ateliers d'ecriture adultes

Publié le 13 Janvier 2022

En apesanteur sur la lune, je flotte.

En apesanteur dans le ventre de ma mère, je nage.

En apesanteur dans la nuit, je rêve ...

Puis je m'arrête.

 

J'observe le monde vu de là-haut, de ce bel astre blanc et lumineux,

Forêt, ville, rivières, humains et animaux.

 

J'écoute la vie autour de moi, 

Musique, cri, voix, roulements et gratouillis.

 

Je goûte la saveur des choses,

Sucrées, salées ou amères, douces ou rugueuse

lisses ou granuleuses.

 

Je sens les exhalaisons de la terre,

De la mer, de ma mère, 

piquantes, capiteuses, âcres ou fétides. 

 

Je palpe les rondeurs,

Le sec et le mouillé, le souple et le tendu.

 

... puis je tombe.

 

Je tombe raide dingue de toi

Je tombe en pâmoison

Je tombe dans les pommes 

Je tombe dans le panneau

Je tombe pour meurtre

Je tombe dans une tombe

Je tombe dans l'oubli

Je tombe en panne d'inspiration

Je tombe, je tombe, je tombe 

Je ...

Martine 

 

En apesanteur dans la nuit je rêve, écrin doré oùrepose de fantasques figures, oiseau géant bleu et ocre, chevaux, crinière au vent, crin noir ou gris. Et moi qui essaie de les saisir, folle que je suis. Je rêve .

En apesanteur  sur mon trapèze, un livre à la main, je survole mon lit, balançant de droite et de gauche au-dessus de ma couche écarlate.

 Rêve ou réalité ? En quelques coups d'aile je surplombe la maison, salle de bain d'une blancheur de nacre ou cuisine carrelée de bleu. Qui habite ici ? Cou tendu vers le vide, imagination et désarroi en ce lieu vide et nu, je réfléchis à l'avenir. La tête en feu, yeux exorbités, ou est-ce ma chevelure, j'ai explosé en plein ciel bouche ouverte sur le bleu nuit, sur le ciel.

Un pas en avant, je flotte dans l'irréel, un pas en avant je tombe dans l'espace intersidéral, je tombe amoureuse je tombe sur les pommes je tombe, je tombe, je tombe ...

Et avec moi tombent des dizaines, des centaines, des milliers, ils tombent, se couchent et meurent, tombes sans sépulture, cénotaphes monstrueux, poussière et fumée, morts inscrits dans les registres du temps, simples numéros tatoués au creux du bras qui se substituent dans nos cœurs, nos mémoires et ces vieilles photos sépias, racornies.

Flammes rouges démoniaques, incendies déments, autodafé de silhouettes humaines, humaines, profondément seules devant le spectacle infini de cette absurde.

Martine

 

 

En apesanteur dans la nuit je rêve. Assis sur le rebord de ma baignoire, je me remémore. Je me souviens de la grande maison de mon enfance, où j'ai vécu pendant une vingtaine d'années. En pleine nuit, impossible de dormir, son visage me  hantant.  Ses cheveux blonds aux reflets dorés, son petit sourire et son air triste. C'était la dernière fois que je le voyais. Dans sa chambre face à la mienne, son corps inanimé sur le lit me criait silencieusement d'aller l'aider. Le corps froid, glacé ;  les manches de son pull relevé me montrant ses bras ensanglantés. Il était trop tard. Je n'ai pas réussi. Pas réussi à l'aider, pas réussi à le sauver. Il m'a appelé au secours et je n'ai pas pu entendre ses prières. Je l'ai perdu et je ne le retrouverai plus jamais. Mais c'est à cause de tout ça. À cause d'eux qu'il est devenu comme ça. S'il n'avait pas été témoin de ce qu'il a vu, personne ne s'en serait pris à lui. Je savais qu'à cause de cette histoire, toute sa vie serait bouleversée. Mais maintenant il est trop tard, il n'est plus là. Maintenant ils vont pouvoir vivre en toute tranquillité sans avoir peur que leurs secrets soient révélés. Mais j'espère que cette mort ne sera pas inutile et qu'ils vivront avec et que ça les rongera de l'intérieur toute leur vie.

EC

 

En apesanteur dans la nuit je rêve que je m'envole dans le ciel pour une fugue céleste. Dans le bleu et l'ocre je vole, comme un oiseau illuminé de l'intérieur, je plane, œil ouvert sur l'inconnu, je découvre le ciel.

 Tel un trapéziste je me balance au-dessus de mon lit rouge sang, un livre à la main. J'imagine cette rêveuse, cet autre moi-même. Prenant de la hauteur je visualise ma chambre, celle de mon fils, berceau vide et blanc, moi dans la cuisine. Mais est-ce moi, vraiment ? Où suis-je ? Dans mon lit rouge, dormeuse éveillée? Dans la cuisine ? Ou bien planant par-dessus les toits ? A moins que je ne sois assise soucieuse, sur la baignoire, à me poser mille questions. Tout à coup, entrant dans mon champ de vision, est-ce un homme ? Est-ce un cheval ?

Le rêve vire au cauchemar et sa bouche grande ouverte, dents en avant, prête à mordre. Je recule. Je recule. Je tombe. Je suis à terre. Réveillée.

