longue robe rouge, ronde table verte. Les taches de couleur, des fleurs de grenier ont éclos sur le parking.

Posés sur des tables branlantes (faut-il poser une cale ?), recouvertes de vaste pièces de tissus ternes ou bariolés.

De petits objets difficiles à identifier du deuxième étage, hétéroclites, petits comme des montres ou monstres comme ces géantes peluches fluorescentes sont empilés, jetés, disposés, éparpillés.

Mais les yeux de la pluie s’ouvrent et déversent des torrents de larmes sur ces pauvres étals.

Et c’est la chasse aux bâches vertes, forêts protectrices, aux larges plastiques bleus, océans humides et chauds, aux étendues grises comme cendre tiède qui recouvrent les braises.

Les voitures arrivent, leurs bouches de géantes s’ouvrent et avalent goulûment les chaises et les tabourets, les cartons brinquebalants de legos et de modèles réduits de voitures, les boîtes remplies de trucs et de machins qui retourneront allègrement s’empoussiérer au grenier, à la cave ou sur les armoires déjà pleines.

Aucun œil enfantin ne brillera à la vue de ce calot de verre moiré ou de ce cachalot de plastique, aucun visage de s’éclairera, admiratif, devant ce bijoux si rare, aune bouche ne s’ouvrira, telle le Ô majuscule de l’alphabet en contemplant cet assortiment d’assiette du siècle dernier.

Voilà, c’est fini, la place désertée reluit de flaques où brille un soleil revenu.

Martine

Sans E

Givors aux bras ballants

Lundi, sur un parking, dix habitants ont sorti moult fatras.

Visant par un trou du mur dans la maison où vit maman, j’vois un camion gris, un pantalon noir, un placard sans fond. Iris, amaryllis, dahlia ou lilas sur un parking, pourtant pas un vrai jardin !

Camion, bijoux ou cachalots ou bazars à gogo sur moult bancs, sur d’infinis tissus gris.

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Rédigé par Martine Silberstein

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Publié le 16 Mai 2024

Staflizu (préfixe et suffixe)

Se mettre idéalement par trois académiciens

Chacun écrit une syllabe sur sa feuille (ou dit une syllabe) assembler les syllabes de manière à créer un mot comme Staflizu.

Écrire, comme tout académicien qui se respecte, une notice pour le dictionnaire. Préciser nom masculin féminin ; ou verbe ; ou adjectif ; pluriel. Et écrire une définition et un ou deux exemples.

***

Prendre des mots (nom, verbe ou adjectif) déjà existants, sans préfixe ou suffixe, ou en ayant déjà un et leur ajouter  ou remplacer le préfixe et/ou suffixe.

Exemple : chanter/déchanter/préchanter. Enchantement/périchanter. Périchantaille péjoratif

Même travail : rédiger ou ne notice pour le dictionnaire. Préciser nom masculin féminin ; ou verbe ; ou adjectif ; pluriel. Et écrire une définition et un ou deux exemples.

 

STA FLI ZU

Staflizu : les mots

Domibrun, adjectif masculin. Personne issu du métis culturel et ethnique d’anglais arrivés au 16è siècle (colons blancs) et d’esclaves arrivés du port de Gorée (noirs ) vivant au sud des Etats-Unis, dans le Mississipi.

Diamarchiste : personne dont le métier est de marcher à travers bois et prés, fourrés et fossés

Hyperécriturable : 1. une écriture totalement et absolument possible, grande et formidable. 2. Calligraphie d’un tel format qu’elle ne rentre pas sur une feuille. 3. Qualité de l’écriture d’un écrivain qui donne une envie folle d’écrire à son tour.

Antijardinard : environnementoseptique

Arévolutionnette : Conservatrice

Bricolette : tout petit truc

Surparler : trop parler

Chantouiller : chatouiller en chantant (un bébé, par ex.)

Glamoral : quelque chose qu’il faut pour être bien

Activateur : qui suscite de l’activité

Hypposous : manque de sous

Implicâblage : entrée de câble

Fierelet : peu fier

Abotravailler : s’abstenir de travailler

Travailleron : qui travaille beaucoup

Diacrobate : figure acrobatique faite de travers

Travaillerie : agence de loterie pour trouver du travail

s’excourager : manque de courage

Vanbami : rustine en papier fin, décorative, destinée à rapiécer les cerfs-volants. Ex : avec mon vanbami en forme de personnage de manga, j’ai réparé mon cerf-volant. Ex : Dans cette boîte de vanbamis j’ai choisi le bleu clair assorti à mon cerf-volant.

Pradodu : 1. colline recouverte de prairie dont l’herbe particulièrement riche pour la pâture des vaches. Ex : le soleil se couche derrière le pradodu. Ex : le fromage est particulièrement goûteux quand les vaches ont pâturé au pradodu.

Staflizu : le texte

Ce domibrun n’a pas choisi le métier de diamarchiste, il l’a trouvé à la travaillerie. C’est pas un métier de fainéant, crois-moi ! Un drôle d’endroit que les antijardinards et les arévolutionettes aiment bien car cette agence est un vrai activateur. Et si tu es en hypposous, vas-y, je te le conseille ! Pour moi, ça n’a pas marché, et je suis fierelet. Je préfère, finalement être diacrobate. Je ne suis pas riche, mais au moins ça fait rire les autres. Je ne suis pas un travailleron, moi, je m’excourage vite.  Je préfère admirer le coucher de soleil sur le pradodu de mon pays en faisant voler mon cerf-volant. Au moins, avec les vendamis qu’ils ont inventé ; au moins, je peux le réparer !

