Avec Dixit

Publié le 22 Décembre 2021

Jaillissement de mots, d'expressions

serpenter ruisseau serpente dans les sentes chemin montagne

serpente soupente  soupir sept 

sonnette assonances association assassin 

sonnette sifflet police uniforme casquette gyrophare

morsure venin mort son antidote double doublon doubler redoubler d'effort

redoubler d'effort sport courir

zig zag

têtu gay joyeux

sonnette porte maison invite

Avec des expressions

La terre est bleue comme une orange

Il y avait une haute fenêtre

Les oiseaux ont le coeur sous la langue

Le temps nous lange l'envie

j'ai l'horizon au bout du doigt

Le ciel brûle

Ce soir il y avait un alpaga sur le trottoir

Quel tintamarre !

La nuit tombe, c'est bien connu.

Avec des cartes Dixit

Voir plus loin que le bout de son nez, voir ce que l'on ne voit pas, derrière l'image.

Incipit :

"Au bout du regard il y a le monde. Et le reste. Tout ce que l'on ne soupçonne pas".

Le monde en pointillé.

Le monde des désespérés. 

Qui soupçonnerait qu'un SDF vit là, sous ce pont ?

Il s'abrite de cette pluie intermittente, lui

Cet intermittent du spectacle.

Il a joué le gnome défiguré dans le spectacle N-D de Paris

et le voilà au pied de cette cathédrale incendiée,  lui

Quasimodo maintenant démaquillé

redressé, bien droit dans son habit mouillé. 

Quasi hors du monde,

celui des Pdg pressés

et des livreurs mal payés.

Lui, qui bute sur chaque pierre,

chaque heure,

chaque miette,   

chaque larme.

Larmes inondant son visage

Miettes au fond de sa poche

Heures qui défilent trop lentement

Pierres en travers de son chemin.

Et le reste

Tout ce que l'on ne soupçonne pas. 

Avec une musique

En apesanteur sur la lune, je flotte.

En apesanteur dans le ventre de ma mère, je nage.

En apesanteur dans la nuit, je rêve ...

Puis je m'arrête.

 

J'observe le monde vu de là-haut, de ce bel astre blanc et lumineux,

Forêt, ville, rivières, humains et animaux.

 

J'écoute la vie autour de moi, 

Musique, cri, voix, roulements et gratouillis.

 

Je goûte la saveur des choses,

Sucrées, salées ou amères, douces ou rugueuse

lisses ou granuleuses.

 

Je sens les exhalaisons de la terre,

De la mer, de ma mère, 

piquantes, capiteuses, âcres ou fétides. 

 

Je palpe les rondeurs,

Le sec et le mouillé, le souple et le tendu.

 

... puis je tombe.

 

Je tombe raide dingue de toi

Je tombe en pâmoison

Je tombe dans les pommes 

Je tombe dans le panneau

Je tombe pour meurtre

Je tombe dans une tombe

Je tombe dans l'oubli

Je tombe en panne d'inspiration

Je tombe, je tombe, je tombe 

Je ...

Martine 

 

Il était une fois un homme magique il pouvait prendre tous les souvenirs du monde et avait les clés pour résoudre les problèmes de cœur, de conflit, de mort mais la dernière clé était spéciale. Elle permettait d'enfermer des souvenirs. Si jamais on l'utilisait l'homme magique et les souvenirs seraient perdus à jamais.

et

Le chat roux n’avait que cette idée en tête, capturer les souvenirs et sauver son compagnon poisson mais dans la nuit étoilée ce chat ne paraît pas très futé. L'homme magique a enfermé les clés pour se protéger.

 

Adélaïde

 

Un petit garçon marche dans le noir avec une bougie dans les mains pour réparer l'ampoule cassée avec son pyjama en forme d'étoile. Le garçon se coupe avec un bout de l'ampoule cassée et il ne ressent aucune émotion à cause d'une maladie.

