Ballades à Djerba

Publié le 1 Août 2015

Ballades à vélo à Djerba au cours d'un séjour du 20 au 24 mars 2011

Je devais partir à Djerba le 16 janvier 2011. Corruption, répression, liberté bâillonnée, le peuple s’est révolté le 14 janvier contre son président, Ben Ali et sa coiffeuse de femme, La Trabelsi.

Mon voyage a donc été reporté au 13 février. Mais la révolution ne se fait pas en un jour. J’accumule les articles sur le pays, ses habitants, ses dirigeants, le paquet s’épaissit. Si le calme ne revient pas avant fin mars, je vais perdre l’avantage d’un prix intéressant… Régine, la maman de Waâfa, une amie, habite l’île de Djerba et me dit que tout est calme là-bas, contrairement au reste du pays. J’enrage de ne pouvoir voir la révolution en marche. Je n’ai pas peur, c’est sur les tunisiens qui manifestent que tire la police, pas sur les touristes.

Ballades à Djerba

Devant l’hôtel, un toit de tôle, une pancarte « Vélos à louer ». Allons voir. Ouh ! Ah, misère, je ne monterais pas dessus ! Ils en ont d’autres ? Rouillés, pneu à côté de la jante…

Là, un message de Régine : elle est passée à 16h30 à l’hôtel. Ils faisaient des courses à Midoun. Je l’appelle : elle repassera à 20h30. Le temps d’écrire à Marjolaine, de me changer. Je descends manger. Régine est à l’heure. Je fais connaissance de Tahar. Ils sont en voiture, nous allons boire un coup à l’extérieur Tahar connaît le patron du café où nous sommes. C’est avec lui qu’il est attablé. Nous, nous sommes un peu plus loin. Les seuls clients. Un homme joue de l'oud, une sorte de luth. Le patron loue des vélos. Quelle chance ! Ceux qui sont dehors sont des engins pour touristes, où l’on peut pédaler à quatre, protégés par une toile. Mais il en a d’autres, plus conventionnels. Demain je peux me présenter vers midi, il en aura préparé un. Je pourrais aller à la fantasia, à Midoun, distant de seulement 5 kilomètres.

Je pars chercher mon vélo. 15DT c’est cher, j’ai trouvé ! Je donne l’argent à un mec. Ils étaient trois. J’espère que c’est bien lui qui s’en occupe ! J’ai maintenant un doute…

Belle journée, aujourd’hui ! D’abord Midoun. Je cherche une carte de l’île. Je demande dans une station service. Le gars m’indique un marchand de journaux. J’achète un journal et une carte. Assez cher. Puis je vais à la poste pour acheter des timbres. Il faut revenir à 14h. Le guichet qui en vend n’est pas ouvert ce matin. Je vais à l’office de tourisme. La fantasia n’a pas lieu, comme me l’avait indiqué Régine. D’abord, à cause de la révolution, il n’y a pas de figurant, ensuite car il n’y a pas assez de touristes. Elle me donne une carte, plus précise que celle que j’ai achetée, et gratuite ! Je me suis fait avoir ! L’employée me parle d’une huilerie souterraine à visiter. Ouverte entre midi et deux. Elle me montre sur la carte un circuit à faire en sortant de Midoun et une ville à voir, Mahboubine. En quittant la grande route le paysage est intéressant à observer : oliveraies, puits, palmiers, maisons traditionnelles.

Je trouve un magasin de fruits et légumes. J’achète une tomate, un concombre, une banane. J’ai gardé une orange du petit déjeuner. Je demande à l’employée où je peux acheter du jobs (J de jota, español : pain). Une personne m’indique où se trouve le magasin. Je cherche, dans la rue. Un homme y va, et propose de me guider. J’achète du job zitoun (aux olives), des gâteaux secs au sésame et un petit yaourt liquide. J’arrive vers l’huilerie souterraine. Fermée jusqu’à 15h30 alors que l’employée de l’office de tourisme m’avait dit qu’elle restait ouverte. Peut-être en pleine saison touristique ?

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Ville côté touristes : de belles poteries sont exposées, des vêtements accrochés. J’en repère quelques-unes qui me plaisent. Le marchand me fait rentrer dans sa boutique. Je préfère celles qui sont dehors, illuminées par le soleil. Je suis à vélo, faudra que je revienne… en taxi !

Je pique-nique à l’ombre. Le vent est frais, j’ai froid. Je me mets au soleil. De l’autre côté de la placette, un mec est au téléphone depuis je ne sais combien de temps ! Puis il vient, cherche à s’incruster : "T’es française, tu fais quoi…?" Je le jette. Puis un autre, idem. Il est trop tôt pour aller à la poste. J’ai fini et envie de faire pipi.