Martine

STA FLI ZU

Staflizu : le texte

Ce domibrun n’a pas choisi le métier de diamarchiste, il l’a trouvé à la travaillerie. C’est pas un métier de fainéant, crois-moi ! Un drôle d’endroit que les antijardinards et les arévolutionettes aiment bien car cette agence est un vrai activateur. Et si tu es en hypposous, vas-y, je te le conseille ! Pour moi, ça n’a pas marché, et je suis fierelet. Je préfère, finalement être diacrobate. Je ne suis pas riche, mais au moins ça fait rire les autres. Je ne suis pas un travailleron, moi, je m’excourage vite.  Je préfère admirer le coucher de soleil sur le pradodu de mon pays en faisant voler mon cerf-volant. Au moins, avec les vendamis qu’ils ont inventé ; au moins, je peux le réparer !

Martine

STA FLI ZU

Définitions

Flossaté : bonjour! salut !

Périchantable : chanson qui se chante autour d'un feu de camp

Désavoir : avoir des pertes de mémoire

Babilo : qui a du style, stylé

Hypervivement : extrêmement vif

Re Luca : Roi Luca

Périlardon: pizza fromage-lardon

Diamourable : faire l'amour en l'air, autrement dit, s'envoyer en l'aire

Ingadjelet : personne petite qui n'est pas gitane

Paragénérique : médicament qui guérit tout

STA FLI ZU

Flossaté, aujourd'hui tu es babilo, par contre, des paroles hypervivement, ceci n'est pas normal, mais, tranquille, ont fait avec. Alors on a apprit ce soir, tu vas voir Re Luca ?  Je suppose que tu vas aller périlardon et diamourable, on te connait à force ma belle, mais fait quand même attention, il est ingadjelet. C'est pas demain, on te demande et tu fais croire que tu as desavoir, t'inquiète, pour le paragénérique, on te donneras de grands seaux d'eau ! 

Océane

STA FLI ZU

Re Luca était très babilo. Hypervivement gourmand de périlardon, malheureusement, il désavait.

Il fait donc venir le plus grand magicien de son royaume.

Flossaté !

Flossaté, Sire !

Voilà mon problème: chaque jour je désais davantage!

C'est à dire ?

Par exemple, hier, je désavais que mon plat préféré était ... euh ... je désais !

La prérilardon, Sire !

Ah oui !

Mais vous vieillissez, Sire, tout simplement ...

Hors de ma vue, scélérat !

 

Il fait venir le plus grand sorcier de son royaume.

Flossaté !

Flossaté, Sire !

Voilà mon problème: chaque jour je désais davantage!

C'est à dire ?

Par exemple, hier, je désavais que mon plat préféré était ... euh ... je désais !

La préilardon, Sire !

Ah oui !

C'est simple, il vous faut inventer des hymnes périchantables.

Qu'est-ce à dire ?

Des hymnes à chanter en tournant autour d'un feu de camp.

Re Luca, chaque jour périchante, et cela ne fonctionne pas.

 

Il fait venir le plus grand médecin du royaume. 

Flossaté !

Flossaté, Sire !

Voilà mon problème: chaque jour je désais davantage!

C'est à dire ?

Par exemple, hier, je désavais que mon plat préféré était ... euh ... je désais !

La préilardon, Sire !

Ah oui !

Mais c'est simple, Sire. Voici un flacon de paragénérique, grâce à lui, tout va très vite rentrer dans l'ordre. Un comprimé trois fois par jour.

Très bien, merci.

En vain ...

 

Enfin, venu du fin fond des steppes d'Asie septentrionales arrive un vieux bonhomme, tout rabougri, un véritable ingadgelet. Il avait entendu parlé là-bas, tout là-bas de ce pauvre Ré Luca.

Falimendéri !

Flossaté !

Mon très cher, la solution est dans le démourable.

Qu'est-ce à dire ?

Faire l'amour en l'air, vous envoyer en l'air.

Tous les jours ?

Tous les jours !

Et chaque jour Ré Luca diamourable. Et peu à peu, sa mémoire lui revient. Ses fidèles sujets en sont tous très heureux.

Tous ?

Non, le plus grand magicien, le plus grand médecin et le plus grand sorcier ! Pourquoi ? Car ils se sont retrouvés au cachot jusqu'à la fin de leurs jours.

Martine

 

STA FLI ZU

Définitions

Disarbre : groupe de dix arbres

Dosolla : poétesse qui écrit des poèmes pour dire pardon

Monati : professeur d'anglais maniaque

Kabeki : fromage d'Afrique fait avec du lait de soja et qui pue

Dévisible : magicien ayant la capacité de se rendre invisible

Dormus : médiacament qui fait dormir 

STA FLI ZU

En se promenant au mileu de disarbres, une dosolla aperçu un écureuil. Cette petite bête sautillante l'inspira très fort.

Elle s'assit et sortit son carnet et un crayon de son sac. Elle voulait écrire un poème d'amour et de pardon. En effet, elle portait un lourd secret depuis fort longtemps. Son Monati, dont elle était pourtant amoureuse, mangeait des kabekis particulièrement puants et elle ne le supportait plus. Ses rêves étaient parsemés de cauchemars.

C'est pourquoi elle était allée voir un dévisible afin qu'il lui transmette sa magie.   

Son poème, triste, finit ainsi :

J'entre dans la pharmacie

Ah, mais oui !

J'achète du dormus

Ah mais oui, au bificus !

Pour Monati,

Ah mais oui, mon ex-ami !

Bien décidée, je dissous le dormus

plein de bificus

dans un verre d'eau,

Ho ho ho !

et le fait boire à Monati

mon ex-ami.

Puis je m'en vais jeter tous les kabékis

Ah mais oui !

Dans la poubelle du voisin

complètement zinzin

et le remplace par un fromage

moins dégueulage

aussi bon mais au fumet agréable

comme le sable.

Fin du poème.

 

Elle part ensuite chez le dévisible et lui annonce :

Amour, toujours

je quitte Monati, mon ex-ami.