 

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Rédigé par Martine Silberstein

Publié dans #Ateliers d'écriture adultes

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Publié le 13 Janvier 2022

Détermination

Etonnement

Lumière

Anticipation

Idée

Doute

Emerveillement

Adélaïde

 

 

Bacon

Radieux 

Amour 

Doudou 

Lire 

Ami 

Etude 

Yes

Bradlaey

 

 

 

Être plus confiant 

Mettre de l'argent de côté 

Incroyables amis

Lire et continuer d'écrire 

Italie 

États-Unis

Emilie

 

 

 

 

 

 

 

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Rédigé par Martine Silberstein

Publié dans #Ateliers d'écriture adultes

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Publié le 22 Décembre 2021

Golum était un gougnafier de première, rien qu'à manger du chocolat toute la journée. 

Mais un soir

- Bonsoir Madame la Reine de Suède !

Il rencontra Suzanne, Suzie, Suzon, et en devint follement amoureux. 

Finie la gougnafrerie, la goinfrerie, il se mit à travailler comme un fou. 

Il devint agent d'entretien dans une chaufferie. Chaque matin, tôt, il enfilait ses chaussures, des crocs, avec un chausse-pied puis son bonnet et partait doucement pour ne pas réveiller sa croqueuse de diamants.

A midi, croque-monsieur ou croque-madame, avec un oeuf à la coque, vite fait sur le comptoir avec un café.

ll suait tant qu'il pouvait dans cette chaufferie, parfois dans la douleur. 

Le soir, avec sa princesse, un verre de Croze-Hermitage les réconfortait. Puis ces chauds-lapins finissaient au lit à se faire milles douceurs et gâteries.  

Martine

     

Chocolat de Noël

Découverte en PACA !

Incroyable découverte hier, près d'une fonderie à Martigues, un gisement a été mis à jour. A l'origine de la découverte de ce gisement, une carotte creusée afin de vérifier la composition du sous-sol pour y construire les fondations de la nouvelle gare.

Un nouveau prototype d'automate a été utilisé. Allons voir Alice, sa créatrice.

- Bonjour madame, avez-vous été étonnée par la performance de votre engin ?

- Non, pas trop, je m'y attendais. Par contre, trouver ainsi une nappe dans le sous-sol d'une zone aussi industrielle, ça, c'est sublime ! 

- Comment le forage s'est-il déroulé ?

- Au début, la terre était craquante, elle avait une odeur, comme torréfiée. Puis, peu à peu, dans le rectangle au milieu duquel nous  avons creusé était comme du limon. Même texture, même odeur, vous voyez ?

- Oui, un peu, je ne suis pas un spécialiste, vous savez, juste un correspondant du journal local !

- Très bien ! Puis ensuite ça a commencé à sentir le cramé, la machine chauffait. Et la taupe, c'est ainsi que je l'appelle, familièrement, a rencontré une croûte croustillante. Mes ouvriers suaient, c'était dur ! 

- Les pauvres ... !

- Enfin, la matière était fondante, cracra, marron foncé, et une véritable fontaine a jailli. 

- Quoi ?!

- Non, non, ne croyez pas cela ! Pas du pétrole, non, j'insiste, du CHOCOLAT ! Oui, je vous assure, vous ne rêvez pas ! Vous en prendrez bien un verre ?! Attention, méfiez-vous, il est encore très chaud !

- Oui, en effet, merci beaucoup. Je rends l'antenne, à vous les studios et bonnes fêtes du ... 1er avril !  

Chocolat de Noël

Suzanne a préparé un chocolat chaud très gourmand qu'elle a fait avec amour pour son futur fiancé qui nous a économisé presque 2 mille euros pour les fiançailles, mariage etc 

Donc pour son fiancé la mariée lui a fait un petit déjeuner au lit pour flatter son égo d'homme. MDR

Sefora 

Chocolat de Noël

Ceci est une histoire 

Aujourd'hui on a mangé du chocolat

Et ça m'a collé les doigts

J'ai ressenti de la douceur

ça m'a réchauffé le coeur

C'était lisse

doux sucré mais rien à voir avec la réglisse

J'ai demandé à Suzanne si c'était lisse et brillant ?

elle m'a répondu que c'est pas de l'adoucissant

Le moment de gourmandise croquant

gourmand m'a conquise

Je suis un bec sucré

Oui ! Une gourmande née

Adélaïde 

 

Chocolat de Noël

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Rédigé par Martine Silberstein

Publié dans #Ateliers d'écriture adultes

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Publié le 5 Décembre 2021

 « Dix moi dix mots qui (d) étonnent !»

 

Dictée : Essayer de les écrire

 

Distribuer la simple liste des mots

 

Origine : essayer de trouver l’origine de ces mots.

Définir : essayer de définir chaque mot

 

Distribuer la liste des mots avec leur définition

 

Tintamarre et Farcer. Chercher des mots comportant le son AR

Époustouflant, Farcer et Pince-moi. Chercher des mots comportant le son SS

Kaï et Décalé. Chercher des mots comportant le son ou KA

Médusé. Chercher des mots comportant les sons DU, Mé ou Zé

Divulgâcher. Chercher des mots comportant les sons Di, Vu (ou vul), Ga, CH ou CHé.

Rimes en AR SSE KA DU Di Mé Zé CHé VU GA

Association d’idées

Trouver, par associations d’idées d’autres mots. 

Raconter un événement

Raconter un événement qui vous est arrivée ou inventer une une histoire en utilisant l’un des 10 mots et ses déclinaisons, les mots que vous avez trouvés. Texte sous forme d’histoire, de slam, de chanson, de poésie.

Vous pouvez les envoyer  l’espace Pandora.

Avec les 10 mots 2021/2022

Kaï. Exclamation. Tchad. Étonnement, surprise, parfois ironie.

