textes personnels

Publié le 26 Novembre 2022

L’écrit dure

En écriture, l’écrit dur est un écrit sur l’écrit pur qui dure

Voir les commentaires

Rédigé par Martine Silberstein

Publié dans #Textes personnels

Repost0

Publié le 7 Novembre 2022

Tautogramme 

Gilbert, en vrai gastronome, goûte des gâteaux, il ne les gâche pas. Puis il goûte du gibier, des grives en gibelotte accopagné de gevrey-chambertin avec ses amis de Givors Ghanéens et Guinéens. Ce n'est pas un grigou. Il gobe des guyots, des guimauves et des grenades. C'est un gourmet, pas un gourmand guindé.

Martine

Tautogramme et lipogramme

Ce matin, dans l'espace vélo du train, il n'y avait pas assez de pace pour tous les cycles. Et pourtant, presque plus d'essence, besoin d'écologie, de sport, les déplacements doux sont à la mode.

Mais à quoi pensent donc nos politiques ? Pourquoi les décideurs n'impulsent-ils pas la construction de train aux vastes espaces propices au stockage d'un grand nombre de vélos, tandems, vélos cargos ? (Relançant, par la même occasion quelques créations d'emplois).

En Suisse, en Allemagne, je suis montée dans des trains bien conçus par des designers à qui l'on avait demandé de concevoir des trains pour tous : les vélos, les poussettes, les landaus et les fauteuils roulants. 

Mais dans la gare où je prends le train chaque jeudi, de hautes marches mènent au quai et du quai au train, il faut lever haut la jambe pour y accéder. 

Alors ...

Lipogramme sans E

Un matin, dans un train, aucun trou pour un grand truc rond roulant, un biclou. Pas marrant ! Goût important d'aggrandir dans la collusion. Tous nos voisins sont d'accord.  

 

Voir les commentaires

Rédigé par Martine Silberstein

Publié dans #Textes personnels

Repost0

Publié le 5 Octobre 2022

Excursion dans la bibliothèque

Chacun se promène dans les rayons de la bibliothèque.

1/ Choisir deux livres. Un avec image en première de couverture, l’autre sans image. 10 mn

2/ Relever le nom des livres. 15 mn

a) Avec le premier nom et l’image, par association d’idées, écrire Le plus possible de mots qui nous passent par la tête.

b) Avec le deuxième nom, jouer avec les lettres du mot (syllabes, et sons du mot, mélange des lettres) et écrire le plus de mots possibles.

3/ Cadavre exquis. Écrire son nom sur la page. 15 mn

Sur une feuille blanche, relever le premier mot d’un des livres (article et nom ou seulement mot s’il n’y a pas d’article).

Faire passer à son voisin qui écrit le mot suivant (nom ou adjectif ou verbe), etc jusqu’à ce que les mots des deux titres soient épuisés.

Reprendre sa feuille. Réécrire la phrase mystérieuse en lui donnant le sens que l’on veut avec les mêmes mots (on peut ajouter des mots si besoin).

4/ Écrire l’histoire.

La première phrase de l’histoire est la première phrase d’un des livres, et le cadavre exquis est la dernière.

OU

4 bis/ Recopier la première phrase d’un des livres et se servir du cadavre dans son histoire.

 

 

 

Excursion dans la bibliothèque

Fulbert, le bibliothécaire, regarde sa montre. Il est l’heure d’ouvrir les portes, les lecteurs vont arriver d’un instant à l’autre.

Il y a le monsieur roux, celui qui prend toujours des romans policiers.

En milieu d’après-midi vient la petite fille blonde avec ses tresses agrémentées de jolis nœuds rouges.

Et puis le vieux monsieur qui arrive, clopin-clopant avec sa canne, sa casquette vissée sur sa tête.

Une fois par mois, un jeune homme sourd qui choisit toujours des livres ayant trait aux vaches.

Le sportif arrive toujours en courant, un peu suant.

Et il y a aussi Pierre. C’est un SDF qui, l’hiver profite du chauffage, l’été de la clim. Il commence par aller aux toilettes, ensuite il pique un petit roupillon dans le large fauteuil rouge. C’est dur, la rue ! Après il lit le journal, visionne des vidéos ou lit un livre.