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A côté de la poste un café avec des WC propres que le patron vient juste de nettoyer. Il nettoie la terrasse d’à côté à grande eau. On dirait le p’tit Spirou avec son costume. Je bois un thé en terrasse. Il n’y a que des hommes attablés. Un peu plus loin par rapport au bureau, un magasin où j’achète deux dizaines de cartes postales. Cela me fait patienter, il est presque 14h. J’achète mes timbres, et fait peser une lettre accompagnée de mon recueil de poésie pour Marjolaine. Ce sera pour elle une surprise de recevoir ainsi une telle lettre venant de Tunisie. Puis je pars à vélo dans la direction indiquée par l’employée.

La route est large, beaucoup de voitures mais sans danger.

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Une belle porte. Je discute cinq minutes avec son propriétaire, étonné que je prenne sa porte en photo. Des puits, des maisons, modestes et d’autres, très belles.

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Des maisons en construction et pas mal de magasins vendant des matériaux de construction, d’équipement de salle de bain. Une camionnette allemande. Importation de matériaux de construction, une française aussi.

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Un vendeur de marbres beaux comme des paysages, veinés. Une femme passe. Elle refuse que je la photographie. Des villages, discrets. Un magasin, je ne sais plus où. Qu’y vend t-on ? Une pancarte : « Pissier ». Ah ! Epicier ! Marrant. Et ailleurs : « Marchand de viande et poulailler ».

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De petites mosquées reconnaissables à leur haut-parleur sur le minaret. Des chèvres et des moutons entravés. Leur gardien, à l’ombre d’un petit arbre.

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Dans un village, Djerbienne au drapé blanc, ourlé d’orange, son grand chapeau de paille et son panier d’osier en équilibre, sur la tête.

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Oliveraies, figuiers de barbarie, dattiers. Ici, sur l’île, certaines espèces de dattes sont données aux animaux. Les revêtements de la route principale et de la route secondaire ne sont pas trop mauvais. Mince !

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Je reviens à la route principale qui va à Houmt Souk ! Beaucoup de circulation. Il reste 10, 9, 8, puis 7 km à faire pour aller à la « capitale ». Allez, j’y vais ! Mais pas par cette « nationale ».

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Une petite route à droite et je retrouve la route du bord de mer avec une vraie piste cyclable. C’est par cette route que nous sommes arrivés de l’aéroport dimanche. La ville est en vue mais sur mon portable il est déjà 16h30. Faut que je rentre.

Le long de la mer, une étendue d’eau, de sable et de boue. Une très forte marée, ou ce no man’s land est-il toujours ainsi ? J’avançais bien le vent dans le dos… Par contre j’avais le soleil de face. Je dois être cuite comme un homard ! Demi-tour ! J’ai le vent de face, maintenant ! Oulàlà ! C’est pas la même ! Je filais comme le vent et là, c’est le vent qui m’empêche d’avancer ! Je peine.

Un phare, tout blanc ? Non, une mosquée au bord de la mer. Le vélo est « bien » sauf que la pédale gauche grince comme une pauvresse. Il n’est pas tout à fait à ma taille. La manette est grippée et pour passer les vitesses il faut la serrer à fond ! J’ai mal à la paume de la main ! Ouille ! Le patron est là quand je ramène le vélo. Je lui dis qu’il faudrait un peu de dégrippant pour ce vélo pour demain et tout ira bien ! Je passerai le chercher vers huit ou neuf heures et le garderai toute la journée jusqu’à cinq heures.

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Je suis à pied, sac au dos, ça fait drôle. Les mimosas, ici, ne sentent rien. Ce ne sont pas ceux des vacances de mon enfance passées à Nice, dommage !

Je passe à côté des tennis. Eh ! Madame, vous pouvez nous lancer la balle ? Quatre beaux mecs sympas à côté de l’hôtel. L’un d’entre eux, avé l’accent : vous avez fait le Ventoux ? Ben oui, et cette année je fais l’Alpes d’Huez. Je les ai impressionnés…

Mercredi 23 Mars

Ce matin, en partant, non loin d l’hôtel, un groupe de personnes, hommes et femmes de tous âges, drapeaux tunisiens et calicots écrits en arabe à la main, attendent sur le bord de la route. Une manif ? Je demande au loueur de vélo ce dont il s’agissait. C’est une manifestation contre le patron, un restaurateur qui s’occupe mal de son personnel !