Farcer. Verbe. Sénégal. Plaisanter. République Démocratique du Congo (RDC). Faire une blague, une farce à quelqu’un, le tromper (souvent en parole) pour blaguer, faire le joli cœur, l’intéressant. Mauritanie et Réunion. Plaisanter

Divulgâcher. Verbe transitif. Québec. En anglais, Spoiler, divulguer prématurément l’intrigue d’une œuvre de fiction, gâchant l’effet de surprise ou le plaisir de la découverte. L’œuvre de fiction peut être un film, un roman ou un jeu vidéo.

Tintamarre. Nom masculin. Québec. Fête où l’on s’amuse à faire du bruit, en frappant sur des casseroles, en klaxonnant. Monde francophone. Grand bruit discordant, ensemble peu harmonieux de sons.

Étymol. et Hist. « Grand bruit discordant »; tintemarre « réactions vives que déclenche une nouvelle, un événement; protestations » dérivé de tinter avec un élément final -marre- d'origine obscure.

Pince-moi. Expression. Suisse.

Saperlipopette. Interjection. France. Marque l’étonnement. Étymologie et Histoire, sacrelote, saquerlotte.  Saperlotte ; Saprelotte (Labiche) ; Saperlipopette (Rimbaud). Altération euphémique de sacré, employé dans des jurons

Médusé. Adjectif. France. Frappé de stupeur, pétrifié, stupéfié. Étymologie et Histoire (Mythologie). Du nom propre Méduse emprunté au lat. Medusa, lui-même emprunté au grec : personnage mythologique, une des trois Gorgones, la seule mortelle, dont la tête était hérissée de serpents, et dont le regard pétrifiait quiconque osait la regarder (les tentacules de l'animal ayant été comparées aux serpents de la chevelure).

Décalé. Nom commun. Belgique. Qui n’est pas conforme au contexte, aux attentes. Un ton décalé, hors norme, surprenant.    

Ébaubi. Adjectif, participe passé. Belgique. Ahuri, qui est étonné au point d’en être interdit vivement, qui est surpris, frappé de stupeur. Étymologie et Histoire. Frappé d'étonnement. Issu par changement de préfixe (é-) de l'ancien français « abaubir », fin xiie siècle. 

Époustouflant. Adjectif. Suisse. Sidérant, extrêmement étonnant. Époustoufler Étymologie et Histoire. Mot d'origine incertaine, attesté surtout sous des formes du type « époustifler » dans les dialectes de l'Ouest ; peut-être dérivé de l'ancien français « espousser », « perdre haleine » et aussi « poussif ». La finale -tifler a probablement été remplacée par -toufler sous l'influence de mots comme emmitoufler.

 

Avec les 10 mots 2021/2022

Quelle catastrophe ! 

Un arbre est tombé sur le camion bâché dans un tintamarre de tous les diables. Les passants en étaient tout ébaubis. Tous les cheddar qu'il contenait ont roulé au sol.

- Saperlipopette ! Voilà une belle occasion de manger à l'oeil et au nez et à la barbe des angliches !

- Moi, j'aime pas le fromage qu'est pas fait ici. 

- T'es locavore ? Pince-moi, Zébulon, c'est la baraka, quand même toutes cette bouffe gratis.

- Moi j'ose pas. Je suis tellement médusé, d'habitude, j'ai pas tellement la baraka.

- C'est vrai, c'est décalé, mais justement, faut en profiter.

- Quelle drôle de chance époustouflante , faudra qu'j'raconte ça à Bobonne en rentrant à la maison.

- Kaï, mais c'est quoi, ce bordel au milieu de la route ? Allez, circulez, vous gênez la circulation !

- Monsieur l'Agent, si je puis me permettre, voyez-vous, nous tournons un film. Il semblerait que la mairie n'ait pas pris le temps de vous en informer.

- Et il parle de quoi, votre film ?

- De la déchéance d'un homme au bord de la catastrophe.

- Mais encore ?

Je ne peux pas divulgâcher la fin, je m'en excuse auprès de vous.

Martine

Avec les 10 mots 2021/2022

Saperlipopette et saprelotte ! Où est ma salopette se demande Prophète à la longue barbe blanche. Enfin la voilà, ma préférée, rayée nore et blanc. 

Le voilà maintenant qu'il se dirige vers la cuisine. Le maladroit ! Le voilà qu'il lâche l'assiette qu'il tenait en main. Cassée. Quelle tintamarre sur le carrelage ! 

Comme un Zéphyr traversant la pièce, passe Kaï le chat noir. Il s'assied et miaule, réclamant sa pitance, des croquettes au poisson. 

Tu farces, toi, non ? Tu en as  eu il y a moins d'une heure. Non, n'insiste pas, tu n'en n'auras pas avant ce soir. Maintenant, c'est l'heure de l'embauche, je ramasserai tous ces morceaux ce soir. Je pars, adieu, Kaï.

Le chat, tout triste, sort avec son maître. Il s'en va dans la forêt, toute proche. Mais ce jour-là, un assassin rôdait par là... mais je ne vais quand même pas tout divulgâcher ! 

Avec les 10 mots 2021/2022

Capillotracté

Aujourd'hui j'ai croisé un Aztèque avec une pastèque

il semblait farcé 

sur une cage dorée

Il avait vu un cafard un peu blafard

qui faisait de la trompette

dans un taudis maudit

en chaussette.

Il m'a raconté avec simplicité et médusé

qu'il faisait un tintamarre pour un soufflé salé

il l'avait croisé une caille et l'avait coulée.

Il finit son histoire décalée

     et je trouve ça tellement capilotracté.

