A vélo de Lyon à Toulouse

Publié le 24 Août 2015

A vélo de Lyon à Toulouse
A vélo de Lyon à Toulouse

Vendredi 24 juillet 2015

Nous partons de Grigny peu après 7 heures du matin. Les vélos sont chargés depuis hier soir. Rive-de-Gier. En passant près de Lorette, je pense faire un coucou à Chantal et Charles, mais finalement, non. Il faut avancer ! A Saint-Chamond nous faisons une pause devant l’ancienne maison des Chanoines (du XVe siècle), maintenant investie par un restaurant.

La maison des Chanoines de Saint Chamond
La maison des Chanoines de Saint Chamond
La maison des Chanoines de Saint Chamond

La maison des Chanoines de Saint Chamond

A la sortie de la ville, plutôt que de prendre la direction de La-Talaudière, nous passons par la Varizelle, une petite montée, pas trop difficile. Le parcours est bien ombragé, je n’étais jamais passé par cette route. Elle monte bien régulièrement. Je mets « tout à gauche » et Antoine trouve que je monte trop lentement. De beaux chardons perchés haut sur leur tige dont certains sont encore un peu bleus parsèment cette vallée.

La Varizelle

La Varizelle

Nous voilà ensuite à Saint-Jean-Bonnefonds où nous achetons du pain. La boulangère nous indique où se trouve le plus proche marchand de vélo car Antoine trouve que mon pneu arrière est mal gonflé. Le vélo d'Antoine a aussi un problème. Sa béquille s'affaisse. Aujourd’hui le gars du magasin ne peut réparer la béquille car elle est fixée sur un tube trop petit. Il faudrait que nous leur laissions un jour ou deux pour qu’il puisse s’en occuper. Pas question, nous ne pouvons pas nous arrêter alors que nous venons de partir ! Troisième problème, mon porte-sacoche avant gauche touche les rayons ! Celui-là même pour lequel j’ai fait ressouder un œillet au gaz argon pour la modique somme de 30€ ! Je dois finalement mettre la sacoche à l’arrière. S’il touche c’est qu’une petite pièce est tordue. Je verrais ça ce soir à Aurec avec André.

Pique-nique « bucolique » à Saint-Etienne, sur les marches, dans un square à côté du centre commercial Centre 2. Bien pratique quand même, pour les besoins urgents. Pas trop urgents quand même car il faut traverser toute la galerie marchande ! Nous avons déjà fait 45 kilomètres et sans avoir trop chaud. Une découverte agréable, cette voie verte le long d’une rivière pour éviter le centre de La-Ricamarie et du Chambon-Feugerolles ! Puis elle zigzague au milieu des HLM, surprenant... Nous finissons par arriver à Firminy sans difficulté.

Après Unieux nous faisons trempette dans la Loire à la hauteur de Saint-Paul-en-Cornillon.

Saint-Paul-en-Cornillon

Saint-Paul-en-Cornillon

Saint-Paul-en-Cornillon

Saint-Paul-en-Cornillon

Vers Semène, les ronds-points sont agrémentés de petites maisons de bois colorées. Arrivés à Aurec-sur-Loire, sur le plat, Antoine n’avance plus. Il s’arrête, repart. Fatigué, il a très mal aux jambes ! Il s’arrête très souvent. Nous faisons une pause, grignotons un mélange que j’ai fait : amandes, noisettes et raisins secs. Malgré son coup de pompe, il n’est pas question pour lui que nous dormions chez André et Josette car, pour lui, 67 kilomètres (ce que nous avons déjà fait) c’est vraiment trop peu pour y songer.

Semène

Semène

Puis il nous faut attaquer la montée direction Pont-Salomon si nous voulons arriver à Ouillas. Et là, ça grimpe ! Vraiment beaucoup ! Nous avons beau être prévenus… Et là Antoine me dit que, finalement, il sera bien content quand il sera arrivé ! La côte est rude. Nous montons maintenant soit en pédalant (à 4 à l’heure !), soit à pied, en poussant le vélo. Quand tout à coup, je me demande si, par hasard, à force de monter, nous n’aurions pas dépassé la route qui mène à Ouillas ! Ce serait le comble… Je n’en dis rien à Antoine et téléphone chez André. Ouf ! Non, il faut (encore !) monter. Je suis devant Antoine, Il faut trouver un sanctuaire et un château d’eau. Ça y est ! Je vois le chemin qui part à gauche en direction du sanctuaire. Mais ce n’est pas là, il faut encore monter. Tiens, les vaches, des Aubrac, qui, non contentes d’avoir leurs doux yeux comme maquillés, portent des piercings dans le nez. Énormes, les piercings !

A vélo de Lyon à Toulouse
A vélo de Lyon à Toulouse

Enfin, une pancarte indique l'entrée d’Ouillas (667 mètres d’altitude) à gauche ! D’après les indications d’André, leur maison est la première à droite après la pancarte du village. Comme je comprends tout de travers, je cherche dès la bifurcation, le nom sur la boîte à lettre de la première maison à gauche ! De nombreux grands arbres sont couchés, abattus, au sol. Une tempête récente, ils portent encore toutes leurs feuilles.

La route s’arrête de monter, un peu, puis ça repart de plus belle. Un joli abreuvoir et son puits attire mon attention. Je reviendrai les photographier. Josette m’attends devant l’entrée de sa maison qui surplombe la route. Elle descend l’escalier et vient à notre rencontre. 71 kilomètres dans les jambes !

Ouillas

Ouillas

Elle nous fait faire le tour et nous entrons par le jardin. Les vélos trouvent tout naturellement leur place sous l’escalier. André arrive. Je suis contente de le retrouver. Cela fait longtemps qu’ils ont quitté Grigny. Ici, ce sont leurs racines. Leurs familles respectives sont originaires de cette région. Ce village est très vivant et toutes les maisons sont habitées. Certaines sont très récentes. Leur fille habite le village d’à côté. Village ou hameau ? Ici, nulle boutique et le boulanger passe deux fois par semaine. Ils vont faire leurs courses à Aurec ou à La Ricamarie.

Ouillas

Ouillas

Ici, et jusqu’à La Ricamarie, on travaillait autrefois le métal et l’on tissait la toile. A Ouillas, la spécialité c’était la fabrication des clous de toutes sortes.Dans la cour d’André et Josette, sur une pierre, énorme galet, on peut encore voir trois trous bien ronds où étaient fixés les parties métalliques d’un outil avec lequel on confectionnait les clous. André m’en montre différentes sortes fixés sur une planche dans l’entrée. Ici, le tissage des bandages élastiques, en particulier était une autre activité très répandue. L’entreprise Thuasne, encore existante de nos jours (chevillières, genouillères, bas de contention…) apportait le fil pour tous ces travailleurs et travailleuses à domicile, isolés dans ces campagnes lointaines. Le couple est vraiment adorable, accueillant. Militants catholiques, peut-être plus maintenant, mais toujours abonnés à des revues chrétiennes. C’est lui qui, avec d’autres est à l’origine de la création des Potagers du Garon de Grigny, du Réseau de Cocagne.