Parfois le collègue de Fulbert, plus jeune, monte à l’échelle pour attraper les livres anciens. Ils ne sont accessibles qu’aux chercheurs accrédités.

Pendant ce temps, Fulbert rêve à ses prochaines vacances. Il rêve de retourner du côté de Béziers, là où l’été dernier il a connue Véronique, son âme-sœur, qu’un ami lui avait présentée. Il se voit encore, assis sur un banc, au bord de la mare. Avec elle il imagine construire son avenir. Partir vivre dans une ferme.

Dans la bibliothèque, il est dans son monde mais il sent qu’il doit le quitter. Il en a marre. Aux lecteurs il fait la moue. Ils ne comprennent pas, c’est nouveau pour eux. Fulbert n’était pas ainsi avant de partir en vacances. Il aimait bien le monsieur roux, la petite fille blonde, le vieux monsieur, le jeune homme sourd, le sportif, le SDF, et puis aussi son collègue.

L’ancien monde est devenu noir, il n’a plus sa préférence, il se sent moins efficace, de grand, il se sent devenu petit.

 

Voir les commentaires

Rédigé par Martine Silberstein

Publié dans #Textes personnels

Repost0

Publié le 20 Septembre 2022

 

Dans ma tête, moi, petite peluche, je pense à mon gentil maître, Nicolas. Il m'appelle "Mon ours chocolat". Et quand, fatigué, las d'une longue journée, tout raplapla, il me couvre de baisers mouillés, je le console de mon sourire de laine et de ma main de velours.
 
Dans son coeur, il m'aime très fort, me serre le soir contre son corps chaud quand il dort. Je le mène à bon port jusqu'au lendemain et efface tous ses chagrins et tous ses cauchemars gras et dodus.
 
Dans mon ventre, il est si gentil, Nicolas, que ça me fait tout plein de guilis quand il me dit : "Vit ta vie, Chocolat", et lui, il rit ! Toute la journée je m'ennuie dans son lit, aux côtés de son livre préféré, un livre de contes que je relis sans compter. 
 
Avec lui, c'est la nuit que je préfère, quand luit la lune dorée, dans ses bras, je suis là pour le rassurer

Voir les commentaires

Rédigé par Martine Silberstein

Publié dans #Textes personnels

Repost0

Publié le 20 Septembre 2022

ça y est, c'est parti ! 

L'ivresse de la vitesse nous enchante, Aude et moi.
Le paysage défile, nos jambes tricotent à toute allure.
Une sacoche devant, fixée au guidon, Une derrière chaque selle, une quatrième fixée sur le cadre. Quelques fringues, une paire de chaussures, une trousse à outils, une trousse de toilette, des barres de céréales.
Prêtes pour l'aventure. Ah, la mer !
Plus que 248  kilomètres et nous y serons. Trois jours durant lesquels nous visiterons Avignon, Arles et Marseille.
Le bonheur pour nous deux sur le tandem
Tand'aime

Voir les commentaires

Rédigé par Martine Silberstein

Publié dans #Textes personnels

Repost0

Publié le 20 Septembre 2022

Pique-nique à Abbeville

Aujourd'hui, c'est jour de pique-nique ! J'adore ça. Je dois avoir une dizaine d'années. Nous sommes tout un groupe. La couverture qui pique, à carreaux rouge et noir. La glacière, bien remplie. Boissons fraîches. La bouteille d'eau gelée. Salade. Pain. Fromage. Charcuterie. Fruits.

Le seul truc que je n'aime pas, c'est le trajet en auto. Malade comme un chien, je vomis à presque tous les coups, et, en plus, je me fais engueuler par mon père car on doit s'arrêter en route. Et si c'est trop tard, entre l'odeur et le nettoyage, ça le met vraiment en colère. Ouf ! Cette fois la route était droite et tout s'est bien passé.

Une grande prairie, des arbres. On étale la nappe en plastique, les couvertures, on sort tout. Nous nous installons à l'ombre.

 Plusieurs familles. Plein d'enfants. Mon frère.

Après le repas, pendant que les adultes discutent, se reposent, dorment, jouent aux cartes, les enfants vont dans les bois. Oh ! Une cabane, là, sur la fourche de l'arbre à moitié couché !