Adélaïde 

 

Avec les 10 mots 2021/2022

Connaissez-vous la fête du serpent Kaï ?

C'est une fête quelque peu décalée

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Rédigé par Martine Silberstein

Publié dans #Ateliers d'écriture adultes

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Publié le 1 Décembre 2021

Avec un cadavre exquis

Avec le temps, va, tout s'en va, les hommes vieillissent, les feuilles tombent, les enfants naissent, telle cette petite fille prénommée Clara. Elle est dans les bras de sa maman, elle tète, puis s'endort. 

Délicatement elle la pose dans son berceau. Clara, quittant la chaleur du sein maternel remue, se réveille en souriant, infiniment heureuse de son existence.

Elle n'est pas vêtue de rose, mais de bleu et de jaune, joli poussin dans son pyjama si doux. Ses yeux noirs fixent sa maman, miroir de son âme. Cheveux crêpus, noir aussi, tel le jais, elle ne lui ressemble en rien. Châtain, cheveux lisses et longs, elle a la peau claire, presque transparente.   

Le 8è

A Joséphine Baker

Chère Joséphine,

Si je t'écris, c'est que j'ai entendu parler de toi à la radio. Je suis une petite fille de dix ans. Et depuis cinq ans, maman est morte. Je suis dans cet orphelinat, avec beaucoup d'autres enfants. Le dortoir est gris, triste, les dames ne sont pas gentilles, surtout quand je fais pipi au lit, ce n'est pas ma faute, quand même ! 

Je t'écris parce qu'en passant devant ton affiche, j'ai découvert que, comme moi, tu es noire. Maman était jolie avec sa peau blanche et douce. Mon papa à moi aussi est noir mais je ne l'ai pas connu parce qu'à la fin de la guerre il est reparti au Sénégal. 

Et me voilà seule noire, ici. Les autres se moquent de moi et disent que je suis sale. Pourtant, je fais comme la Mère Supérieure dit, je me lave tous les jours et même derrière les oreilles, ce qui n'est pas le cas de toutes les petites filles !

Je sais aussi qu'on se moque de toi, des bananes que tu mets pour chanter et danser. Il y en a qui disent que tu aimes mieux les femmes que les hommes. Je m'en fiche, moi.  Tu es une femme bien, tu ne t'es pas laissée faire pendant la guerre contre les Allemands.

Alors, si tu voulais bien m'accepter dans ton château, viens me chercher. Je m'appelle Clara Bruno et j'habite à l'Orphelinat Sainte-Croix. 10 rue des Martyrs. 75015 Paris.

Merci à toi et à très bientôt.

Clara      

 

Le 8è

Avec des photos du 8è, écrire à ma manière des Georges Pérec dans La vie mode d'emploi. 

Rue Pierre Delore, professeur en hygiène thérapeutique, climatologie et gérontologue.

Une petite maison au toit en forme de dôme, brillant au soleil. Une porte aux six roues. Porte de cimetière. Rondeur de cette sphère métallique.

Rue Croix Barret

Un vieux café, fermé. Pas âme qui vive. La terrasse abandonnée. Nostalgie, un peu de tristesse. 

Rue Antoine Dumont, administrateur de la Coopérative l'Avenir.

Des entrées de maisons individuelles. Portes ouvertes ou fermées. Avec une cour ou un jardin ; ou bien ouvrant directement sur la rue. J'aime les portes, en voyage, il m'arrive souvent d'en photographier. Je les aime pour ce qu'elles cachent, disent de leurs occupants.

Le Petit Moulin à trous

Il était une fois, rue Croix Barret, un vieux café, appelé "Le Petit Moulin à trous". Là, chaque jour, l'on pouvait apercevoir Gustave, un gugus guilleret, mais sourd comme un pot ; et puis aussi Antoine, toujours une cigarette de chanvre au bec, qui chantait admirablement faux, spécialiste des chantiers de démolition ; ou encore Pierre, le patron de ce bistrot qui concoctait une excellente soupe qui vous ressucitait un macchabé enterré depuis belle lurette.

La petite-fille de Pierre arrivait chaque jour de l'école, son adorable sourire dévoilait ses deux quenottes manquantes. Son grand-père s'interrompait alors pour lui claquer une bise sur chaque joue et la fenotte s'installait pour faire ses devoirs, avec un bonbon mou dans la bouche. 

Maintenant ce café est fermé, pas âme qui vive, sur la terrasse, couverte de mousse et de feuilles jaunes. Il va être démoli, abattu, il n'a désormais plus aucun avenir. Un bâtiment de six étages va être construit sur son emplacement.

Six étages, douze appartements, 42 pièces, neuf salles de bain, 24 fenêtres, un hall d'immeuble, et 4 chiens, 8 chats et autant d'enfants, 1 cour, 3 bancs et 1 tilleul, 12 trousseaux de clés et autant de serrures + 1, celle de l'entrée du bâtiments, 13 boîtes à lettres + 1, celle du syndic, des gens tristes et d'autres gais, des actifs et des retraités, es ronds et des maigres, des qui achètent tous au supermarché et des qui font eux-même leur pain à la farine bio, des femmes fatales et des hommes falots, des ignares et des cultivés, des lecteurs et des amateurs de bon vin (et des qui pratiquent les 2. 

 

 

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Rédigé par Martine Silberstein

Publié dans #Ateliers d'écriture adultes

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Publié le 1 Décembre 2021

Ah ! celui qui parle des « Sans-dent » d’un air si condescendant, est-il conscient qu’en descendant ainsi dans la rue, ce possédant méprisant rétrocédant ses excédents de cure-dents aux cent dents, et cédant son ascendant au Président précédent dont les antécédents plus que dissidents vu d’ici, de Saint-Denis, d’ici cent ans, on chantera encore ce refrain si obsédant ?