Ouillas

Ouillas

Maison pour tous d'Ouillas

Maison pour tous d'Ouillas

Nous discutons dans le jardin pendant qu’André essaie de réparer la béquille d’Antoine. Il glisse un morceau de tuyau en plastique afin qu’elle ne tourne plus sur elle-même quand il la déplie et que le vélo ne s’écroule au sol, lui et toutes ses sacoches. Tiens, au fait, où est Antoine ? Je traverse la salle à manger jusqu’à la cuisine où nous avons bu un coup à notre arrivée. Pas étonnant ! Il a dû partir faire des photos dans le village !

Puis ensuite André s’attaque à plus difficile : le porte-sacoche. Dans son atelier, avec des vis et des écrous plus gros il tente de l’éloigner des rayons. Il essaie aussi de le tordre dans l’autre sens car visiblement, le métal est tordu, mais fait attention de ne pas le casser. Bon, c'est pas mal. Mais quand j’accroche la sacoche, nous nous apercevons que le résultat n’est pas atteint. Remettre le son ouvrage sur l’étau, à nouveau. Et cette fois, c’est bon !

Nous avons retrouvé Antoine ! Il n’était pas du tout en train de fouiner dans le village à la recherche d’une bonne photo à faire mais affalé dans le canapé, au fond, dans la salle à manger, dormant comme un bienheureux !

Une bonne douche me requinque. Je pars faire des photos dans le village. Antoine dort encore !

Ouillas

Ouillas

Son jardin n’a plus grand-chose depuis la tempête de samedi. Nous en faisons le tour, André et moi. Il aime ce travail de la terre. Il aime aussi remonter des murs en pierres et faire de petites niches dedans.

Le jardin d'André

Le jardin d'André

Carottes râpées, tomates, œufs durs ; les seuls légumes issus de son travail que nous mangeons au repas du soir sont des pommes de terre miniatures. C’est vrai que nous aimons les légumes mais un bon plat de pâtes n’aurait pas été de refus… Nous mangeons du fromage, des fruits et pour finir une bonne tartine de confiture de prunes et une autre de mûres qui me rappellent un repas que nous avions fait avec les filles, petites, quand j’étais allée les chercher après leurs vacances à la ferme à Chambost-Longessaigne. Dans le village nous avions mangé un excellent pot-au-feu, tout ce qu’il y a à la fois de simple et de succulent, dans un petit bistrot. Et le dessert c’était de la confiture étalée sur du bon pain…

Josette demande s’il faut faire des pâtes. Non, nous avons finalement très bien mangé. Si bien que nous déclinons même sa proposition d’un sorbet au cassis fait maison.

A l’étage, une grande chambre et une salle de bain/ toilettes. Et deux lits.

Le lendemain le réveil sonne à 6h30. Josette et André sont déjà debout quand nous descendons. Ils sont très matinaux. Un bon petit déjeuner fait de tartines avec les confitures de Josette, du thé. Puis il faut tout ranger dans les sacoches, ne rien oublier.


Samedi 25 juillet


Il est 8 heures et nous remontons en selle. Nous ne reprenons pas le même chemin qu’hier, contrairement à ce que je craignais. Nous traversons le village d’Ouillas. Et c’est la descente. Nous passons vers la sortie de La Chapelle-d’Aurec, sans être passé par le village lui-même. Les indications de nos amis sont précieuses car nous trouvons facilement l’enclos des chevaux après lequel nous tournons à droite.

La Chapelle d'Aurec

La Chapelle d'Aurec

La Chapelle d'Aurec

La Chapelle d'Aurec

Arrive la nationale 88, et, juste à côté, une toute petite route. André nous a dit de prendre la nationale. Où va cette petite route ? Pas d’hésitation, nous suivons ce que nous a dit André. Quand tout à coup, Antoine panique, il crie. Un panneau de limitation de vitesse à 110. Il veut faire demi-tour ! Nous n’avons pourtant pas vu d’indication d’interdiction aux vélos, rien. Impossible de faire demi-tour, ce serait encore plus dangereux. Nous roulons sur la bande d’arrêt, le plus à droite de la bande possible. C’est une deux fois deux voies, les voitures roulent à des vitesses incroyables pour nos deux pauvres vélos. Antoine veut marcher derrière la glissière de sécurité. Il n’y a pas de place. Il est terrorisé, tétanisé, il crie que je suis complètement folle, irresponsable, que c’est la dernière fois qu’il part avec moi à vélo. Je roule devant doucement alors que j’aurais plutôt envie de filer le plus vite possible car la prochaine sortie est toute proche. Je m’arrête, je l’attends encore. Il est passé derrière la glissière car il y a un peu plus de place maintenant. Après le pont il s’arrête à côté de moi. Il y a un portail permettant aux secours d’entrer sur la voie rapide. Il veut faire passer nos vélos par-dessus. La prochaine sortie est tout près mais il ne veut rien entendre. Je suis d’accord à condition que l’on arrive à faire passer les vélos d’abord et sans les sacoches. Nous désharnachons nos montures. Antoine passe le premier et attrape les vélos l’un après l’autre puis les sacoches. De l’autre côté il faut tout remettre en place. Cette petite route… finalement… allait au bon endroit ! Nous croisons un cyclo. Une belle descente… et mon porte-sacoche qui branle encore dans le manche… Je m’arrête car je viens de voir que la sacoche touche les rayons, maintenant. Antoine est devant, il attendra. La soudure à l’argon a tenu. Ce sont les vis qu’André a ajouté qui sont parties, perdues. Derrière, sur le porte-bagage arrière j’ai une grande sacoche où sont les outils et les cartes et, de part et d’autre de celle-ci sont deux toutes petites poches. J’en vide une et à la place j’accroche la sacoche qui était à l’avant.

Quadruplette, pour aller quatre fois plus vite ?

Quadruplette, pour aller quatre fois plus vite ?

Nous sommes arrivés à Monistrol-sur-Loire et je me souviens du marché « paysan » où nous nous étions approvisionnées Bernadette et moi en redescendant du Mont-Gerbier-des-Joncs. C’est justement aujourd’hui ! Nous achetons du pain, des tomates, des fruits et du fromage puis nous cherchons la route qui part en direction de Bas-en-Basset. Nous demandons notre chemin à deux femmes habillées comme dans les années 70. Leurs visages « respirent l’intelligence »… On pourrait les croire tenues à l’écart de la civilisation depuis cette époque lointaine tant dans leur façon d’être, de parler, de s’habiller et de leur réponse : « Il faut tourner après un magasin qui s’appelle Carrefour » sont surprenantes. Ont-elles, comme dans le film Les visiteurs utilisé une machine à aller dans le futur ?

Aujourd’hui il fait beau, ce n’est pas comme lors de cette randonnée à vélo avec ma copine où nous avions été contrainte de dormir à l’hôtel de cette commune, traversant le trou rempli d’eau jusqu’à mi-mollet qui s’était formé devant l’entrée de l’établissement !

Après le pont sur la Loire au lieu de tourner à droite direction Bas-en-Basset, nous tournons à gauche. C’est la route que nous avions prise avec cette même copine.

Les remparts de Beauzac sont magnifiques !

Beauzac

Beauzac

Beauzac

Beauzac

Pour éviter la nationale, nous prenons une route qui longe la Loire. Pour y parvenir, une descente magnifique! Le hameau de Bransac est pittoresque mais pour quitter les bords de Loire, ce n'est pas une route mais un chemin.

Bransac

Bransac

Bransac

Bransac

A vélo de Lyon à Toulouse
La montée est rude !

La montée est rude !