Libre et amoureuse je suis

de vous comme de la vie!

Et part vivre dans une maison entourée de disarbres et de fleurs.

Martine 

 

STA FLI ZU

Flossaté, Re Luca !

Au jourd'hui il pleut et je veux te raconter ma journée.

Je me suis levé, je me suis lavée et j'ai pris mon paragénérique mais pas le désavoir parce que je veux rester en bonne santé et aller voir les autres pour le périchantable. J'espère que le médicament marche parce que je voudrais aussi trouver l'amour et que mon amour soit diamourable et que ça dure toute la vie et avoir des enfants avec lui.

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Rédigé par Martine Silberstein

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Publié le 31 Mars 2024

Ma peau, mon pote, pas si âgé peaufinée de poésie, habillée de tes paumes, polie par tes paupières, la lumière de tes yeux si bleus, amoureux par qui cette vie nouvelle commence.

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Rédigé par Martine Silberstein

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Publié le 17 Mars 2024

Adèle était une jeune fille rangée, bien comme il faut ; sage et belle, elle était plutôt adepte du peace and love. Robe longue, petits nœuds et ruban, toute de rose et de fuchsia vêtue, cheveux longs et blonds, les yeux délicatement et mignonnement maquillés, elle plaisait beaucoup aux garçons. Mais, prude et timide, délicate et très croyante, elle avait décidé de rester vierge jusqu’au mariage.

Sa sœur, un peu sauvage et impertinente, plutôt rock and roll et Métal Hurlant. Même si elle portait parfois, comme sa sœur, une robe longue, elle préférait mettre des jeans déchirés et un peu crasseux. La nuit, adepte de l’urbex, elle s’éclipsait dans des lieux under ground.

Leur maman, marchande de fruits et légumes qui tenait son étal devant le palais du Prince de Monaco, souriait à tous les passants, son commerce était prospère. Spécialisée en tomates (Marmande, cœur de bœuf, Rose de Berne, Fandango, Supersteack, tomates anciennes et autres Miel du Mexique), elle avait du succès auprès de tous les bobos du coin, y compris Stéphanie, la plus jolie (!). Elle ignorait bien sûr les frasques nocturnes de sa fille aînée.

Et voilà qu’un jour la sœur d’Adèle annonce qu’elle est invitée à Paris par son petit ami, un jeune homme bien propre sur lui que leur mère a déjà rencontré. Elle sait présenter les choses, arrondir les angles et elle annonce si bien les choses à sa mère...

   - "Les examens seront finis, c’est juste avant de partir tous en vacances, ça ne dure que le temps d’un week-end".

... que la mère accepte bien volontiers que ses deux filles aillent faire un peu de tourisme à la capitale.

 

   - "Ça vous fera du bien, vous avez beaucoup et bien travaillé cette année, surtout toi, Adèle ! Vous l’avez bien mérité".  

Une fois les examens terminés (et brillamment réussis !), tout particulièrement Adèle, bien sûr, les voilà parties à l’aventure. D’abord le sage TGV. Arrivées à Paris, M. qui les attendait sur le quai les emmène immédiatement sur leur terrain de jeu, station Balard. Il est un peu tôt et les voyageurs du métro parisien sont encore assez nombreux à se presser dans les rames dont ils sortent et entrent sans cesse. Le trio attend assis sur un banc. Vingt-trois heures trente, plus personne. Ils descendent les quelques marches qui rejoignent les voies en contrebas du quai et, immédiatement à droite s’engouffrent dans un couloir étroit, sombre et bas de plafond.

Puis, peu à peu un vague jour apparaît tamisé à travers une verrière couverte de poussière. Des tags, serpent vert, masque de citrouille d’Halloween, bulbes verts et même, incongrues dans ce décor complètement glauque, une jolie tomate bien rouge (qui leur fait penser à leur gentille maman).    

M. s’arrête, pose son sac et en sort un cutter et une puissante lampe torche.

   - "Alors comme ça, tu es la petite Adèle, si mignonne et si sage ? Toujours identique à toi-même, rien de changé depuis la dernière fois à ce que je vois !?"        

À ces paroles de M. Le Maudit, le regard de la sœur aînée se charge de cruauté, Cruella se réveille en elle.

   - "Alors tu n’as pas peur ?"

Il siffle et trois garçons et une fille jusqu’alors tapis dans le noir, face au mur, vêtus de survêtements noirs à capuche, baskets noires se retournent et apparaissent. Leurs visages sont démoniaques. Piercings sur tout le visage, tatouages noirs et rouges du front au menton, les yeux injectés de sang, les veines saturées d’une drogue propre à rendre agressive la moindre petite limace. Tous sont armés d’un immense cutter.

M. Le Maudit actionne son briquet et enflamme le contenu de trois barillets posés au sol. Une odeur écœurante de chair brûlée se dégage, une fumée âcre et noire obscurcit encore, autant que cela soit possible, l’atmosphère confinée de la pièce.

La jolie et gentille Adèle a compris depuis bien longtemps que c’en était définitivement fini pour sa vie. Elle allait mourir ici, c’est sûr !

M. Le Maudit, chef de cette bande immonde et petit ami de sa sœur, Cruella, s’approcha d’’elle. Elle prit soudain son courage à deux mains et ses jambes à son cou. Las, … Les quatre lascars la saisirent, la ramenèrent et la plaquèrent contre le mur.

M. Le Maudit lui annonça :

- "Ah, tu aimes la langue française, la bonne littérature, Victor Hugo est ton héros !? Tu connais donc L’homme qui rit ?! "           

Et d’un coup de cutter à chaque coin de la bouche il entama la chair tendre et blanche.