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Rédigé par Martine Silberstein

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Publié le 28 Novembre 2021

Les mots que j’aime / les mots que je hais : écrire une liste de mots. Faire passer sa liste au voisin de droite qui choisit trois mots dans la liste  « les mots que je hais ». Ecrire un texte pour convaincre l’autre qu’il peut/doit aimer ces mots.  Se servir des Connecteurs de l’argumentation. 

J'aime                                                                                              Je hais 

Dormir                                                                        Qu'on me mente

Glander                                                                Qu'on soit trop curieux à mon sujet

Jouer aux jeux vidéos                                          Serpent

Cuisiner (si je n'ai pas la flemme)                       Ne pas avoir de motivation

Regarder le ciel                                                   Manquer d'imagination

ou même des paysages            Les filles/femmes qui utilisent leur privilège féminin

Ecouter de la musique             quand elles le veulent.

Marcher

Twomad vidéos

Non signé

Qu'on soit trop curieux à mon sujet

D'abord, si l'on est curieux à votre sujet c'est parce que l'on s'intéresse à vous.

Ensuite, pourquoi "trop curieux" ? Que voulez-vous dire précisément ?

Une personne qui s'intéresse à vous peut être : un enseignant, un potentiel employeur ou un individu rencontré par hasard.

Leur motivation est forcément différente.

L'enseignant veut en savoir plus à votre égard afin de vous aider.

L'éventuel employeur, lui, par contre, a un autre but, il a besoin de savoir si vous correspondez au poste, quelles sont vos qualités et vos défauts.

Enfin cet individu qui tient tant à faire votre connaissance, a sans doute de bonnes raisons. Peut-être que, votre échange sera fructueux et que, vous aussi, vous serez content de voir que vous partagez des points communs. 

"Trop curieux", l'expression est forte mais je peux la comprendre. Vous tenez à préserver votre part d'intimité et votre vie ne regarde que vous.

Martine 

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Rédigé par Martine Silberstein

Publié dans #Ateliers d'écriture adultes

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Publié le 27 Novembre 2021

2/ Faits divers

Objectif de cet atelier : réécrire un texte dont on n’est pas l’auteur, une histoire avec des personnages.

Exemple avec cet article Hôtels pourris à Sotchis. Lire le texte.

CQQCOQP ???????

Comment Qui Quoi Combien Où Quand Pourquoi 

Comment ? Grâce à Twiter

Qui ? Journalistes, des noms sont cités.

Quoi ? Jeux Olympiques

Combien ? 13 000 journalistes, 37 milliards d’euros investis

 ? Sotchi au Japon

Quand ? 2014

Pourquoi ? Malfaçons

Distribuer les rubriques faits divers.

D’abord, essayer de trouver Comment Qui Quoi Combien Où Quand Pourquoi. Les écrire. 

Puis les repérer les personnages, imaginer ceux qui se cachent dans le texte. Ici le personnel d’entretien, les sportifs ne sont pas cités. Décrire ces personnes.

Ne pas oublier le décor. A l’intérieur ou à l’extérieur ? Dans la rue ou une prairie ? Il fait chaud, froid ? Il pleut ? Quelle odeur ou quel parfum dans l’atmosphère ? L’ambiance est calme ? Il faut crier pour s’entendre ou entend t-on des chants d’oiseaux ?

Ecrire Les dialogues entre les personnages.

Imaginer une intrigue, un problème à résoudre, une rencontre imprévue.

Tout texte a une chute. Parfois inattendue. A vous de l’inventer.

Quelles sont les nouvelles ?

Salut Hermanita,

Comment tu vas ? J'espère que tout le monde va bien malgré la situation dans laquelle je me retrouve.

Maman doit encore m'en vouloir, je la connais depuis 20 ans, mais, je le répète encore, c'était vraiment involontaire, je n'ai fait que me défendre. Tu sais, seul dans ma cellule, je repense à son corps inanimé devant moi, avec ce couteau en plein coeur. Je sais très bien que c'était notre père mais je ne pouvais pas le laisser te faire du mal. 

En ce moment, ici, c'est beaucoup trop calme, il n'y a plus d'animation. Les détenus se tiennent tous à carreau. Les matons sont étonnamment préoccupés. Je pense que c'est dû au fait qu'ils manquent de coupe-tête.

Mais aujourd'hui l'ambiance est différente, il y a plus d'animation. C'est la première fois depuis les années 70 qu'on va pendre quelqu'un, alors tout le monde est excité et veut y assister.

D'ailleurs, je dois te laisser parce que j'ai le droit d'y aller grâ. ce à ma bonne conduite. Je te laisse et te fais de gros bisous.

Ton frère qui t'aime, Jojo.

EC  

D'après Colombo à la recherche de son bourreau 

Quelles sont les nouvelles ?

Ce jour-là, tout se passait plutôt bien dans le camp des Roms. Ils avaient de quoi manger grâce à des aides humanitaires et il ne faisait plus froid. Le printemps découvrait ses premières fleurs et le bourdonnement des insectes se faisait entendre. Une journée tout à fait normale jusqu'à ce que Jérôme, un jeune homme du camp sortit pour aller chercher un paquet de cigarettes. On ne le revit plus au camp. 

Dans les deux semaines qui suivirent sa disparition, il réapparut dans un musée ethnographique, derrière une vitre entourée d'objets du quotidien d'un Rom.