Voici Retournac puis Vorey et Lavoûte-sur-Loire. Je me souviens tout à coup que ce parcours a en partie été tracé grâce à un cyclotouriste trouvé sur la carte interactive du site de la Fédération Française de Cyclo-Tourisme (FFCT) ! Mais nous avons sans doute dépassé son village. Je l’appelle cependant pour le remercier et m’excuser de ne pas l’avoir appelé plus tôt. Je laisse un message sur son portable. Très vite, mon téléphone sonne. C’est lui ! Sa maison est après Le Puy-en-Velay et nous y sommes presque ! Il nous invite à manger et à dormir chez lui. Il part de chez lui à vélo et nous donne rendez-vous à la grande poste. La route est droite et plate, très belle car elle suit la Loire mais Antoine n’a plus de jambe. Le matin, tout fringant, il avalerait les kilomètres à la vitesse grand V mais en fin de journée il n’avance plus, se traîne, toute son énergie a été utilisée. Sa batterie est à plat… Alors que moi, le matin j’ai du mal à démarrer et dans l’après-midi je pourrai rouler assez longtemps surtout comme aujourd’hui où le paysage est beau, la route facile. Nous nous arrêtons et Antoine casse la croûte de pain et de fromage. Et nous repartons. Le téléphone sonne à nouveau. C’est Georges ! Il est déjà arrivé à la poste. Il vient à notre rencontre. Le voilà ! C’est un rapide. Nous faisons connaissance. Quand nous passons devant une pharmacie, comme il ne nous reste presque plus de Sporténine®, je m’arrête. Mon portefeuille n’est pas accessible. Je ne connais pas Georges plus que ça et pourtant, il me tend une pochette avec carte bleue, billets, pièce d’identité ! Je ne reviens pas de cette totale confiance…

Château de Lavoûte

Château de Lavoûte

Il habite Tarreyres, à 10 kilomètres du Puy, sur la commune de Cussac.Il nous propose de laisser nos sacoches dans la voiture de sa femme. Nous roulons jusqu’au parking où nous l’attendons. Pendant ce temps il roule jusqu’au magasin de sa fille chercher les clés de l’auto. Puis nous repartons sur nos vélos, tous légers. Arrêt à la pâtisserie, nous achetons un gâteau pour ce soir. Puis nous allons à la boutique que tient sa femme lui rendre les clés de la voiture et lui laissons le gâteau. Antoine est aux anges ! Ce magasin vend du matériel pour artistes peintres : aquarelle, fusain, toile… mais aussi des tableaux fait par Annabelle la fille de Georges. Elle n’est pas là et c’est sa sœur et sa maman qui tiennent la boutique pendant qu’elle suit des cours de dessin. Georges est un passionné de sa ville qu’il connaît très bien. Comme guide, il est parfait et c’est souvent qu’il accueille des cyclotouristes et qu’il leur fait faire une visite. Ainsi, il nous raconte que la cuvette dans laquelle se trouve Le-Puy-en-Velay était autrefois une mer intérieure qui s’est ensuite vidée à cause d’un tremblement de terre.

Ingénieur agronome de formation, il est président du conseil d’administration du lycée agricole de la ville. Mais aussi maire adjoint de sa commune et élu à la communauté de communes. Et comme il est retraité de la chambre d’agriculture et qu’il a le temps, il est aussi membre de la confrérie de la lentille verte du Puy, trésorier de je ne sais plus quelle association et secrétaire du club de cyclotourisme de la ville, ce qui lui vaut d’être sur le site de la FFCT, ce qui m’a permis de le trouver et de lui demander conseil pour le parcours.

Il nous fait remarquer que les vélos sont nombreux, sur la route… accrochés aux voitures !

Même si nous sommes légers, la route qui part du Puy grimpe vraiment beaucoup ! Tellement que je monte à pied une bonne petite côte. Puis nous roulons encore et ça monte toujours ! Je comprends pourquoi Georges est arrivé si vite ! J’ai l’impression que mon pneu arrière est dégonflé et qu’il ne tourne pas rond. Il m’assure que non. Nous y sommes. Georges propose de passer chez Annabelle avant d’arriver chez lui mais Antoine, trop fatigué, préfère aller directement chez Georges.

Dans le village, je remarque, sur la gauche, un mur très sombre et un portail surmonté de trois croix. Une fois chez lui Georges met de la confiture et du pain sur la table. Antoine dévore ! Nous buvons une bière chacun. Le temps de boire et de manger, nous sortons et le pneu est complètement à plat ! Georges arrive à convaincre Antoine de passer chez sa fille avant que sa femme ne rentre du Puy. J’ai froid. La fatigue et la transpiration. Il me prête une veste polaire de son épouse.

Annabelle a un parcours scolaire qui ressemble à ce qu’Antoine voudrait faire et qui donc, pourrait l’intéresser. Elle a fait des études d’arts plastiques assez poussées mais n’a pas voulu devenir professeur. Elle gagne régulièrement des concours de peinture et vend ses tableaux. Elle donne aussi des cours dans son magasin (à très peu de personnes à la fois). Il très bien situé dans la vieille ville. Et elle a ajouté une corde à son arc car elle fait également des encadrements.

Arrivés chez elle, tiens, elle habite la maison dont j’avais remarqué le portail en arrivant. Ce ne sont pas trois croix mais une croix au centre et une pierre de part et d’autre. Il date de 1803. C’est la maison où a vécu Georges, enfant. Sa fille l’occupe maintenant. Ils reçoivent un couple d’amis, avec de jeunes enfants, eux aussi. Nous buvons un jus de fruit tout en picorant des chips.

Tarreyres

Tarreyres

Anne-Marie, la femme de Georges arrive et nous repartons chez eux. J’ai expliqué à notre hôte mon problème de porte-sacoche avant. Quand à mon pneu arrière, à plat, il est transpercé par un morceau de plastique dur et pointu, de la bakélite. Un petit bout de la gomme est même soulevé. Il change la chambre à air pendant que j’aide sa femme à éplucher des oignons. Je redescends au garage. Il a redressé la pièce rectangulaire du porte-sacoche qui comporte des trous, mais pas la même partie que celle qu’André a travaillée. Il enlève la roue avant pour remonter plus facilement le porte-sacoche. Une fois tout réinstallé je teste avec une sacoche. Cette fois ce devrait être vraiment bon ! Anne-Marie s’impatiente, le repas est prêt.

Nous nous sommes installés au sous-sol où se trouvent une grande chambre et une douche. Nous lavons un peu de linge. Dehors, sur la barrière avec le vent et le soleil il sera vite sec !

Le repas commence par une soupe dont je connais le goût mais dont je n’arrive pas à trouver la composition. Des fanes de radis ! Ma mère en fait. Nous l’arrosons de lait de la ferme d’à-côté, bien crémeux, c’est un régal. Un reste de quiche à la tomate, froide. Puis suit un bon plat de pâtes (Des pâtes : on sent le cyclotouriste averti !), du fromage et le gâteau que j’ai acheté. Il est temps d’aller faire dormir les yeux. Antoine est parti se coucher avant moi mais quand j’arrive dans la chambre il ne dort pas, occupé à envoyer et à lire des textos.

Dimanche 26 juillet

Le lendemain matin, de bonnes tartines de confiture, du thé… C’est une chance, nos hôtes se lèvent tôt ici aussi ! Il part à vélo rejoindre des copains pour un repas entre amis. Sa femme le rejoint en voiture.