   - Et voilà La femme qui rit ! hurla sa sœur en transe. Ah, putain, c’est réussi ! Elle saigne comme un goret. La vache, notre mère va être triste si tu meurs. Et si tu vis elle ne te reconnaîtra pas… Achevons le travail !

D’un coup de machette sortie du sac de M. Le Maudit elle lui trancha la main droite. Adèle était évanouie depuis longtemps.

  • Allez les gars, on sort de ce trou à rats !

Une fois posée sans connaissance sur l’escalator, la bande s’égailla dans les rues de Paris comme une volée de corbeaux et disparut.

Arrivées en haut Cruella tira sa sœur sur le trottoir et hurla

  • AU SECOURS ! Aidez-moi ! Vite, une ambulance …

Un passant, qui passait, rare à cette heure tardive dégaina aussitôt son téléphone portable et forma le numéro des pompiers.      

Quand Adèle, après plusieurs jours de coma, se réveilla, elle avait comme un sale regard satanique … 

MARTINE

 

 

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Rédigé par Martine Silberstein

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Publié le 25 Février 2024

J'adore manger les pommes de terre en gratin. Par contre, je n'aime pas trop le goût du chaud, même s’il me dit : « C'est bon pour toi » ,  sous prétexte qu'il m'accueille sous son toit. Mais j'ai du dégoût pour ce légume trop doux et trop sucré. Je trouve que celui qui m'accueille sous son toit a l'esprit un peu trop étroit. Il m'a vexé, il n'est pas très adroit. C'est vrai quoi !  J’aime presque tout, je ne suis pas difficile, pourtant et il y a le choix, au magasin :  à part le houx qui ne se mange pas, le coup de canard farci, c'est fou ce que mes bouts de chou apprécient ! La joue de bœuf n'est pas mauvaise non plus. Je ne fais jamais la moue devant un tel ragoût. C'est un morceau de choix que moi, je ne refuse pas. Après, tous les goûts sont dans la nature point n'est-ce pas mon chou ?

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Rédigé par Martine Silberstein

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Publié le 23 Décembre 2023

Je fais un rêve pour ma mère. Je veux qu'elle reçoive tout mon amour, tout l'amour de sa fille, de ses petits-enfants. Qu'elle les partage avec ses amis, ses aides à domicile.
Je fais le rêve que mon châtaignier ne soit ni coupé, ni ratiboisé, seulement rafraîchi afin que mes petits-enfants puissent continuer à manger ses fruits.
Je fais un rêve de sérénité pour mon ami Pierre, qu'il puisse, en toute quiétude, aimer son amoureuse, découvrir avec elle la beauté du monde. Je fais le rêve que mon ami Pierre puisse très vite retrouver son amoureuse et vivre ensemble s'ils en éprouvent le désir.
Pour ma mère, je fais le rêve de ne plus angoisser pour des broutilles.
Je fais un rêve de justice pour l'humanité toute entière. Que cessent l'honneur bafoué de milliers d'hommes, de femmes et d'enfants, qu'ils puissent vivre d'un travail qui les élève et ne les rabaisse pas, qu'ils aient un toit, le droit à la santé, aux loisirs et de choisir le pays où ils veulent vivre.  Je fais le rêve que les hommes puissent reprendre leur vie en main. 
Que les arbres gardent leur vitalité
Des hommes libres et autonomes

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Rédigé par Martine Silberstein

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Publié le 15 Novembre 2023

Chuint'ment des voitures

Ce matin il pleut à verse

Premier jour d'automne

 

Le cartable est prêt

Voici la rentrée des classes

L'enfant est joyeux

 

Tombe la feuille d'automne

Virevolte jaune, rouge et brune

Promesse de printemps

 

L'enfant dans le parc

Se baisse et prend un marron

Douceur dans ses mains

 

Quatre dans ce vestiaire

Bien au chaud écrire ensemble

Haïku d'automne

Pédaler à deux

Sous un chaud soleil d'été

Sur cette piste cyclable

Deux générations 

Dans le même appartement

Habiter ensemble

Le Rhône est très haut

Il a beaucoup plu ces jours

Les arbres sont sous l'eau

C'est bientôt Noël

Mince, faut ach'ter des cadeaux

Pour tous les enfants

Haïkus d'automne

Inventaire des choses qui ...

font rire

Une personne glisse et tombe

Un petit enfant court après les pigeons

mettent en colère

La guerre, toutes les guerres

Le retard du bus qui accentue mon propre retard

Tous ces êtres humains fuyant la guerre et la misère morts en Méditerranée

 

 

ne valent pas la peine de faire

La publicité sur tous les murs de nos villes, les magazines, à la télévision, dans les médias et avant une séance de cinéma

Le ménage, toujours à recommencer

sont effrayantes

Les guerres

Les piqûres

Les virus

Les pandémies

Les tsunamis

font naître un doux souvenir du passé

Le pantin en bois et en tissus que m'a ramené papa de son voyage en Yougoslavie

L'écharpe russe offerte par ma mamie

qui gagnent à être peintes

La forêt à l'automne

Une fresque égayant un mur gris

Une fleur

Un visage vieillissant

Un visage émerveillé

ne s'accordent pas

Un enfant calme qui joue aux kaplas, son frère passe en courant en faisant l'avion

La tempête et un joli pot de fleur au jardin

Une voiture garée sur une piste cyclable

qui semblent pures

Un enfant qui naît

Les neiges éternelles

Une source surgissant de la montagne

qui ne servent à rien mais qui rappellent le passé

Un très vieux vélo pendu au clou

 Un vilbrequin

Une charette

qui doivent être courtes

Une jupe

Une blague

Les tiges des fleurs pour entrer dans mon joli vase

 

 

 

Haïkus d'automne

Haïkus dont il manque la fin

 

Je suis comme l’oiseau

Sur la branche de cerisier

Qui s'envole au ciel

 

Vent, soleil, marée

Où est la pluie de Bretagne ?