 Bradlaey 


Ce vieil arbre à l'entrée de l'allée de ma maison a dû en voir passer des histoires au fil des années. Des orages, des tempêtes, des accidents ou au contraire des belles preuves d'amour, des initiales d'amoureux gravées dans son écorce, des premier rendez-vous souvent accompagnés de bouquet de fleurs et parfois même de premiers baisers. Mais aujourd'hui c'est différent. Je crois qu'il se prépare pour un rendez-vous galant avec la toute jeune pousse que nous venons de planter juste en face de lui. Elle est si élégante, si timide mais robuste en même temps et qu'est-ce qu'elle sent bon. Pas étonnant pour un rosier. Et si jamais ils ne s'entendent pas, il pourra toujours se défendre avec ses épines et mon vieil arbre avec ses énormes racines.

 Émilie

 

En apesanteur dans la nuit je rêve, écrin doré oùrepose de fantasques figures, oiseau géant bleu et ocre, chevaux, crinière au vent, crin noir ou gris. Et moi qui essaie de les saisir, folle que je suis. Je rêve .

En apesanteur  sur mon trapèze, un livre à la main, je survole mon lit, balançant de droite et de gauche au-dessus de ma couche écarlate.

 Rêve ou réalité ? En quelques coups d'aile je surplombe la maison, salle de bain d'une blancheur de nacre ou cuisine carrelée de bleu. Qui habite ici ? Cou tendu vers le vide, imagination et désarroi en ce lieu vide et nu, je réfléchis à l'avenir. La tête en feu, yeux exorbités, ou est-ce ma chevelure, j'ai explosé en plein ciel bouche ouverte sur le bleu nuit, sur le ciel.

Un pas en avant, je flotte dans l'irréel, un pas en avant je tombe dans l'espace intersidéral, je tombe amoureuse je tombe sur les pommes je tombe, je tombe, je tombe ...

Et avec moi tombent des dizaines, des centaines, des milliers, ils tombent, se couchent et meurent, tombes sans sépulture, cénotaphes monstrueux, poussière et fumée, morts inscrits dans les registres du temps, simples numéros tatoués au creux du bras qui se substituent dans nos cœurs, nos mémoires et ces vieilles photos sépias, racornies.

Flammes rouges démoniaques, incendies déments, autodafé de silhouettes humaines, humaines, profondément seules devant le spectacle infini de cette absurde.

Martine

 

 

En apesanteur dans la nuit je rêve. Assis sur le rebord de ma baignoire, je me remémore. Je me souviens de la grande maison de mon enfance, où j'ai vécu pendant une vingtaine d'années. En pleine nuit, impossible de dormir, son visage me  hantant.  Ses cheveux blonds aux reflets dorés, son petit sourire et son air triste. C'était la dernière fois que je le voyais. Dans sa chambre face à la mienne, son corps inanimé sur le lit me criait silencieusement d'aller l'aider. Le corps froid, glacé ;  les manches de son pull relevé me montrant ses bras ensanglantés. Il était trop tard. Je n'ai pas réussi. Pas réussi à l'aider, pas réussi à le sauver. Il m'a appelé au secours et je n'ai pas pu entendre ses prières. Je l'ai perdu et je ne le retrouverai plus jamais. Mais c'est à cause de tout ça. À cause d'eux qu'il est devenu comme ça. S'il n'avait pas été témoin de ce qu'il a vu, personne ne s'en serait pris à lui. Je savais qu'à cause de cette histoire, toute sa vie serait bouleversée. Mais maintenant il est trop tard, il n'est plus là. Maintenant ils vont pouvoir vivre en toute tranquillité sans avoir peur que leurs secrets soient révélés. Mais j'espère que cette mort ne sera pas inutile et qu'ils vivront avec et que ça les rongera de l'intérieur toute leur vie.

EC

 

 

 

 

  

 

 

 

 

 

 

Rédigé par Martine Silberstein

Publié dans #Textes personnels

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