Georges nous explique par où passer pour trouver l’ancienne voie ferrée devenue une voie verte. Nous partons.

Chassilhac, puis Concis où je photographie une fontaine et une croix,

Chassilhac

Chassilhac

Chassilhac

Chassilhac

Le-Brignon. Puis nous rejoignons une ville plus importante, Costaros. Juste avant d’y arriver, nous croisons deux cyclocampeurs très sympas ! Ils nous conseillent une route qu’ils ont prise et qui est vraiment très belle. Ils viennent de Montpellier et vont à Brest. Sont pas arrivés…

A Costaros nous faisons des provisions. D’abord un excellent boucher-charcutier, puis, à côté une boutique bio où tout nous fait envie. Elle est bien achalandée et décorée de tableaux animaliers. Nous finissons à la boulangerie et au petit supermarché où nous achetons ce qu’il manque. Sur les indications d’un gars du coin nous partons sur la grande route. Là, un gars vend des « champignons de la régionS »… Demi-tour ! La route pour Le-Bouchet-Saint-Nicolas commence dans Costaros ! Là, je montre à Antoine à quoi ressemble un champ de lentilles. Il faut connaître pour le trouver ! Chaque plant de lentille ne comporte que deux minuscules graines vertes. La route est belle, il fait beau.

Lentilles
Lentilles

Lentilles

Après Costaros

Après Costaros

Statue de Stevenson, Le Bouchet Saint Nicolas

Statue de Stevenson, Le Bouchet Saint Nicolas

Et comme nous l’avaient annoncé Georges et les cyclos campeurs, la descente sur le Nouveau Monde est fabuleuse ! Le point de vue, magnifique ! Rien que le nom (Nouveau monde) fait rêver. C’est un cirque où passe l’Allier. Sur le promontoire j’entends un accent de la Loire très marqué : ce sont des motards de Chazelles-sur-Lyon, pas loin de chez nous.

A vélo de Lyon à Toulouse
Le nouveau monde

Le nouveau monde

Tout en bas nous traversons un camping pour aller pique-niquer au bord de l’Allier, assis sur des rochers. Un vrai bonheur ! J’apprendrais ensuite par un cyclo Lyonnais venu en train jusqu’à Saint-Etienne que ce camping est tenu par un ancien habitant de Taluyers. Ce cyclo est adhérent au club de Montagny, tout près de chez nous. Il va ainsi jusqu’à Mende dans la journée, soit 195 kilomètres pour rejoindre des membres de sa famille.

Nouveau Monde; vieille mobylette

Nouveau Monde; vieille mobylette

Nous sommes sur le lieu-dit de Chapeauroux qui a aussi donné son nom à la rivière, rivière que nous suivrons ensuite presque jusqu’à sa source, vers la fontaine de Du Guesclin. En patois, on dit « Chap Auros ». Peut-être que Auros vient de « eau » comme le Mont-Dore ou les Monts-d’or.

Nous allons jusqu’à Saint-Bonnet-de-Montauroux puis nous partons sur Laval-Atger. Avant Grandrieu nous faisons des photos de la chapelle de Saint-Méen, et sa fontaine (sur la commune de Peux-et-Couffouleux). Elle est sensée guérir les problèmes dermatologiques (à l’origine, la peste, mais aussi la teigne des enfants et la gale des brebis). Le 24 juin, chaque année a lieu un pèlerinage. Nous y croisons une famille tractant une remorque énorme, basse et agrémentée de grilles d’aération. En sortent deux chiens. Elle peut en contenir jusqu’à quatre, chacun dans un espace restreint, conçu pour qu’ils ne valdinguent pas à chaque virage ou ressaut de la route. Jamais vu ça.

Elle ne m’a pas porté chance, cette chapelle ! Ou est-ce à cause du message en forme de clin d’œil qu’a écrit Antoine dans son livre d’or : « Vive le cyclotourisme ! » ?

Saint Méens

Saint Méens

Saint Méens

Saint Méens

Saint Méens

Saint Méens

Saint Méens

Saint Méens

Dans la descente, voilà l’œillet soudé à l’argon qui … casse … Rebelote ! Le travail de réparation de Georges n’aura servi à rien. Et voilà mes sacoches qui se retrouvent à nouveau attachées au porte-bagage arrière ! Je dévisse la partie de mon porte-sacoche resté fixé à la fourche et je l’accroche à mon guidon. Quand j’aperçois Antoine, qui m’attend, je tends mon bras, avec, dans la main, le porte-sacoche ! Nous nous arrêtons et je le glisse sous les tendeurs qui maintiennent tente et matelas sur son porte-bagage arrière.

A Grandrieu, c’est le festival Franco-belge et ses personnages et animaux faits de plastique, de lichen et autres matériaux. Le village est jumelé avec une ville Belge. Ceci explique cela…

Grandrieu

Grandrieu

Grandrieu

Grandrieu

Grandrieu

Grandrieu

Grandrieu

Grandrieu

La laine des mouton est en lichen

La laine des mouton est en lichen

Grandrieu

Grandrieu

Grandrieu

Grandrieu

Grandrieu

Grandrieu

A Châteauneuf-de-Randon, le cénotaphe (tombe qui ne comporte pas le corps du défunt) de Bertrand Du Guesclin, « connétable de France né en 1313 et mort en 1380, précurseur de Jeanne d’Arc dans le relèvement national » trône sur une butte, au carrefour. Nous n’entrons pas dans ce village et tournons à droite sur la D988 qui se transforme tout de suite après en RN88.

Un peu plus loin, deux pancartes indiquent la fontaine de Du Guesclin. Je garde les vélos. Antoine monte le sentier de 300 mètres et revient, totalement déçu. Pour lui, « c’est un truc bétonné sans âme et sans aucun intérêt » ! Je ne monte pas pour ça. Il ne l’a même pas pris en photo. Mince ! Il a oublié ses lunettes là-haut. Il remonte les chercher.

Quelques kilomètre après Châteauneuf-de-Randon

Quelques kilomètre après Châteauneuf-de-Randon

Alors là, la route grimpe ! La borne indiquant l’altitude la plus élevée indique 1264 mètres mais Antoine dit avoir vu plus loin, 1300 mètres. Ça n’arrête pas de monter !

En plus, le vent nous freine. Nous faisons une halte à l’abri dans la cour d’une maison pour grignoter un peu. Il doit être un peu artiste celui qui habite ici, il a décoré sa boîte à lettres.

A vélo de Lyon à Toulouse

Après 83 kilomètres nous trouvons un camping à Laubert, avant Mende. C’est un petit camping, municipal, pas très cher (11,50€) tenu par un couple de retraités. C’est aussi une station de ski de fond. Et même si ces dernières année il n’a pas beaucoup neigé, l’hiver, il fait si froid, que la neige tient longtemps. Il fait froid, le vent souffle, glacé.

Lundi 27 juillet

Le lendemain matin, la route descend, et même bien jusqu’à Mende ! Quasiment 20 kilomètres de descente ! Sur le chemin nous faisons une halte dans une supérette attenante à un bistrot. Ce matin, sans pain ou presque, juste un quignon, le petit déjeuner était plutôt léger ! Alors après les courses, au bistrot, nous buvons thé et chocolat chaud avec des gâteaux.