Deux, trois gosses intrépides montent, facile ! La pente n'est pas très raide. J'adore grimper. Je les suis. A mi-chemin, c'est la chute. Je tombe sur le dos. Je reste quelques instants à terre, complètement estourbie. Je me relève, ça tourne. 

Les enfants crient "Martine est tombée de l'arbre !".

J'arrive auprès de mes parents. Je mens, de peur de me faire gronder "C'est pas vrai !".

Voir les commentaires

Rédigé par Martine Silberstein

Publié dans #Textes personnels

Repost0

Publié le 20 Septembre 2022

Atelier d’écriture Fête de la musique

Ecrire les mots qui vous viennent quand vous écoutez ces musiques, 

Mots, images, sentiments

Dvorak : Symphonie n°9 « Du Nouveau Monde » (Orchestre philharmonique de Radio France / Marzena...

 

Zap Mama- Take Me Coco
Nirvana - Come As You Are
Pavarotti - Caruso (english subtitles)
DJURDJURA "asirem" (espoir)
serge gainsbourg- Elisa- 1969
Albanais :
Mollë e ndaluar – Fisnikët

Pygmées (Yelli – Baka women Yodellers)

Quilapayún 1973 - Vamos mujer [VIDEO PLAYBACK]
Violons Barbares : chant diphonique mongol (Un autre Orient au Lieu Unique)
Auu ketè akapela Canala (poulpe et le rat) Canaque Nouvel Caledonie
Concert de musique traditionnelle de l'Inde du Nord

 

Vocabulaire  

Baisser le son puis rechercher ensemble le vocabulaire au tableau : aigüe, grave ; allegro, harmonie, batterie,voix à capella (chapelle), accord, note, chœur, orchestre, solo, portée, juste, faux, oreille, écouter, jouer, âme (violon).

Associations d’idées au tableau

Associations d’idées avec les mots écrit au fil de l’écoute de la musique et ceux du vocabulaire (jouer/enfant ; oreille/bouche).      

 

Musique !

 La pluie en claquettes

La poule qui caquette

Les femmes autour du lavoir

Battement du battoir

C'est la fin de l'été

La Joie, l'excitation

Elles s'éclaboussent, pataugent

Partagent leurs histoires d'amour

Les dernières nouvelles

L'eau arrivera bientôt au coeur du village

Enfin ne plus avoir à marcher

Dans ce chemin escarpé

Ne plus avoir à porter les lourdes jarres 

Emplies d'eau nourricière

L'eau de la vie

Elles sont tant à s'être blessées 

A avoir chuté sur les cailloux

Elles ont vaincu la réticence des mâles, des hommes

Elles feront la fête

Elles chantent déjà leur victoire

Musique !

Dans la forêt, un couple très amoureux se roule dans la mousse. Galipette avant, galipette arrière, valse la tête vers le faîte des arbres, puissante émotion.

Le soleil filtre à travers les feuilles, jouent avec la lumière, chantent a capella, c'est le manège de l'amour, toutes les promesses de mariage, d'enfants, de jolie maison, c'est le jeu de la séduction, de la passion. 

Étreinte spirituelle. Parfois un peu de tristesse en pensant à la mort de leurs parents pendant la guerre.

Mais la vie, la renaissance, l'espoir ravivent leurs cœurs. Au fond, la montagne où se déploie un grand oiseau majestueux, symbole de leur amour.

Sur grand écran, c'est un film d'amour.

Sur petit écran, une série télé.

Dans la forêt la vraie vie.

Ils reprennent leur balade dans le chemin, à un rythme rapide, effréné, entraînant, joyeux, heureux, parfois même ils font des bonds, ils sont montés sur ressort, roulement à billes, cavalcade, poursuite, étreinte, amour fou.

Ils sont fatigués, ils retournent vers la ville, annoncer au monde entier, à leurs amis leur décision: partir pour un tour du monde.

Après quoi, si leur couple a tenu bon, ils se marieraient.

Mais jamais ne sont revenus ! 

  

 

 

Musique !

La mer est agitée

je marche avec une grande tristesse en écoutant de la musique classique

Une guitare électrique résonne au plus profond de moi

la musique rock est rythmée

Joie liberté sont les premiers que je me dis en me levant le matin

Je voyage partir loin et boire un cocktail exotiq ue

et écouter de la musique étrangère

Paix déception m'envahissent 

pour me changer les idées j'écoute de la musique des année 90

Musique !