Elle est en rochers

 

Après le marché

Les confettis des tilleuls

 

Le vent souffle fort

Dans le local à poubelle

Qui sent la souris

 

J’ai failli sortir

Finalement je dors encore

Chez mes grands-parents

 

 

 

 

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Rédigé par Martine Silberstein

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Publié le 15 Novembre 2023

Tissus et bois, tient dans la main. Jouet d'enfant. Le pantin

Terre cuite. Rose et bleu. Renflé à la base. Haut comme une assiette dressées. Le vase.

Matière naturelle. Rose. ovale. Creux à l'intérieur. Grand comme mon pouce. Le coquillage.

Soie et coton. Deux mètres carrés. Rouge et orange brillant. Le plaid.

Deux ronds, un triangle. Noir, en métal et caoutchouc, long comme un buffet et haut comme le dossier d'une chaise. Le vélo.

En choisir un et raconter son histoire. 

 

J'ai imaginé ce vase lorsque je participais à un atelier de poterie. Je ne l'ai pas fabriqué au tour, car je ne sais pas, mais au colombin, boudins de terre, bien lissés.  Puis je l'ai surmonté, sur un côté d'un ovale. Après cuisson, j'ai peint le vase en rose et, en noir, tracé la forme d'un visage dans cet, ovale et, à l'aplomb de ce visage, sur la partie opposé, deux petits seins.

_ Tiens, te voilà, dit le coquillage d'un rose semblable à celui du vase. J'aimerai me lover au creux de ta forme pleine.

- Pourquoi donc ?

- Ne vois-tu pas des similitudes entre nous ?

- Non, à part la couleur, je ne comprends pas ton allusion. Si tu dis "des", c'est qu'il y en a plus d'une.

- Oui, exactement.

- Eh bien non, je ne vois pas. 

- Je te mets sur la voie. "Nous avons toutes les deux deux des formes féminines"

- Ah, je sais : tu as des seins et moi, je suis fendue comme une mounine.  

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Rédigé par Martine Silberstein

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Publié le 29 Octobre 2023

Correspondances

 

Photos de personnes, hommes, femmes, enfant animal. Chacun en choisir un (ou au hasard).

 

Se mettre par deux. Rédiger ensemble une brève fiche pour chacun des deux personnages (nom/prénom/vie)

 

Chacun choisit un des personnage et, en fonction de ses traits de caractère, de sa vie, il écrit une lettre à l’autre personnage.

 

CE MATIN le FACTEUR est passé

 

Recevoir la lettre de son voisin et y répondre.

Correspondances

Portraits

Lampion Tatain de Belle Figure. Lanceur concepteur de feux d’artifices profession de père en fils.

Atypique, original, sérieux, conviction de l’utilité de son métier, sa passion, sa vie ?

Orgueilleux, irremplaçable, solitaire, tourné vers lemonde, globe-trotteur. Nocturne/

Ayant travaillé dans un cirque, puis saltimbanque, pour finir dans la pyrotechnie.

S’est écarté momentanément du droit chemin, allumer des feux sauvages, transformer en son métier.

Physiquement pas très beau, un nez à la Cyrano, un chapeau pointu et une cape noire, habillé tel un noble, costume bordeau criant, mocassins toujours bien cirés. Sa « seringue lanceuse de feu » dont in ne se sépare jamais, collerette autour du cou.

 

Ariana tout feu tout flamme. Prof et danseuse de tango. 35 ans. Italienne, habite Paris, a vécu en Argentine. Célibataire Aime voyager, lire. Aime l’océan, Guérande. « Croqueuse d’homme ». Sans enfant et n’en veut surtout pas. A un chien et un chat dont s’occupe sa mère, Graziella quand elle s’absente (souvent !). Très extravertie, drôle. A des copains/copines

Correspondances

Lettre 1 de Lampion à Ariana

Très chère Ariana,

Je vous écris, telle une étoile dans ma nuit. Vous avez illuminé les feux sur ma rétine. Pardonnez tant de fougue, mais rester dans l’expectative d’une future prochaine rencontre ne fait qu’emplir mon cœur de joie. Notre projet est tellement merveilleux. Moi tirant la comète éblouissante, vous dansant au clair de lune, on ne saurait donner meilleure magie aux spectateurs de la nuit.

Vous et votre charme ; moi et mon talent, quel duo ! Le monde peut trépigner d’impatience que les étoiles en soient tirées voici l’aube de la naissance d’un des plus beaux voyage voyages jamais imaginé.

 

Réponse 1 à la lettre de Lampion

Lampion,

J’avoue ne pas me souvenir de toi, vraiment, j’en suis désolée.

Je suis effectivement professeur de tango. Aussi, si tu veux venir participer à l’une de mes milonga, elles ont lieu à 19 heures, au 10 rue Renoir, à Paris XXème. Je pourrai t’enseigner le tango le plus pur, tel qu’il se danse en Argentine où je l’ai appris.

À bientôt donc,

Ariana

PS : le cours coûte 50€/heure.

Correspondances

Lettre 2 d’Ariana à Lampion

Cher Lampion Tatain de Belle Figure,

Je t’écris, mais Oulàlà, quel nom compliqué tu as, bref !

Je t’écris, Lampion car, dans le cadre de mes prestations, je suis danseuse de tango, j’ai pensé que nous pourrions travailler ensemble.

En effet, je t’ai remarqué, comment ne pas te remarquer, n’est-ce pas, lors d’un feu d’artifice que tu avais organisé. J’ai admiré ton spectacle, la musique que tu avais choisie, les couleurs, les virevoltements des lumières éclatantes que tu manie avec tant d’éclat, les explosions explosantes de tes fusées, et puis le lieu extraordinaire, au milieu des marais salants, les brillances inattendues, reflétées dans les carrés d’eau si réguliers.