Partie vers neuf heures, j’ai roulé en suivant le bord de mer et ses zones touristiques, hôtels de toutes catégories.

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Grande route, toute droite. Pour l’éviter, au rond-point, à Teguermess, je tourne à gauche, devant le phare. Une belle route, toute droite, le long de la mer. Je trouve une bouteille en plastique et ramasse du sable pour mon amie Betty. Belle route, sans vent et sans voiture. Sans issue, non plus ! C’est une lagune. Pour rejoindre la route principale et éviter de refaire la même route, je coupe à travers un no man's land plat, au sol de sable sec et dur, lisse, idéal pour rouler ! Un vrai plaisir ! Un groupe de français marche sur un chemin. Deux femmes tiennent une chemise qui vole au vent. L’homme qui la portait a glissé et est tombé dans l’eau. Elles font ainsi sécher la chemise, en riant. Je rejoins ensuite la route principale par une piste.

Un très grand golf longe la mer, un passage permet de passer sous la route, le golf continue de l’autre côté.

A nouveau pour quitter la route principale, à la hauteur d’Aghir, je prends la route de gauche. Mais Aghir est tout de suite là ! Je me renseigne auprès d’un gardien d’hôtel. Je suis abordée par un homme qui lui apporte du café. Il me demande si j’ai des euros car ses enfants les collectionnent. J’ai pas compris l’entourloupe, et, sur le coup j’ai eu peur qu’il m’ai pris de l’argent. En fait, je n’ai pas d’euros, que des dinars que je lui ai montré.

Je prends un sens interdit et, à nouveau, rejoint la route principale. Route uniformément rectiligne, à l’infini entre la mer à gauche et la terre, à droite. Des palmiers, le paysage, semi- désertique, aride, la terre, nue ou quasiment nue.

Un petit aérodrome d’ULM.

Sur la gauche, des tranchées. Pose de tuyaux de gaz. Un panneau, « Entreprise d’Etat de Gaz et d’Electricité ». Un autre, un portable barré. Station d’épuration.

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Et sur le bas côté, un peu plus loin, à ma droite, sur une butée de terre et de sable mêlés, une fleur, en grappe épaisse, vingt centimètres de haut, composée de plusieurs corolles. Celles d’en haut commencent à faner. Une orchidée ?

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A côté, une autre, plus petite, toute fraîche, sort de terre, ses corolles encore closes. Emouvante beauté au milieu de cette aridité !

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A gauche, une simple pancarte : site archéologique de Meninx. Nous sommes au sud-est de l’île, tout près de la chaussée romaine d'El Kantara. Un chemin, dans le sable. Je le prends.

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Et là, oh surprise ! Tronçons de colonnes de granite à même le sol,

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beaux marbres blancs ou veinés de rose enfouis dans le sable, volutes de chapiteaux, architraves, pierres percées de trous.

Un site dans un état d’abandon total ! Qui sait si des personnes mal intentionnées n’ont pas déjà pillé ces trésors ? Je poursuis mon chemin le long de la mer. Plus loin, une pancarte « Interdit de photographier » et une cabane en bois. Des murs dégagés, des ruines de maison, des rues pavées. « Y a quelqu’un ? ». Personne. Je prends des photos. Le site fait environ 2 kilomètres, sur une largeur d’à peine 800 mètres.

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Des recherches sur internet me permettent de découvrir les informations suivantes : une partie du site a sans doute été englouti par la mer. A l’origine, au début du Xe siècle avant J.C c’était un comptoir commercial fondé par la phéniciens.

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Puis à son apogée ce fut la capitale romaine de l’île jusqu’à la seconde moitié de IIIe ou au début du IVe siècle après J.C. Thermes, amphithéâtre, théâtre, basilique, forum composaient cette ville.

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Les statues, indiquées sur le site ? Je n’en ai point vue. Volées ? Misère ! Sans doute ce pouvoir corrompu n’a pas jugé bon de s’intéresser à une telle beauté ! Pas assez rentable !

Je continue le chemin. En contrebas, deux femmes, foulard protégeant le visage de la réverbération de la mer, chapeaux.

Elles sont pliées en deux, sur les rochers, une truelle dans une main, un seau dans l’autre. Je les interpelle. Sbalajir !