Une femme, la première à entrer dans le musée fit un scandale quand elle vit cet homme attaché derrière une vitre. 

- Non mais, quel est le fou qui a eu une idée pareille ! Après l'Exposition Universelle de Paris, c'est la plus folle des idées occidentales !

En fait, ce n'était qu'une blague d'un humour noir pour dénoncer le racisme encore présent dans nos sociétés. Quand le gardien lui expliqua cela, elle comprit, et sans un mot, elle quitta le musée.

Christian  

D'après l'article : Des Roms exposés au musée en Suède

Quelles sont les nouvelles ?

9 heures.

- Chic ! Mon téléphone n'a pas sonné ce matin ! Deux heures de sommeil en plus ! 

- Chérie ?! T'as vu l'heure, dis donc !? Tu ne travailles pas aujourd'hui ?

- Si, si, mais seulement cet après-midi. Et toi ?

- Moi, je fais ma semaine en quatre jours. Je t'en ai parlé dimanche.

- Oui, je me souviens; mais tu ne m'avais pas dit qu'aujourd'hui le matin.

- Descends, le café est prêt.

Dans la cuisine aux murs couleur framboise écrasée flotte un arôme de café fraîchement torréfié.  Marie et Joseph dégustent leur breuvage à petite lampée, appréciant ce temps retrouvé sans les enfants.

- ça te dirait une balade en forêt ?

- Excellente idée, tu as vu la couleur des feuilles ?

- J'adore cette saison. Il faut que l'on soit rentrés avant midi, je commence à treize heures.

Une fis chaudement habillés, les voilà parcourant les allées cavalières du bois de Vincennes. Shootant dans les tas de feuilles, Marie s'amuse beaucoup.

- Allez, on rentre ! Dommage, le ciel bleu, le soleil ... En tout cas, c'est vraiment chouette que la mairie ait proposé cette réduction du temps de travail !

D'après : A l'étranger, vers les 32 heures sans heurts, Libération 23 août 2021 

Martine

Quelles sont les nouvelles ?

Le diable aurait-il chié dans la tête des humains ?

Devons-nous systématiquement euthanasier les autres sous prétexte des différences par les lois, les regards, les paroles et quelquefois le mépris.

Homosexuels. Hétéros. Religions. Race. Vieux. Jeunes. Gros. Minces. Hommes. Femmes. etc ... 

Ce sont toutes différences qui font notre humanité.

Claudia Eliessa

D'après : discrimination : Le chef du métro de Madrid suspendu

Quelles sont les nouvelles ?

Ce matin un idiot, qui a certainement eu son permis dans un paquet de Kelloggs' a eu la bonne idée de se foutre en l'air u milieu de la route.

C'est sans surprise que je suis resté coincé une heure et demie dans les bouchons. Les conditions idéales pour bien commencer la journée. Mais ce n'est pas tout ! Il faut ensuite aller tous s'entasser dans le métro avec les gens qui ont le nez scotché à leur portable, ils me donnent envie de me défenestrer.

ça me saoule, trop de gens, vivement ce soir. 

Alexandre, d'après un fait qui lui est arrivé le jour même

Quelles sont les nouvelles ?

Il était une fois dans le film The grand Budapest Hôtel, dans une chambre d'hôtel de Budapest, Ralph Fiennes. Il se prépare car il a rendez-vous avec la personne qui l'a aidé à réaliser ce parfum. Alors il se parfume avec le parfum "Air de Panache". 

Il arrive au restaurant. Il dîne avec Amel Bent, ils tombent amoureux l'un de l'autre et ils vont s'unir et ils vont travailler ensemble et leur parfum, "Air de Panache" fait un carton auprès de grandes de marque de mode et de parfumeurs. 

Cécile

D'après :  L'essence de l'art  Wes-Andersonien 

Quelles sont les nouvelles ?

Il y a des graffeurs qui sont allés voir le maire pour lui demander de graffer dans leur quatier mais la réaction du maire était négative. Du coup les graffeurs l'ont mal pris, ils ont menacé le maire de nuire à sa carrière si le maire ne donnait pas les sous pour pouvoir graffer dans leur quartier pour s'occuper l'après-midi pendant l'été.

Sefora

D'après : A Perpignan, l'art du rebut

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Rédigé par Martine Silberstein

Publié dans #Ateliers d'écriture adultes

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Publié le 24 Novembre 2021

Cher Guillaume,

Il revient à ma mémoire, les images de mon enfance qui me donnent envie de te faire découvrir mon monde, celui de chez moi, dans lequel je puise mon inspiration.

J'ai à coeur de me balader avec dans les petits chemins boisés ou aller au lac pour pour prendre le soleil en compagnie des canards et des cygnes. Je te présenterai aussi un chien qui t'accueillera à grands coups de langue.

Mon monde est fait de simplicité, de nature et d'air frais. Si tu le veux bien, je te ferai visiter la maison de mes parents que j'affectionne particulièrement car elle regorge de souvenirs heureux. Elle est une partie de moi, un bout de mon histoire.

Raphaël 

Je te présente mon quartier

Je t'écris cette lettre de la place de Trion, poumon du quartier du Point du Jour, sur la colline de Fourvière. De mon banc de bois installé sous un platane centenaire, je profite de l'animation des rues cernant mon ilôt de verdure et sa fontaine centrale.