Bref ! Tu m’as littéralement séduite, non seulement par ton travail même, mais par ta personnalité aussi, originale, sauvage, noble.

Je te propose de nous rencontrer. Voici mon adresse mail : ariana.martinat@gmail.it.

À la proxima ! Je l’espère.

 

Réponse 2 De Lampion à Ariana

Ariana.

 

Tant de flatteries met mon égo en exergue. Tu es tellement perspicace quant à mon talent ! Je suis heureux que ma démonstration pyrotechnique t’ait éblouie. Je n’en n’attendais pas moins car le talent attire le talent. Je choisirai une musique conçue sur mesure pour toi. Tu me laisseras apprécier toute la grâce de ta danse au travers de tes gestes de feux que j’accompagnerai d’un ciel que tu ne pourras alors jamais oublier comme une gravure dans le marbre.

Crois-tu qu’il existe plus belle nuit celle du partage et des empreintes d’or que rien ne peut effacer.

Bien à toi sulfureuse Ariana, muse de mon art en devenir.

Tu me réponds, oh ! Lampion, et tu as eu la même fulgurante idée : travailler ensemble, imaginer un spectacle fou délirant, moi dansant, telle une étoile filante, une comète déchirant le nuit, une pluie d’astéroïdes, une météorite écrasant tout sur son passage.

À toi la lumière, les soleils, les zigzags, les tourbillonnements lumineux, les cris, les hurlements des explosions, la musique tango à fond dans les baffles.

Nous allons tout déchirer, les spectateurs jamais ne nous oublierons, nous serons applaudis, que dis-je, ovationnés. Tous les yeux seront tournés sur nous, tous les médias parleront de nous, nous serons demandés pour les plus grandes occasions, Oh, merci Lampion d’avoir répondu à mes attentes. Oserai-je dire que … je t’aime ?

Ariana, toute à toi.

Portrait de Léo par Kujtim

Au secours, au secours, les femmes de 30 ans veulent toutes des bébés  et pourtant la société d’aujourd’hui ne veut pas payer pour voir la terre se repeupler malgré la restriction de l’État.

Françoise veut absolument un bébé à tout prix et elle va tout faire pour avoir un bébé.

Portrait : un bébé d’un an et demi qui vit avec ses deux parents qui se prénomment Jacques et Jacqueline qui vivent tous les trois au bord de la mer. La crèche où va le petit Léo est très loin de leur lieu d’habitation le papa doit faire quelques kilomètres chaque jour pour se rendre à la crèche.

Yasmine folle drôle célibataire préparatrice de commandes. Elle aide les personnes qui vivent dehors.

 

Portrait de Yasmine par Yasmine

Je m’appelle Yasmine, je suis une fille un peu folle, drôle, romantique, souriante, elle aime vivre, célibataire, elle cherche l’amour, je suis rêveuse tout le temps. J’ai un bon travail et une belle voiture et une maison. J’aime aussi bouger tout le temps et ne pas rester sans rien faire, j’aime bien aussi aider tous les gens que je croise dans la rue

Lettre 1 Léo à Yasmine

19/10/2023

Salut Yasmine,

Je ne sais pas si tu travailles toujours comme préparatrice de commandes mais j’espère que c’est encore le cas. Je ne sais pas si tu es toujours célibataire mais j’aimerai te revoir. Est-ce que tu es toujours aussi drôle, oui ou non. Est-ce que tu es toujours généreuse ?

Signé Léo

 

Salut Léo,

Comment ça va ?  J’espère que tu vas bien. Je suis ta chère cop qui vient toujours quelle elle a le temps pour venir te voir et passer du temps ensemble en rigolant. Et je t’écris cette lettre comme cadeau pour ton anniversaire parce que je ne crois pas encore que tu as déjà un an et demi. Tu grandis vite et tu me rends chaque fois heureuse parce que tu es le fils de mon frère et tu es l’amour de ma vie.

Aujourd’hui, j’espère venir à ton anniversaire, mais sache une chose, moi je serai toujours à tes côtés quoiqu’il arrive. J’espère que tu vas continuer à m’aimer comme toujours et je vais venir à ton anniversaire en espérant que tu vas aimer ma lettre plus que les cadeaux sans la jeter.

Bisous Yasmine

Portrait Mamadou

30 ans. Vivait avec ses parents au Bénin, dans la brousse quand des Blancs l’on volé à sa famille à l’âge de 10 ans.

Transporté à Haïti comme esclave.

Travaille dans une plantation (bananes, canne à sucre)

Amoureux secrètement de la fille des propriétaires Blancs.

Travaille dur du matin au soir sous un soleil de plomb ou une pluie battante. À peine le dimanche pour se reposer.

Il aime sculpter des visages dans le bois. Ne sait ni lire ni écrire.

Rêve de s’échapper dans la forêt parce qu’il en a marre de sa condition d’esclave.

 

Bonjour Francis, 

Je t’écris d’Haïti où j’étais retenue prisonnier par des esclavagistes !

Si tu savais la chance que tu as ! Moi, quand j’avais ton âge, des Blancs m’ont volé à mes parents. A peine arrivés sur la terre ferme, après un voyage interminable où beaucoup sont morts en route, j’ai été exposé sur un marché aux esclaves, comme du bétail. Des planteurs sont venus m’examiner : ma dentition, la force de mes muscles, mes bras, mes jambes. Un homme m’a acheté et m’a emmené sur sa plantation.

J’ai habité dans une case remplie d’autres Béninois, esclaves comme moi. Tous les matins la cloche nous réveillait, à peine le soleil pointait-il à l’horizon et nous n’étions couchés qu’à la tombée de la nuit.