Mende. Le temps que je retire de l’argent au distributeur, Antoine photographie une sculpture située devant le nouvel hôtel de ville. En face, de l’autre côté de la rue, l’ancienne mairie.

Mende

Mende

Mende

Mende

J’ai mal à la gorge. Nous sommes lundi, la pharmacie est fermée. J’achète un spray à la propolis dans un magasin bio. Ensuite la route, c’est encore la nationale 88. Antoine a de nouveau un peu peur car comme elle mène à l’autoroute, ça circule vite et beaucoup. Jusqu’à Balsièges, ça continue à descendre mais après… Houlà là ! Au début la pente est raisonnable quoique sérieuse (6,5%). Pause à la ferme fortifiée du Choizal qu’Antoine photographie sous toutes les coutures. Ce château date de 1664, du temps de Louis XIII et était propriété des évêques de Mende. Elle servait de poste de garde car au croisement des routes de Mende, Saint-Enimie et Chanac et Ispagnac.

Ferme fortifiée du Choizal

Ferme fortifiée du Choizal

Ferme fortifiée du Choizal

Ferme fortifiée du Choizal

Ferme fortifiée du Choizal

Ferme fortifiée du Choizal

Après la pause, aïe, mes aïeux… C’est vrai que la route est belle mais que c’est difficile ! Parfois elle descend, mais quand elle remonte, les côtes sont à beaucoup plus que 9% puisque la moyenne, nous l’apprendrons ensuite est de 9% ! Pour ne rien arranger, une douleur persistante au pied gauche, (à l’articulation du pied et des doigts de pieds) me gêne pas mal. Tendinite ?

Le causse de Sauveterre semble désert, à perte de vue, le plateau est vallonné et rocheux, l’herbe est sèche, le vent contraire n’arrange rien, pas plus que le soleil brûlant.

Les Causses

Les Causses

Antoine roule loin devant. Alors je m’imagine sur le tandem, et dans ma tête je parle avec Christian, derrière. Et je me sens moins seule.

Mon téléphone sonne. C’est une fille qui écrit un mémoire sur les Jardins de Cocagne. Marc, le président des Potagers l’a orientée sur moi car j’ai rédigél’histoire de notre association. Je lui promets que mon conjoint lui enverra le texte par courriel.

Nous avons faim. Mais manger en plein vent… Un bâtiment, long, Un silo sous lequel se trouvent une petite esplanade plate et cimentée et… une chaise qui me tend les bras ! Super ! Au soleil et à l’abri du vent, cette bergerie (nous entendons des moutons de temps à autres qui bêlent), nous serons parfaitement bien pour le pique-nique. Surtout moi, qui me suis appropriée le siège ! Nous étions en train de manger quand survient un homme, le propriétaire du troupeau (peut-on dire berger quand on a 300 moutons ici et encore deux autres bâtiments avec encore autant de bêtes ?). Là, elles dorment car il fait trop chaud et il y a trop de vent. Elles ont mangé et ne ressortiront qu’à la nuit tombée quand les ardeurs du vent et du soleil se seront calmées. Je les ignorais si sensibles… Beaucoup de brebis ont récemment mis bas et si nous entrons dans la bergerie pour aller les voir il faudra bien refermer la porte pour éviter les courants d’air, les agneaux sont très fragiles et leurs maman aussi.

Une fois notre pique-nique terminé, nous ne réussirons pas à entrer et nous ne verrons pas ces petites bêtes sans doute très mignonnes.

Le propriétaire (peut-on dire le berger quand les bêtes sont enfermées toute la journée dans un bâtiment en tôle et en parpaings ?! Poser la question c’est y répondre) nous a assuré qu’après sa bergerie nous aurions de la descente tout le long ! C’était bien vrai ! Quel bonheur…

Nous arrivons très facilement à Saint-Enimie !

L'avoir ou pas, là n'est pas encore la question !

L'avoir ou pas, là n'est pas encore la question !

Saint-Enimie

Saint-Enimie

Le village est marqué par la légende d'Énimie, une princesse atteinte de la lèpre. Fille de Clotaire II, sœur de Dagobert Ier, ayant donc vécu au VIIe siècle. Énimie aurait guéri de la lèpre dont elle était atteinte, grâce aux eaux de la source de la Burle. Nommée abbesse, elle aurait fondé un monastère, autour duquel le village s'est développé.

Saint-Enimie

Saint-Enimie

Le site est si joli que nous décidons de le visiter. Antoine ne veut pas lâcher le vélo, moi, je suis pour les attacher quelque part en sécurité.

Saint-Enimie

Saint-Enimie

Saint-Enimie est un joli village moyenâgeux pavé, tout en montées et en descentes. Pousser le vélo, chargé, quelle galère ! Le marchand de glaces ne veut pas prendre la responsabilité de les surveiller. Nous allons les attacher sous les fenêtres de l’office de tourisme.

Saint-Enimie

Saint-Enimie

Les touristes sont désargentés et les commerçants plein de ressources

Les touristes sont désargentés et les commerçants plein de ressources

Toutes les méthodes pour attirer le client sont employées !

Toutes les méthodes pour attirer le client sont employées !

A vélo de Lyon à Toulouse
Clin d’œil aux femmes...

Clin d’œil aux femmes...

Et aux messieurs

Et aux messieurs

Antoine se régale à sillonner les ruelles, l’objectif braqué sur les vieilles pierres, les angles des rues, les toits herbus.

A vélo de Lyon à Toulouse

Au bout d’un moment, lasse de le suivre et de m’arrêter tous les dix pas je rebrousse chemin.

Saint-Enimie

Saint-Enimie

Je tombe en arrêt devant un cyclo touriste muni d’un système de bidon jamais vu auparavant. Il est fixé devant le guidon et est muni d’une grande paille ! J’essaie de discuter avec lui. Mais de quel pays est-il ? Il me demande si je parle anglais. Ben… non. Moi française, et vous ? Il me répond des trucs que je ne comprends pas. Me montre son tee-shirt. La réponse est inscrite dessus ? Je n’y vois qu’un sigle. Son porte-bagage arrière est très haut. Dessus y est fixé un sac à dos assez volumineux. Antoine arrive à la rescousse ! Qu’est-ce qu’il parle bien anglais mon fils ! Le gars vient de Californie. Il suit le parcours du Tour de France, la partie du sud de la France, les Pyrénées… (De l’Atlantique à la Méditerranée, il nous montre la carte) puis ensuite il fera le Giro, le tour d’Italie. Sur son guidon, un GPS très perfectionné, avec tous les dénivelés. Il s’est débarrassé d’un sac qui pesait encore quatre ou cinq kilos de trop. Il roule 8 à 12 heures par jour, arrivant à faire jusqu’à 200 kilomètres par jour !! Mais 12 heures, dit-il, c’est le maximum. Tu parles ! Il doit manger des casse-croûtes la journée et au resto le soir. Pas de tente, il dort sans doute à l’hôtel.

Arrivée aux vélos… Où est la clé du cadenas ? Je ne la trouve pas dans ma sacoche… Là ! Par terre ! Elle est restée tout le temps de la visite (combien de temps ? Plus d’une heure, c’est sûr !) juste à côté des vélos…

Nous repartons et nous commençons à longer le Tarn. Nous le suivrons 200 kilomètres durant (198 plus exactement, si mes calculs sont bons). Les gorges sont magnifiques, ces rochers, cette eau claire, toutes ces maisons en pierre, ces villages, Saint-Chély-du-Tarn, plusieurs cirques et détroits, La-Malène… Des promontoires rocheux à moins que ce ne soient des châteaux surplombent la rivière. Demoiselles coiffées, le spectacle de la nature me réjouit toujours autant.