Dans la rivière chante un oiseau

chant aigü, chute d'eau en cascade

chante un oiseau haut vers le ciel

là-haut, si haut sur la montagne

Autour de la rivière   

lavent les femmes, le linge de l'indignation

tape, tape sur la tristesse

lavent les femmes

blanchissent le linge de l'espoir

coule l'eau claire

source de joie

Au-dessus de la rivière

gronde l'orage, tombe la pluie

Zèbre le ciel de rayons lumineux

Musique !

A ma naissance, la mer m'a offert une croix avec, en son milieu, une perle brillante nacrée, très jolie.

La mer est ma marraine, où je que j'aille, elle me suit, telle une étoile brillante et bienveillante. Elle est mon repère.

J'habite une île où règne l'été toute l'année. Elle est pour moi plus qu'un décor, plus qu'une toile de maître, c'est mon domaine.

J'y suis la reine, un honneur pour moi.

Sous le firmament, quand la nuit le visage d'or de maman dort paisiblement.  

Musique !

A l'école la maîtresse a demandé aux enfants d'inventer une histoire.

Clara aime les animaux, alors elle décide d'écrire un texte sur le paradis de tous les animaux.

C'est une ferme qui se trouve à la Cluzelle, chez son grand-père.

Là, dans une grange, se love Armand, le serpent, une couleuvre qui aime se réchauffer au soleil de l'été.

Zavata; la vache, qui un jour a bu du vin, mais le lendemain; quand Papy l'a traite, elle avait du lait, heureusement que ce n'était pas du vin !

Flora, la jolie chèvre, si câline aux doux yeux marron cerclés de noir.

Son grand-père a quelques ruches au milieu des figuiers et ce miel que donnent les abeiilles est délicieux. 

Connaissez-vous Manon, l'anesse ? Son lait est si doux que Mamy en fait des savons, parfaits pour sa douce peau d'enfant. Et son mari, le bourru bourrin que Papy a appelé Espérance..  

Et, bien sûr, comme dans toutes les fermes, devant la niche qu'y trouve t-on ? Rustaud, le chien aux poils rugueux, sales, emmêlés de paille. Il est si joyeux quand arrivent les enfants. L'on voit au loin sa queue frétiller à leur approche.

Et ce qu'elle aime aussi, c'est faire des randonnées à vélo, de combes,en collines, bien assise sur sa selle, mais quelle fatigue ! Un jour un pneu a crevé mais papy a su réparer la chambre à air grâce aux rustine rangées dans sa sacoche. Ils ont mangé des griottes, mais elles étaient acides. Et aussi, parfois, ils partent cueillir des noix.

Elle préfère les pâtisseries de Mamy ! Et après, elle retourne jouer au bac à sable..Elle y dessine des routes, y fait rouler son train et ses voitures.pendant que son frère joue de la guitare. 

Un soir, panne d'électricité !  Heureusement, Mamy a toujours sa boîte à bougies.

Bon, je crois que la maîtresse sera contente, je vois que Cynthia et Claudia ont déjà fini. 

Musique !

Voir les commentaires

Rédigé par Martine Silberstein

Publié dans #Textes personnels

Repost0

Publié le 30 Mai 2022

Pour la première fois de ma vie, m’étonnant que mon ballon de baudruche soit si loin de moi, je décidais de le suivre pour savoir où il se dirigeait. Libre, là-haut, dans le ciel si bleu, si vaste, tel un château dans le ciel, j’imaginais qu’il hébergeait un prince charmant, un peu menteur, un peu voleur de cœur dont la belle au bois qui ne dormait pas était tombée éperdument amoureuse.

Tout en marcha nt ainsi, à la poursuite de ma rêverie, je rencontrais un marchand, colporteur, vendeur de marteaux à la sauvette dans un parapluie. Il venait de recouvrer la liberté et sa Berthe adorée.

Je poursuivais mon voyage, l’histoire de l’homme trottant dans ma tête. Il avait, une fraîche nuit où brillait la pleine lune, tué de sang-froid un homme. Cet homme lui avait ravi sa belle, son aimée. A revers de sa foi qui professait « Tu ne tueras point », il avait assassiné l’amant de Berthe, par elle détesté.           