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Elles se redressent. Une jeune, une vieille. Très pauvres, à leur mise. Elles ramassent des coquillages, couvert d’un limon gris foncé. Des clovisses, peut-être ? J’aimerais les prendre en photo. Elles veulent bien, mais demande de l’argent. Je donne 1DT à l’une, pensant que ce serait pour les deux. L’autre réclame aussi sa pièce ! J’en serai pour 2DT en tout…

J’arrive à El Kantara. El Kantara est un lieu, pas une ville. A ma gauche, la chaussée romaine ; plus loin, le continent. Endroit stratégique où l’île n’est plus tout à fait île mais presqu’île. Une caserne de policiers. La répression. Ce sont eux qui ont assassiné des dizaines de tunisiens, pendant la révolution. Cependant, inquiète de n’avoir presque plus d’eau au fond de ma bouteille, je demande au policier en faction le nombre de kilomètres qu’il me reste à parcourir avant d’arriver à Guelala. Huit kilomètres. Je lui expose mon inquiétude. Il interpelle un autre policier. Et lui demande d’aller à la buvette. L’autre entre et ressort de la caserne, une bouteille d’un litre et demi à main. « Je vous dois combien ? ». Rien. Puis, tout à coup, il pointe son doigt sur mon tee-shirt. Une grosse bosse masque mon appareil photo ainsi à l’abri de la poussière, des soubresauts de la route et surtout des regards indiscrets. Une arme ? Je ris et sors l’appareil : non ! Il porte mitraillette en bandoulière, lui. Il refuse que je le prenne en photo. Je pars.

Sur la carte : catacombe. Sur le terrain, à droite, je n’ai rien vu d’extraordinaire, quelques constructions. Des murs bas. Les catacombes ? Je ne m’arrête pas.

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Enfin du relief ! Montée. Guelala, le village des potiers s’annonce par une maison où s’accumulent les amphores, des pots, des poteries, jusqu’à un arbre où elles ont été suspendues ! Un petit dromadaire dans la cour, pour les touristes.

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« Mine d’argile » à visiter. Une mine ? D’argile ? Plus loin, une carrière que je crois être une mine d’où est extraite l’argile. En fait, non. J’ignore ce qu’est cet endroit. Grande descente, et tout de suite derrière, encore une montée. Ça change !

Enfin Guelala ! Le village. Je prends la première rue à droite. Maisons très modestes. Un enfant, je lui demande s’il sait où je puis trouver une épicerie, j’aimerais trouver des tomates. Il m’explique. Je ne trouve pas. Je cherche dans ces rues étroites puis me retrouve dans la rue principale, demande à nouveau. En fait, les boutiques sont fermées. Une d’ouverte ! Pas de tomate. J’entre, et achète une boîte de sardines, un petit jus de fruit. Sur la terrasse d’un bar du centre-ville je me fais un sandwich de la moitié restante de mon pain aux olives coupé en deux où je mets les sardines arrosées d’huile. Non sans, auparavant, avoir été me laver les mains dans un grand évier. Un régal, quand on a faim. Je croque de temps en temps dans mon petit concombre. Modeste repas bien reconstituant. Une banane et deux thés pour faire glisser le tout. Pratique, dans les WC, ici, comme à Midoun et dans ma chambre d’hôtel, ce tuyau pour se laver. Pas besoin de papier, très hygiénique. Mais je ne suis pas douée, je me mouille toujours un peu les jambes.

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Les cérémonies autour du mariage. Selon les régions, les costumes diffèrent. La musique, les mises en scène avec les mannequins sont vraiment intéressantes ! Un employé m’explique ce que j’ai sous les yeux.

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Des panneaux, tout au long du musée sont très explicites, descriptives sur la vie quotidienne, les fêtes. Les galeries du musée longent une cour. Dehors, une huilerie souterraine. Je n’en ai pas vue une vraie, une ancienne, à Midoun.

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En voilà une, reconstituée avec un vrai chameau attelé. Un gardien le fait trotter, en rond, pour une démonstration. Puis il propose de me prendre en photo à côté du chameau. Choukran ! Ah bon ? On peut prendre des photos ? Pour la suite de ma visite je ne me gêne pas et mitraille. Conversation très agréable et instructive avec le calligraphe, un homme lettré (oh ! c’est drôle !) et intéressant. Je lui parle du musée : un livre recueille t-il tous les commentaires des panneaux, accompagné de photos ? Hélas non ! Les commentaires sont souvent signés « Le conservateur du musée ». Parfois, des extraits de livres. Le calligraphe affirme que c’est la faute à la politique, qui ne met pas en valeur la culture du pays. Il pense aussi que la crainte est qu’il n’y ait plus de visiteurs, puisque tout serait dans le livre. J’embraye sur Meninx, que j’ai vu avant d’arriver là. Pourquoi n’y a-t-il pas de fouilles archéologiques, de mise en valeur du site ? Même chose. J’apprendrais par les personnes de l’hôtel qu’ils ne s’y sont même pas arrêtés lors de leur tour de l’île en bus ; ils en ignoraient jusqu’à l’existence même. Il vend ses calligraphies. Je n’achète rien, mais il n’en semble pas fâché pour autant. Une boutique, à la sortie. J’achète les cartes postales qui me manquent, des timbres pour les affranchir ainsi que des vieux timbres de collection.