A vélo de Lyon à Toulouse

Je suis fatiguée, toute cette montée de ce matin, le vent de face tout l’après-midi même si la route était plate... mais cette fois c'est Antoine qui est encore fringuant. Nous avons fait plus de 80 kilomètres. Je veux m’arrêter à ce camping, lui non ! Nous sommes à Mostuejouls, sur la commune de Peyreleau. Antoine roulerait bien encore un peu. C’est vrai que les campings ne manquent pas. Je bifurque à gauche. Contraint et forcé, il suit. Je rentre dans le bar qui sert de local d’accueil et de mini épicerie. Le patron annonce le tarif : 17,50 euros ! Quoi ! Juste pour notre toute petite tente, nos deux vélos et deux personnes ! Alors que nous avons payé 11,50 € à Laubert, au camping municipal ! J’étais prête à repartir, et là le gars me dit, bon, d’accord, 15 euros, ça vous va ? Bon, là, difficile de reculer. Top là, c’est d’accord ! On s’installe où on veut. Douches chaude, piscine (mais nous n’en profiterons pas), et surtout il nous propose d’utiliser la table de pique-nique installée sous un abri en toile. Parfait ! Nous achetons les bricoles qui nous manquent pour ce soir, comme une baguette et des pâtes et nous commandons le pain pour demain matin.

Nous nous installons au bord du Tarn, enfin, c’est Antoine qui installe la tente (depuis le début de notre randonnée à vélo cette année), déplie MON matelas (marre de dormir sur les cailloux, cette année c’est le grand luxe, ce matelas auto gonflant ni lourd ni encombrant), et les deux duvets.

Une bonne douche et puis je fais chauffer de l’eau d’abord pour la soupe, qu’il faut faire un peu mijoter. Je fais ensuite cuire des pâtes, le fond de soupe lui donnera du goût. Puis je lave la casserole pour refaire chauffer de l’eau, pour la tisane et enfin une quatrième casserole d’eau pour faire cuire notre mélange de graines (lentilles, riz, haricots blancs, quinoa…). Pendant ce temps nous mangeons, et après, c’est la vaisselle. La routine, quoi. L’avantage, ici, c’est que je laisse les deux sacoches dédiées à la bouffe sur le banc et le petit camping-gaz e la vaisselle sur la table. Toujours ça de moins à ranger ce soir et à sortir demain matin.

Je téléphone à Roland. D’après lui il nous reste 115 à 120 kilomètres avant Albi

Albi

Albi

puis 85 kilomètres jusqu’à Toulouse. Soit 200 kilomètres au total ! Et il ne nous reste que… deux jours ! Donc, il va falloir pédaler, heureusement que, « en principe », c’est plat tout le long ! Espérons que le vent se calme.

Avant d’aller se coucher je vais éteindre le gaz et je mets les graines cuites dans la passoire que je laisse égoutter toute la nuit, tranquille.

Je laisse la toile de tente ouverte car Antoine n’est pas encore revenu. Le paysage est magnifique. Je ne sais pas faire mais j’essaie de le croquer sur mon carnet. Les falaises, en face, la forêt au-dessus et en-dessous, surmontées de la lune ronde et les hirondelles qui vont et viennent. L’eau du Tarn coule presque sans bruit. Je la sens présente, sa fraîcheur, les plantes caractéristiques qui le borde.

Mardi 28 juillet

Le lendemain, le château de Peyrelade, perché très haut sur son éperon rocheux est impressionnant ! C’est une forteresse médiévale construite entre le XIe siècle et le XVIe siècle. Il est situé sur la commune de Rivière-sur-Tarn, dans le département de l'Aveyron. J’ai cru que c’était un rocher en forme de ruine, tant les pierres de la bâtisse se confondent avec le roc. Dommage, mais nous n’avons pas le temps de le visiter.

Après le camping la route monte et nous dépassons Le-Rozier. Une pause, une glace dégustée sur place,

Le Rozier

Le Rozier

La Cresse

La Cresse

puis Aguessac et nous arrivons à Millau. Beaucoup de plat mais aussi quelques montées et toujours le même plaisir de suivre le Tarn. Le vent, lui n’a pas faibli.

Nous arrivons sur Millau par une route assez circulante, même si ce n’est qu’une départementale, et de l’autre côté je remarque un coureur à la foulée marathonienne. Il coure presque aussi vite que nous roulons. Rien de l’arrête, pas même le train ! Il passe sous la barrière. Nous, nous attendons que le TER passe, prudents. Le bitume à Millau est dans un sale état, pas facile de rouler pour nous, pauvres cyclistes.

Toutes les pancartes veulent nous faire passer par Saint-Affrique et la D992 !

Millau

Millau

Une autoroute évite aussi aux gens pressés de se déplacer sur ces petits axes. Et nous, nous préférons les toutes petites routes. Alors nous demandons par deux fois notre chemin. C’est la D41qui va à Compregnac en direction de Saint-Rome-de-Tarn. Avec raison, car nous arrivons sur une petite route sympa qui passe sous ce grand oiseau blanc qu’est le viaduc de Millau. Majestueux, aérien, une prouesse architecturale d’une pureté et beauté à couper le souffle. Antoine ne se lasse pas de le photographier, admiratif.

Architecte est l'un des métiers qu'il a envie de faire.

Viaduc

Viaduc

Viaduc

Viaduc

Viaduc, la tête  dans les nuages

Viaduc, la tête dans les nuages

Viaduc de Millau

Viaduc de Millau

Hésitation, la route repart en direction de Saint-Rome-de-Tarn mais Antoine veut nous fait suivre le Tarn au plus près. C’est la D 200 qui nous emmène au Pinet. Minuscule mais vertigineuse route. Des points de vue sur la rivière, si perchés que je ne peux que monter à pied en poussant le vélo. Et avec ça, un soleil ! A part le mal au pied à l’articulation entre le pied et les doigts de pied j’ai aussi des fourmis dans la main gauche qui ne passent que si je lève le bras pour faire circuler le sang.

Le Tarn

Le Tarn

Heureusement, qui dit montée dit descente ! Des barrages, des conduites forcées et même des éoliennes, ici la nature est généreuse en énergie ! Le Pinet, est situé dans une sorte d’île, là,deux bancs surplombant la vallée nous attendent. Dans ce tout petit village il y a même un robinet et des toilettes sous l’église ! Parfait.

Le pont qui relie Le Pinet à la rive

Le pont qui relie Le Pinet à la rive

Après ça monte, mais raisonnablement. Le Truel, puis La-Jourdanie (ils ont voyagé par ici : après Saint-Affrique, La-Jourdanie…).