A présent, le sol était recouvert de dalles mal jointes. Un arbre, à la croisée des chemins (j’avais, entretemps perdu mon ballon des yeux) m’interpella. Non qu’il eût l’usage de la parole, non, non, mais au creux de son écorce semblait gravé comme un visage buriné. Je déposais, dans le creux de son tronc un simple bouquet de fleurs des champs, il me sembla qu’un sourire ciselé répondit au mien.    

Une statue dressée au bord d’un champ, épouvantail à oiseaux ? La pie, pourtant ne semble pas effrayée, elle craquette à qui mieux mieux ! Cette statue, non, ce n’est pas un épouvantail, ni une Marie immaculée, encore moins une croix avec Jésus crucifié. C’est celle d’un roi brillant de mille feux, il indique le chemin de son château pour qui veut s’y diriger. Suis-je son invité ?  

Voir les commentaires

Rédigé par Martine Silberstein

Publié dans #Textes personnels

Repost0

Publié le 11 Mai 2022

Monsieur mon voisin de bâtiment,

Oui, j'ai tué cette chatte errante qui, chaque année et même deux fois par an procréé une importante portée de chatons.  Et alors ? J'en ai vraiment assez que tous ces animaux viennent gratter mes plantations.

Croyez-vous qu'une  ville fleurie comme vous dites a besoin que tous ces matous en furie viennent pisser une urine odoriférante et puante ? 

Ils détruisent nos jolies tulipes, nos charmants myosotis. 

Vous parlez de jeunesse ? Mon fils a affreusement été griffé au visage un jour qu'il voulait prendre un mignon chaton dans les bras par la mère, une chatte d'une inouïe agressivité.

Partez en voyage et n'en revenez pas. Bon débarras !

Je ne vous salue pas. 

Lettre anonyme

Voir les commentaires

Rédigé par Martine Silberstein

Publié dans #Textes personnels

Repost0

Publié le 8 Mars 2022

Elle entre dans l’ascenseur et les portes se referment. Elle revient de chez la blanchisseuse où elle avait apporté son joli short noir. Elle l’avait taché l’autre soir dans un bar à cause d’un fêtard qui tentait maladroitement de danser la danse des canards. Il était tard, il n’avait plus les yeux en face des trous, car il avait trop bu. Un cocktail à la mode appelé le têtard.

Elle avait hâte de quitter la capitale et de retrouver Nyons, son village natal. Seule la terrasse de cet immeuble, avec son jardin, même minable, trouvait grâce à ses yeux. Un petit coin de nature. Mais rien à voir avec sa petite ville de province, si verte, si vivante. Une petite ville sans métropolitain, mais malheureusement beaucoup trop de voitures. Mais quel bonheur quand la bande de canards du père Alfonse traversait la route pour rejoindre la mare de l’autre côté ! A Paris, les chauffards les auraient tous écrasés, du premier jusqu’au dernier ! Eh bien non, pas à Nyons. Chez elle, les automobilistes les laissaient passer. Eh oui ! là-bas, les canards ne dansent pas, ils nagent, madame, oui, ils nagent. Et nul ne s’avise à les imiter bêtement.

Alfonse, lui, pour s’envoyer en l’air jusqu’au 7è ciel ou pour pousser la chansonnette n’a nul besoin d’une petite mousse. Il lui suffit d’un bol de cidre et d’un kouignamann pour être heureux. Mais pas question de partager avec qui que ce soit, sauf peut-être avec la jolie petite qui revient régulièrement de Paris, belle comme un bijou. Il sent qu’elle n’est pas bien heureuse à la capitale et lui proposerait bien volontiers de reprendre sa ferme, ses canards, ses lapins et ses moutons. Il a travaillé toute sa vie et il est temps pour lui de prendre sa retraite. Il irait bien faire un tour à Paris, voir le spectacle du moulin rouge, rendre visite à la grande dame de fer, et balader sur un bateau mouche. Mais il sait qu’il reviendra bien vite à Nyons, pays qui l’a vu naître.  

Voir les commentaires

Rédigé par Martine Silberstein

Publié dans #Textes personnels

Repost0