Les enfants de l'école primaire juste derrière moi font résonner leurs rires et leurs cris alors qu'à l'opposé, un groupe de lycéens attendent leur bus, les yeux rivés sur leur smartphone. En face de moi, les passants des toutes générations arpentent le large trottoir, les uns s'installent à la terrasse d'un café, les autres lorgnant avec gourmandise les vitrines de la boulangerie-pâtisserie qui vient de refaire sa devanture. Non loin, de jeunes couples discutent les yeux rivés sur le manège sur lequel ont pris place leurs progénitures.

En ce samedi matin automnal, un certain tintamarre, plus sympathique que dérangeant, occupe l'espace. Les rayons du soleil se reflétant dans l'eau qui s'écoule dans les caniveaux. A mes côtés, deux personnes au vécu certain, observent avec douceur et empathie la vie  qui les entoure.

Voilà un instant de cette place de Trion que je voulais te partager.

Prends soin de toi et à la revoyure !

Christian  

Bonjour à toi, Sandra

Cela fait longtemps que j'ai quitté Gennevilliers. Nous nous sommes souvent téléphoné, mais j'ai perdu ton numéro et tu es en liste rouge.

Ausso, je t'écris cette lettre pour, une dernière fois, t'inviter à la maison. 

Quand tu viendras, tu constateras que ma bille n'est pas que de vitres, de fumées et de poussière d'or. 

D'or, il n'y en n'a point, si ce n'est dans les bouton du colza. Ici, point de lavande non plus, mais le violet des chardons est presque le même.

Mon chien est mort. J'aimai me balader avec lui, aller donner du pissenlit aux chevaux. Mon chat nous suit pendant nos promenades.

Quand les arbres sont en fleur, j'aime à observer les abeilles butiner, les écouter bourdonner. Je connais un producteur de miel, je t'offrirai un pot, tu verras, il est aussi bon que celui que tu m'avais ramené de Provence.

Dans mon jardin, je n'ai pas de potager mais une vaste pelouse et, au fond, les fils d'étendage. Tu pourrai croire que j'habite la campagne et pourtant la ville est toute proche, il suffit de descendre la rue. 

Là, tu verras des parcs avec des jeux et des enfants, des écoles, des entrepôts et même un supermarché.

Je suis dans la banlieue sud de Lyon. Tu pourras arriver par le train en changeant à Perrache.

Je t'attends avec impatience. J'ai tellement de choses à te raconter, depuis le temps.

Je t'embrasse et te dis à bientôt,

Martine

Je te présente mon quartier

Chère amie,

Ma ville est bien tranquille

Située loin du Nil.

Ici, pas de tintamarre, 

Tu pourras larguer les amarres. 

J'y vois souvent, variée, la faune ; couleuvre, belette, escargot ou hérissons.

C'est pas la jungle, mais, passons.

Dans mon quartier, pas de potager

Mais plein de potes âgés.

Simplement des jeux pour enfants

mais pas pour les passants.

Des enfants qui gassouillent dans la terre

et y plantent des graines avec leur mère.

Les bois de chêne, les prés, les vignes sont proches

Des cailloux, des glands plein les poches

Les enfants reviennent moins agités

Et pour calmer leur faim, prennent un bon goûter. 

Aussi, viens, je t'invite

A venir très vite

Visiter mon quartier, ma ville

Ma maison, comme posée sur une île.

Martine

 

 

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Rédigé par Martine Silberstein

Publié dans #Ateliers d'écriture adultes

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Publié le 14 Novembre 2021

Revisiter 10 lieux

L’idée de cet atelier est de revisiter un lieu quotidien que vous avez traversé récemment, où vous avez séjourné pour un temps plus ou moins long, mais peut-être aussi un lieu insolite, un espace qui a joué un rôle à un moment de votre journée que vous allez approcher avec minutie avec vos cinq sens.

Pour démarrer des extraits des Notes de chevet de Sei Shonagon, dame d’honneur à la cour impériale dans le Japon du IXe siècle. C’est une collection de liste, de poésies et d’observations glanées tout au long de son séjour à la cour. Ces notes s’intéressaient avec minutie et précision à ce qui l’entourait. 

Choses qui font battre le cœur.

Des moineaux qui nourrissent leurs petits.

Une nuit où l'on attend quelqu'un. Tout à coup, on est surpris par le bruit de l'averse que le vent jette contre la maison.

Choses qui font naître un doux souvenir du passé.

Les roses trémières desséchées.

Un jour de pluie, où l'on s'ennuie, on retrouve les lettres d'un homme jadis aimé.

Choses élégantes

Dans un bol de métal neuf, on a mis du sirop de liane avec de la glace pilée.

De la neige tombée sur les fleurs des glycines et des pruniers.

Choses que l'on entend parfois avec plus d'émotion qu'à l'ordinaire.

Le bruit des voitures, au matin, le premier jour de l'an.

Le chant des oiseaux.

Choses qui gagnent à être peintes.

Un sentier dans la montagne.

Un paysage d'hiver, quand le froid est extrême.

Choses qui émeuvent profondément

Une poule étalée sur ses poussins, pour les protéger.

Tard en automne, les gouttes de rosée qui brillent comme des perlent de toutes sortes sur les roseaux du jardin.

 

 

Et des extraits de L’énigme du retour de Dany Laferrière. Ce roman a reçu le prix Médicis en 2009.

Dany Laferrière est né à Haïti, à Port-au-Prince. Son père est maire de cette ville, mais, poursuivi par les tontons Macoute (Haïti était sous la dictature féroce de Duvalier), il s’exile en 1957 au Québec. Son fils, Dany Laferrière s’exile à son tour en 1976 à Montréal. Il retourne régulièrement à Haïti. Il était dans son île le 12 janvier 2010 lors du tremblement de terre qui a fait plus de 220.000 morts. Il a écrit Tout bouge autour de moi pour relater ses émotions.