Le Tarn est facile à suivre, ici, c’est plat. Je roule devant. D’habitude Antoine me double très facilement, mais là, non. Où est-il ? Il est devant ou derrière moi ? J’arrête moto, voiture dans un sens, camion dans l’autre et je le décris. Je me dépêche de rouler dans la descente pour le rattraper ou je m’arrête à l’ombre pour l’attendre ? A côté d’une entreprise de paysagiste un chauffeur me propose même de repartir dans l’autre sens pour essayer de le retrouver ! Bredouille. Je repars. D’habitude, il m’attend à chaque carrefour. Il est sans doute devant, à m’attendre. Sur la carte, à Broquiès c’est la prochaine intersection. Et là, personne ! Ça devient inquiétant. Une voiture passe. Je leur transmets tant et si bien mes craintes que la passagère me demande mon numéro de portable, m’assurant qu’ici, il n’y a pas de problème de réseau. En cas de besoin elle propose de laisser mon vélo chez eux (la maison est facile à trouver, c’est la plus proche de l’entrée du village et elle est très fleurie. Précision : le village comporte une gendarmerie…). Elle me rappelle très peu de temps après m’annonçant qu’il est à cinq minutes de là. Et voilà comment une envie pressante me fait perdre Antoine pendant plus de 20 minutes à me ronger les sangs…

La dame nous conseille de passer par Brousse-le-Château. Et ici, on ne dit pas le Tarn mais « Le Tar » ! Et voilà Antoine ! Il me dit qu’il avait garé son vélo bien en évidence sur le bord de la route dans le village précédent (La-Caze) … mais je ne l’ai pas vu. Et son téléphone était dans ma sacoche !

A Brousse-le-Château nous refaisons le plein d’eau grâce à une fontaine.

Nénuphar dans la fontaine de Brousse

Nénuphar dans la fontaine de Brousse

La route redescend puis devient toute tranquille, longeant toujours la rivière. On dirait une ancienne voie ferrée car il y a des passages avec toujours les mêmes barrières et aussi des tunnels plus ou moins longs, pas du tout éclairés. A l’entrée de l’un deux, un feu rouge. Puis quand c’est à notre tour de passer il faut appuyer sur un bouton réservé aux cyclistes. Il déclenche une lumière clignotante au-dessus du tunnel et qui prévient que des cyclistes sont engagés dedans. Bien pensé ! Et heureusement j’ai une lampe de vélo car il fait si noir que je ne vois même pas ma main ! Antoine va dans le mur. Il ne roule pas vite, heureusement. Deux positions pour ma lampe, dont une avec des diodes clignotantes. DISCO ! Il chante une vieille rengaine disco à tue-tête dans le tunnel. On se croirait dans une boîte de nuit. J’éclaire les catadioptres qui parsèment les murs pour nous guider. Les gilets jaunes sont inaccessibles, au fond des sacoches. Nous croisons une voiture qui ralentit immédiatement et met ses phares en code, nous ne sommes plus éblouis, merci ! Puis un camion avec une grosse remorque qui pile, Antoine pile aussi sec, j’ai failli lui rentrer dedans !

A Lincou nous quittons la D200 pour nous engager sur la D172. C’est toujours l’ancienne voie ferrée. Fringale vers quatre ou cinq heures. A Trebas (prononcer « Trebass »), la pâtisserie est une caverne d’Ali Baba. Que choisir ? Un gâteau aux noisettes, sorte de meringue plate, sèche, grillée, craquante et sucrée à souhait ou une sorte de quatre-quarts au citron couvert d’amandes grillées et de sucre caramélisé ? Finalement nous achetons les deux en plus du pain. Nous mangeons les meringues sans attendre et rangeons dans le sac étanche contenant la tente et le matelas l’autre gâteau et le pain.

Poun. Nous roulons sur un pont. En contrebas des enfants se baignent. Tout de suite après, un camping à la ferme. Stop ! Ce soir, le camping sera câaaaaalme ! 105 kilomètres au compteur, nous sommes dans les temps. « Le Tar » est calme, pas une ride, sauf les canards qui nagent à la surface et un poisson de temps à autre qui saute hors de l’eau pour gober une mouche. Ici, six emplacements pas un de plus. 14€80 la nuit. Il est tenu par un couple de retraités. Ils n’ont pas de produits de la ferme à vendre. Monsieur est daltonien et madame n’a plus d’odorat depuis la chute d’une échelle. Lui, nous dit que ses tomates ne sont pas mûres et elle, qu’elle n’est pas allée au jardin depuis deux jours. Mais pour le même prix ils veulent bien me donner un concombre et proposent que j’aille faire un tour au jardin. Ils me recommandent de ne cueillir que les grosses. Deux me suffiront. Ah ! L’odeur des feuilles de tomates… comme c’est agréable.

Jardin potager. Que sacrifier ? Le grillage ou le cucurbitacée ?

Jardin potager. Que sacrifier ? Le grillage ou le cucurbitacée ?

La plage aperçue du haut du pont n’est pas sur le territoire du camping. Nous restons dans le camping et allons malgré tout nous tremper dans le Tarn… depuis le temps que nous le suivons c’est la première fois. Nous avons pied loin et nous avançons doucement sur les galets de crainte d’un trou brusque. Elle n’est pas très froide, cependant je n’ai pas le courage de m’immerger totalement. Après je vais prendre une bonne douche et faire notre petite vaisselle.

A côté des sanitaires, un terrain de pétanque et un banc. Nous nous y asseyons pour manger.

La nuit tombe, le pic-vert picasse et les canards trompettent… Nous nous endormons.

Camping à la ferme de Poun

Camping à la ferme de Poun

Mercredi 29 juillet

Le lendemain matin, avec l’autorisation des propriétaires Antoine va cueillir deux autres belles tomates. Une fois tout le barda rangé, nous montons sur les vélos, et c’est reparti ! Nous suivons toujours cette ancienne voie ferrée, sympa. Gaycre puis Courris.

A vélo de Lyon à Toulouse

Malgré les recommandations des fermiers nous oublions de faire une halte à Ambialet. Nous ne verrons pas « Le Tar » faire une boucle sur lui-même. Une rive plus haute que l’autre générant du courant et un énième barrage. Tant pis !

Saint-Juéry annonce Albi. Nous nous arrêtons devant un hypermarché et nous faisons nos achats. Premier vrai grand magasin depuis notre départ. Quel l’embarras du choix devant ces rayons immenses contenant toutes les déclinaisons d’un même produit. Vive la société de consommation… Impressionnant après des jours de petites épiceries et de nature verte et brune.

Nous sillonnons les rues d’Albi mais pas plus d’une demi-heure, à cause du nombre de kilomètres que nous devons parcourir aujourd’hui !

Albi est la patrie de Toulouse Lautrec. Un musée lui est consacré.

Citation de Toulouse Lautrec

Citation de Toulouse Lautrec

Citation de Toulouse Lautrec

Citation de Toulouse Lautrec

Citation de Toulouse Lautrec

Citation de Toulouse Lautrec

Citation de Toulouse Lautrec

Citation de Toulouse Lautrec

Citation de Toulouse Lautrec

Citation de Toulouse Lautrec

Nous ne laissons pas les vélos, la ville est grande. Antoine a tellement aimé cet endroit, il est formel, c’est ici qu’il habitera plus tard ! Une personne nous demande si nous faisons partis du groupe des 15 000 cyclotouristes de la Fédération Française de Cyclotouristes attendus la semaine prochaine dans le cadre de la semaine fédérale. Non, non, je ne m’en souvenais plus, mais maintenant que vous le dites, oui, je l’ai lu dans la revue de la FFCT…

Albi

Albi

Albi

Albi

Albi

Albi

Albi

Albi

A Marssac-sur-Tarn nous nous installons dans le square attenant à l’église pour manger. Il y a même des sanitaires.