Soleil de plomb ou pluie battante, tous les jours sauf le dimanche, il fallait trimer dur.

Te rends-tu compte, Francis ? Toi, pendant ce temps tu allais à l’école, moi je n’ai pas appris ni à lire, ni à écrire (c’est mon amante qui m’écrit cette lettre). Tu jouais au tennis. Moi, mon seul loisir était de sculpter des visages dans le bois avec un mauvais couteau que je me suis fabriqué.

Tu habites une belle maison au bord de la mer, moi aussi, la mer n’est pas loin, mais je n’y vais pas, je n’ai pas le droit. J’ai été un enfant poli et sage mais je suis devenu un révolté par la force des choses.

Amoureux de Pauline, la fille des propriétaires, je me suis échappé. Battu à coups de fouet par son père pour avoir essayé de lui parler, c’en était trop.

Me voilà nègre marron et grâce à mon amoureuse, me voilà en sécurité.

Je t’embrasse de là où je suis, toutes mes amitiés,

Mamadou

Correspondances

Maria. 35 ans. 2 enfants, Josepha, en CP et Pablo, en maternelle. Elle est mariée. Habite en appartement avec un chat, GrisGris, dans le 7è. Douce avec ses enfants, ne travaille pas à l'extérieur, cultive son potager. Elle aime cuisiner, se promener au parc de la tête d'or. Elle n'est pas riche d'argent mais son coeur est ouvert. Elle milite au Secours Populaire. Chaque semaine elle tri les vêtements donné, recoud les boutons qui manquent. Son mari est éboueur. Il se lève très tôt et rentre tôt, il s'appelle Enrico. Il joue de la guitare. 

Personnage d'une participante de l'atelier: Nicola, rebelle, artiste, fils de famille, bac, intelligent, la nuit il philosophe au comptoir et s'exprime sur les murs du quartier.

Monsieur,

Voici plusieurs fois que je me demande qui embellit ainsi le quartier de ces fresques invraisemblables, belles, colorées, pleines de rêves. 

Mes enfants, tous les matins, s'arrêtent devant chacune d'elle, si bien que l'autre jour nous sommes presque arrivés en retard à l'école du petit dernier, Pablo, trois ans. Josepha, elle, sept ans, a expliqué à la maîtresse qu'elle aimerait, elle aussi, décorer l'école avec de beaux dessins.

Je me demande bien ce que tu fais, à part,  la nuit, repeindre nos murs gris de couleurs vives ! Oui, je sais que tu peins la nuit car, hier soir, ce chat, à l'angle du mur n'y était pas.   

Mais qui es-tu donc ? Tu dois être grand, ou alors, peut-être, utilises-tu une échelle ?

Mais voilà que je t'imagine. Tu serai un jeune homme, brillant qui, étudiant, s'ennuie tant le jour que, la nuit, tu ne peux t'empêcher de masquer les murs lépreux de notre ville; tu les transforme en décor de théâtre, en rideaux d'opéra, en tableaux de musée.

Je t'admire tant et j'aimerai faire ta connaissance.  

Maria, une habitante du quartier

Correspondances

Jim,

J'ai aimé, hier, quand tu as relancé le ballon bleu à Pablo.

J'ai apprécié que tu racontes à Josepha comment les tétards passaient de leur condition de, tout noir sans patte, à ces animaux un peu verts, un peu jaunes et coassant.

Oui, tu as raison, les enfants courent après le soleil comme après un ballon ...

Souvent, ils ne font pas attention et alors, pauvres salades, tristes fraises, tout écrasées, elles en deviennent immangeables. Mais leurs rires bruyants et joyeux excusent leur maladresse. D'autres, salades, d'autres fraises grandiront et nous les mangerons.

D'ailleurs, pourquoi ne viendrais-tu pas faire un petit pique-nique au soleil dans notre jardin ? Nous t'attendons avec impatience, Enrico, Pablo, Josepha et moi vers midi.

PS. : apporte ta chaise, nous n'en n'avons que quatre !

Maria. 

 

Correspondances

Je m'appelle madame Mamita. Avec mes cinq enfants, je vis dans un village du Cameroun. Je suis la première femme du chef et, à ce titre, je dois m'assurer que la communauté reste paisible. 

Dans ce groupe, les autres femmes du chef et leurs enfants doivent se sentir unis et heureux, chacun travaillant pour le bon fonctionnement de la communauté. Ma responsabilité est de répartir les tâches, et de m'assurer que chaque femme remplie bien sa mission. 

Correspondances

Bonjour Madame Albert,

Tu vas être surprise de lire cette lettre et peut-être que tu ne te souviens pas de moi. 

En vacances, tu es passée au Cameroun il y a dix ans et tu es venu nous rencontrer dans le village de Mokolo. Tu voulais découvrir notre culture. Rappelle-toi les moments partagés avec nos femmes, enroulées dans leurs pagnes colorés, à piler le mil, couper le bois, laver la vaisselle et s'occuper des enfants. Tu as chanté avec nous. Tu as ri avec nous.

Mais aujourd'hui les temps ont un peu changé. Les jeunes s'en vont. La sécheresse est de plus en plus forte. Le poids des traditions devient lourd à porter et la tristesse s'est installée. 

A l'époque, tu nous racontais que tu vivais la nuit, que tu faisais la fête, que tu chantais, que tu riais, que tu te déguisais et que tu devenais Isadora. Elle avait l'air tellement joyeuse que je te demande aujourd'hui si tu veux bien nous aider, de revenir nous voir.

Rapporte-nous toute cette belle énergie pour que chacune retrouve l'envie, le courage de travailler et la joie d'être ensemble.   

Au nom de toutes les femmes du village, je te remercie et que les bons esprits te protègent.