A la sortie du musée, un livre d’or. Je fais lire aux employés ce que j’ai écrit. « Un lire sur le musée serai le bienvenu ». Ils m’affirment qu’un devrait voir le jour en 2012. Du coup, ils m’offrent deux cartes postales !

Le jeune m’attend à la sortie … J’enfourche le vélo. Vite, la descente !... Il me suit. « Vous avez de bon freins ? » Puis, arrivés sur le plat : « Je veux faire l’amour avec vous, vous êtes belle ! ». T’es fou ? ! Je pourrais être ta mère ! Je lui crie tout ce que j’ai sur le cœur ! Il est parti, ouf !

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Des empilements de cailloux, le long de la route et des champs d’oliviers. A quoi servent-ils ? Des bornes de délimitation ? Un petit chien crevé le long de la route, il a une tête de loup… Des chats faméliques dans les villages.

Synagogue d’Eriadh. Je veux rentrer, beaucoup de forces de police sont en faction. Je dois laisser mon vélo et me soumettre au passage obligé d’un détecteur de métaux, ainsi que le contrôle scanner de mon sac. Je confie mon opinel à l’employé, je le reprendrai à la sortie. Grande émotion pour moi, à la synagogue. Au bord des larmes. Il faut être couvert, mais je porte déjà mon foulard rose pour me protéger du soleil et des yeux inquisiteurs des hommes. Un homme au très gros ventre exige que je lui achète une carte postale à 1Dt pour les finances de la synagogue… Il ne veut quasiment pas me laisser passer si je ne verse pas cet obole… ça casse un peu le recueillement ! Mon sac est resté à l’entrée de la synagogue (confiance…) à côté de mes chaussures et cela m’ennuie beaucoup d’aller le chercher, là, tout de suite… je le lui dis et poursuis mon recueillement. Lampes à huile, ex-voto. Dans une autre pièce, trois hommes se balancent, psalmodiant des textes sacrés. Puis je reviens donner de l’argent à cet homme. Je sors de la synagogue, y revient : où puis-je trouver des toilettes ? Dans le bâtiment d’en face, une porte, une entrée qui donne sur une cour. Tout autour, beaucoup de portes numérotées, et de même au premier étage où une coursive donne sur la cour. Dans une autre cour, des éviers et des toilettes.

Rendez-vous à 17 heures pour la thalasso. Il faudra que ce soit Ali, j’aurais besoin d’un massage pour sportif ! Des tourterelles boivent l’eau de la piscine.

Je me perds un peu après Oualegh. Demi-tour sur les indications d’un gars qui peint un mur. Il utilise un récipient dont il tourne la manivelle projetant de la peinture blanche. J’arrive à la route qui mène à Midoun. Je ne sais quelle heure il est. Un jeune, à l’intersection arrête (ou il a rendez-vous ?) une camionnette avec une plate forme extérieure qui contient du marbre. Et moi ? Il met le vélo sur le marbre et m’installe entre eux deux. Plus loin, la camionnette s’arrête, le jeune descend. Le chauffeur est patron. Le marbre est cher. Il vient d’Allemagne ou d’Italie. Il ne parle pas très bien français. Le jeune lui a dit où était mon hôtel. Je partage avec lui les gâteaux que j’ai acheté dans une boulangerie à la sortie d’Eriadh. 100 milimes, un centième de dinar tunisien. J’en ai acheté deux, pas assez de sous pour trois ! Je n’ai plus un sous à donner à mon chauffeur pour le remercier. Il s’en fiche, cela lui est égal. Il me laisse au carrefour où est le loueur de vélo. Cool !

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Je laisse le vélo. Sac au dos, toujours enveloppée de mon châle, je cours vite vers la thalasso pour m’excuser de mon retard et demander le report des soins. Il est 17h45 quand j’arrive. Ali me prend quand même ! Le client est roi… Je vais à la chambre poser mon sac.

Rédigé par Martine Silberstein

Publié dans #Journal de voyage à vélo

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