A Rivières, malgré les protestations d’Antoine je bifurque à gauche afin d’éviter cette route départementale 988 où les voitures roulent comme des dingues, nous frôlant parfois. De plus, sur cette route, à droite des lignes pointillées, il n’y a pas un brin de bitume pour nos vélos. Donc nous roulons directement sur la route. Puis nous retrouvons la D200 Brens.

Malheureusement, à Gaillac nous sommes obligés de reprendre la grande route. Et c’est l’accident ! Une voiture me serre d’un peu trop près, je descends sur le gravier le long de la route et au moment de remonter sur le bitume, je me sens déséquilibrée. Le goudron fait un bourrelet, je crie et c’est la chute ! Une douleur fulgurante à la cuisse gauche et au genou droit. Je vois non pas 36 chandelles mais j’ai plein de gouttelettes brillantes devant les yeux. J’entends Antoine qui crie, me demande de me mettre sur le bas-côté, Mais je suis à moitié sonnée, ne peux pas bouger, encore moins me mettre debout, j’ai trop mal ! Alors j’avance en me traînant sur les fesses jusqu’au bord de la route. Je sens des voitures qui passent tout près. Mais Antoine me dira, après, que, par chance, aucune voiture ne passait… Quand il m’a entendu crier il a jeté son vélo et piqué un sprint ! Il a vite rangé mon vélo sur le côté. Puis une fois que j’étais, moi aussi sur le côté il m’a demandé où était la trousse de secours. Je suis impressionnée par sa réactivité ! Huiles essentielles pour les bobos et les bleus, paracétamol 1000 pour la douleur et arnica en granules ! Il trouve tout ! Il est formidable !

Il m’aide à me mettre debout et me propose de marcher un peu. Je fais la fière, mais je ne sais même pas si je pourrais marcher et encore moins si je pourrais pédaler. Je lui dis que tout va bien et que je peux repartir directement à vélo. En réalité je souffre terriblement et à chaque mouvement de la jambe gauche du haut vers le bas j’ai l’impression que mon muscle se déchire…

Dès que nous pouvons, à Lisle-sur-Tarn nous quittons cette satanée route pour en prendre une secondaire, calme et tranquille. Mon vélo aussi a souffert ! En montant dessus, encore sous le choc, je me suis contenté de remettre la chaîne car j’avais déraillé mais je n’ai même pas pensé à le vérifier. La manette du dérailleur est bloquée au milieu du guidon, impossible de passer sur le plateau du milieu. J’essaie de forcer dessus pour la remettre à sa place. Pas trop, j’ai peur de la casser. Heureusement, le dérailleur est coincé sur le tout petit plateau, s’il avait été bloqué sur le grand, je ne sais pas comment j’aurais fait ! Ça ira comme ça jusqu’à Toulouse ! Et puis le porte-sacoche rescapé, branle un peu dans le manche, ça non plus, ce n’est pas grave.

Sur la petite route je demande à un couple où se trouve Saint-Martin-de-Taur. Nous y sommes ! Je dis à la dame que la grande route est dangereuse et lui explique mon accident. Elle regarde mes jambes. Elle est infirmière et me dit que cela n’a pas l’air bien grave mais à surveiller quand même. Ils nous indiquent la route, qui n’est pas plate, ça descend… puis ça remonte. Aïe ! Ça fait mal ! Mais le paysage est beau… Un petit pont, un ruisseau, la forêt, il fait frais.

Loupiac, Coufouleux direction Rabastens mais nous n’y allons pas même si le village, de loin, semble beau. Le téléphone sonne, c’est Manu. Il nous demande où nous en sommes. Encore un peu loin, mais nous nous rapprochons. A Saint-Sulpice nous quittons le Tarn que nous avons suivi sur presque 200 km.

Mais nous sommes obligés de reprendre une départementale très roulante, la D988. Tout à coup Antoine a une lumière ! Et si nous téléphonions à Manu pour qu’il nous débarrasse des sacoches afin que nous arrivions tous légers à Toulouse ?! Aussitôt dit, aussitôt fait ! Il est d’accord, il arrive. Mais nous dépassons Montastruc-la-Conseillère (quel drôle de nom, j’aime bien ! D’où vient ce nom, d’ailleurs ? Je me souviens qu’une artiste y habite mais nous n’avons pas le temps d’y aller !),

puis Garidech et Manu n’arrive toujours pas. Ce n’est qu’à Saint-Jean-l’Union qu’il nous appelle, ils sont là, tout près ! Antoine « court » devant et moi, péniblement loin derrière. Ils sont « sous » le supermarché. C’est vrai qu’il est un peu en hauteur, dessous c’est le parking. Je fais le tour, je ne vois personne. Le téléphone sonne à nouveau. Antoine est déjà avec eux. Ils sont sur la route. Antoine accourt, à pied, à ma rencontre. S’ils ont été si longs c’est que Manu est allé chercher Elsa qui elle-même est allée chercher Zoé chez la nounou. Je suis contente de tous les retrouver. Contente aussi de m’alléger ! Antoine part devant, rapide comme l’éclair. Je roule, je roule, je roule, je roule, puis au bout d’un moment, je m’arrête. Où est Antoine !? Lui qui m’attend régulièrement, là, il s’est volatilisé ! Je reste un moment à ce carrefour, à l’entrée d’une piste cyclable. J’appelle, évidement il ne répond pas. Je repars. Très grand rond-point. Est-il allé tout droit, en direction du canal ou à gauche, comme me le conseille un cyclo ? Je rappelle sur le portable et c’est… Elsa qui répond ! Soi-disant Antoine n’avait pas de place pour le ranger. Et là où il met son appareil photo ? Bref, il ne l’a pas, est injoignable. Je ne sais pas où il est. Manu part à ma rencontre avec le camion. Nous mettons le vélo dedans et partons par où Manu a vu Antoine pour la dernière fois, c’est-à-dire qu’il a continué tout droit en direction du canal.

Pour ma fierté personnelle j’aurai aimé arriver jusque chez Elsa et Manu à vélo… mais l’honneur est sauf, puisque j’ai fait 110km et que je suis allée jusqu’à Toulouse par mes propres moyens. Alors je guette du haut de mon siège si je ne vois pas Antoine sur la piste le long du canal. Pas facile, la visibilité n’est pas toujours très bonne à cause des ponts, arbres et arbustes. Le téléphone sonne, fini de s’inquiéter… Antoine est arrivé à Ramonville-Saint-Agne, chez sa sœur ! Entre temps une autre mission nous incombe : récupérer le badge du camping où Roland va rentrer la caravane ce soir.

Il arrivera très tard, retenu par un embouteillage causé par un camion de transport de grumes, éparpillés sur l’autoroute. Nous mangeons et nous dormons chez Elsa et Manu. Contente d’être arrivée mais énervée qu’Antoine ne m’ai pas attendue. Lui a fait 123 kilomètres aujourd’hui et à cause de lui je ne suis pas allée au bout. Tant pis, c’est déjà bien d’être arrivée à Toulouse et d’avoir parcouru 526 kilomètres en 6 jours.

A vélo de Lyon à Toulouse

Nous avons traversé de nombreux départements : Rhône, Loire, Haute-Loire, Lozère, Aveyron, Tarn, Haute-Garonne.

Rédigé par Martine Silberstein

Publié dans #Journal de voyage à vélo

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