Mme Mamita 

Elle reçoit une lettre lui annonçant que son fils est mort en France

Madame Albert,

La violence de la nouvelle que j'ai reçue m'a emportée dans le gouffre de la souffrance. Merci beaucoup madame Albert pour tout ce que tu as fait avec tes amis et pour l'accompagnement de mon très cher Désiré. Il voulait partir étudier pour mieux revenir dans notre village, et s'inventer dans son pays. Tout petit déjà, comme tous les enfants, il s'est construit au rythme des percussions et des chants de la communauté qui lui correspondaient réellement. Il a rencontré sur sa route tout ce monde de la musique.

Vous aussi vous êtes tristes. Les peuples peuvent se retrouver dans le partage de la joie, mais aussi de la peine. Votre bon cœur et votre amour l'a libéré de toutes ses souffrances. Il remplira celui de Désiré pour son dernier voyage. De notre côté, la communion de tous dans notre village nous aider à accepter l'épreuve que la vie nous envoie.

Madame Albert, merci de vos pensées, de votre aide, de votre empathie. Un jeune est parti et face à ce drame, la vie continue. Il est important et ressourçant pour nous tous que tu puisses revenir à Mokolo, comme je ne t'ai déjà demandé. L'harmonie de nos cœurs autour du souvenir  et de l'avenir nous portera tous vers le bleu du ciel. 

Que les esprits des anciens et de Désiré te protègent.

Mme Mamita
Correspondances

 

Charlotte est en Cm² à l'école du centre  Travaille bien, mais ça dépend des matières. Bavarde à l'école. Aime faire des blagues. A quelques bonnes copines et seulement un copain, Charles, surnommé Charlot. Joue du piano et fait du basket. 

A un petit frère, Léo, 3 ans, en maternelle.

Habitent à Gennevilliers, une grande ville du nord des Hauts-de-Seine avec leurs deux parents.

Passent toutes leurs vacances à l'océan chez leur grand-père, Pierre, qu'elle admire. Elle bricole dans son atelier et fait du vélo avec lui.

Djamila, est une statue beaucoup d'images dans l'œil. Coquette (bracelets). S'agenouille (religion). Chevelure torsadée. Ventre, poitrine (enceinte, a d'autres enfants).

Djamila, 

Je t'écris du XXIè siècle car la maîtresse nous a parlé des Mayas, et j'ai lu plein de livres sur les Mayas et que je me pose plein de questions sur ta vie.

J'aimerai bien savoir pourquoi tu t'agenouilles? La maîtresse nous a dit que c'était pour honorer un dieu. Est-ce que tu fais comme Mamadou qui va tous les vendredis à la mosquée avec son père et qui implore Allah ? Il m'a bien expliqué. 

Mais moi, je crois que votre roi tue des gens sur une pierre, un autel, tout en haut d"une pyramide sacrée. Je trouve ça vraiment horrible. Je crois que j'ai compris que c'était pour faire plaisir au soleil, votre Dieu, qu'il fait ça.

Chez moi, personne ne croit en Dieu, même si les parents de mon grand-père étaient Juifs, lui, s'en fiche, il dit que ça n'existe pas les dieux.

Je te trouve un peu belle, un  peu bizarre aussi. Je ne vois pas très bien tes yeux, ou alors c'est un gros œil que tu as ? Ta bouche souris. Je voulais savoir combien d'enfants tu as et quel travail tu fais. Tu cultives un potager? Et ton mari, il fait quoi ?      

Tu habites dans une maison en bois, comme celle que la maîtresse nous a montré sur la photo, dans la forêt ? Moi j'aurai peur des araignées géantes, des serpents et des léopards. Et toi ? 

J'espère que tu vas vite me répondre car je trouve ta vie intéressante et pas du tout pareille que la mienne !

Signé : Charlotte, en Cm2.

Ma maîtresse s'appelle Chantal.

PS: ça doit faire mal tous les matins de te brosser des cheveux si longs.

Correspondances

Djamila,

Tu ne peux pas savoir ce que ta lettre m'a fait plaisir ! Toutes mes copines se moquaient de moi, mais pas Charlot car lui est moi on se comprend vraiment bien.

Même la maîtresse était super étonnée que tu m'aie répondu !

Oui, c'est vrai que ta vie, elle est pas comme la mienne. Toi, tu ne bouges pas, alors que moi, au chat et à la souris, je suis la plus rapide du monde.

Et mon chapeau, je l'aime beaucoup. C'est pour carnaval que je lui ai collé deux gros yeux, tiens, comme les tiens. 

Sauf que, à Gennevilliers, je peux te dire, en hiver, ça caille dur ! Et toi, toute nue, au Mexique, je sais que tu n'as pas frois.

Tu ne m'as pas dit pourquoi on tuait des gens, chez toi. Moi, mon grand-père, il a tué personne, mais il y a  longtemps, il y a des gens qu'on appelle nazis, ils ont tué plein de monde comme lui, des Juifs, mais aussi tous ceux qui n'étaient pas d'accord avec eux, des communistes, des résistants, mais aussi des fous, des tziganes et des homosexuels. 

Tu vois, les hommes ils n'ont pas beaucoup changé, ils sont toujours aussi méchants.

Je veux bien te protéger contre les méchants et aussi contre le froid si tu viens chez moi. Car ici, la pluie est glaciale.

J'espère que tu m'écriras encore car je suis curieuse et que j'ai encore plein de questions à te poser. Je te serre fort contre moi.

Bisous, 

Charlotte

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Rédigé par Martine Silberstein

Publié dans #Textes personnels

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Publié le 26 Septembre 2023

Miracle de l’

Amour

Refuge auprès de

Toi

Imaginer le

Nous

Et s’enfuir

 

Acrostiche

Plaisir

Imaginé

Encore

Recommencé

Rêvé

Encore endormie

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Rédigé par Martine Silberstein

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