En 1999 il est accueilli à Grigny, dans le département du Rhône en tant qu’écrivain en résidence au manoir. Habitant cette ville, c’est là que je fais sa connaissance. Il anime/participe à des ateliers d’écriture dans le cadre de l’association Plume rencontre. Et, chaque vendredi soir il organisait un pique-nique, dans le parc entourant le manoir. Les habitants sont invités à y participer. C’est un homme simple et joyeux. 

Sans en avoir la nationalité, il est élu à l’académie française depuis 2015. Il est le deuxième étranger à y siéger et le deuxième noir aussi.

Ce livre, L’énigme du retour relate son retour en Haïti à la mort de son père dont le corps est rapatrié dans son pays.

 

Extraits :

 

J’ai pris la route tôt ce matin.

Sans destination.

Comme ma vie à partir de maintenant.

 

Je m’arrête en chemin pour déjeuner.

Des œufs au bacon, du pain grillé et un café brûlant.

M’assois près de la fenêtre.

Piquant soleil qui me réchauffe la joue droite.

Je regarde la serveuse circuler

entre les tables.

Tout affairée.

La nuque en sueur.

 

La radio passe cette chanson western

qui raconte l’histoire d’un cow-boy

malheureux en amour.

Je reprends l’autoroute 40. 

Petits villages engourdis

le long d’un lac gelé.

Où se sont-ils tous terrés ?

Le peuple invisible.

La glace brûle

plus profondément

que le feu

mais l’herbe se souvient

de la caresse du soleil.

 

 

 

Liste

Réfléchir, passer en revue une journée, un jour de semaine (aujourd’hui lundi) ou de week-end (hier ou avant-hier) et faire une liste de 10 lieux que vous avez traversé, où vous vous êtes arrêté, longtemps ou pas.

 

Le but est de regarder d’une autre manière votre journée écoulée et de la reparcourir.

 

Un lieu ce peut être un gymnase, votre cuisine, un escalier, la cour de l’école, mais aussi, plus insolite et important pour vous, votre bol de café/thé du matin, la boîte aux lettres, le fond du tiroir de votre table de nuit. L’idée est d’associer ce lieu à une idée, « le gymnase où j’ai fait un match de volley », « le jardin où j’ai couru avec mon chien », « « le lit où j’ai passé une bonne/mauvaise nuit ».

 

Pour vous aider, reprenez votre journée, chronologiquement, de l’heure à laquelle vous vous êtes réveillé, jusqu’à l’heure du coucher.

 

Les 5 sens

Dans cette liste de lieux vous allez en choisir un et le décrire avec 3 mots ou 3 expressions, avec votre vue, votre ouïe, votre odorat, votre toucher et votre goût.

Si je reprends l’exemple du bol de thé du matin. Pour la vue : la couleur du bol ou celle du thé. Pour l’ouïe, le bruit de l’eau chaude versée, ou celui du sachet de thé que l’on déchire. Pour l’odorat, odeur délicatement parfumée de la menthe. Pour le toucher, la tiédeur, la chaleur, le relief du bol. Et pour le goût, celui du sucre, de la vanille…

 

Écrire l’incipit (le début de votre texte)

Parmi ces 15 mots (3 mots/expression pour chacun des 5 sens) que vous avez recueillis, vous allez en choisir un qui représente le mieux le moment passé dans ce lieu, la sensation qui vous a le plus marqué.

 

Avec cette expression vous allez construire la première phrase de votre texte.

 

Par exemple si c’est la vue, ce que j’ai vue en premier c’est la couleur de mon bol préféré.

Si c’est l’ouïe, ce qui m’a frappé en premier quand je suis entré ce sont le bruit du rebond du ballon sur le sol.

Si c’est l’odorat, ce que j’ai senti tout de suite, c’est l’odeur de la terre mouillée du jardin

Si c’est le toucher, ce que j’aime quand je me lève, c’est sentir une dernière fois le doux tissu de mon oreiller.

 

 

Écriture du texte

Après toutes ces étapes vous avez emmagasiné assez de mots et d’expressions pour faire émerger un premier texte.

 

Vous avez déjà la première phrase.

 

Vous avez 14 mots ou expressions dans votre liste.

 

À vous maintenant de faire le lien entre les mots, les expressions, en ajoutant autant de mots, de verbes, d’adjectifs, d’expressions supplémentaires pour écrire un texte et faire ressentir au lecteur une atmosphère, l’émotion que vous avez ressenti dans ce lieu.

 

12 heures dans ma vie

Sur le fil métallique j'ai étendu les draps mouillés, les serviettes lourdes et molles et les mouchoirs, légers carrés de tissu.

Je n'ai pas vu les chauves-souris s'envoler, c'est l'automne, elles sont sans doute parties hiberner. J'aime leur vol furtif, rapide, zigzaguant entre les arbres.

En revenant, je marche sur le tapis vert de ce que l'on ne peut pas appeler la "pelouse". Je foule les feuilles couleur rouille et je remonte par la terrasse. Là, les dernières roses sont à peine ouvertes, aucun parfum ne s'exhale de leur corolle.

Et voilà Douchka qui se frotte en miaulant à mes mollets nus, douceur de sa fourrure noire.

Je rentre à la maison, une feuille de menthe entre les dents. J'en cueille un brin pour mon thé, demain matin.

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Rédigé par Martine Silberstein

Publié dans #Ateliers d'écriture adultes

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