Le Puy-en Velay Mont-Gerbier des Joncs Grigny

Publié le 8 Juin 2015

Le Puy en Velay- Mont Gerbier de Jonc- Grigny à vélo 2008

L’an dernier, nous avions expérimenté, Bernadette et moi, le cyclo-camping en autonomie.

Une belle expérience, que nous étions prêtes à renouveler.

Nous avions décidé de faire un parcours en démarrant du Puy en Velay. Nous nous sommes fortement inspirées, pour ce faire, d’un site trouvé sur Internet en tapotant « randonnée à vélo en Haute Loire », tout simplement. Le site s’appelle « le midi de l’auvergne ». Et nous les remercions bien de leurs circuits.

Nous sommes donc parties le vendredi à vélo de chez nous, mais sereinement cette fois, mon vélo ayant été révisé, mon porte bagage renforcé et mon harnachement bien fixé sur le sus dit porte bagage.

Nous avons rejoint la gare de Givors. Le train nous a emmené jusqu’à la gare de Saint Etienne Châteaucreux. Là, point de passerelle ni d’ascenseur pour rejoindre le quai de notre correspondance. Contraintes donc de hisser sur l’escalator un vélo bien lourd, surtout à l’arrière nous voilà arrivée à la hauteur de la rue. Heureusement une jeune femme m’a aidée en soutenant le vélo par l’arrière tandis que je le maintenais difficultueusement à l’avant. Comme d’habitude, je me demande comment font les personnes en fauteuil roulant ou les parents, seuls, surchargés et avec un enfant en poussette ?

Nous arrivons juste à temps. Un peu plus, nous rations le train pour notre destination, le Puy en Velay.

Dans le TER

Dans le TER

Dans le train, nous nous prenons mutuellement en photo. Elle avec son portable, moi avec mon appareil numérique. Elle passe un bon moment au téléphone pendant que son vélo se casse joyeusement la figure, aidé en cela par les trépidations du train. Nous passons dans des villages que nous reverrons par la suite, assises non plus sur des banquettes de train mais sur des selles de vélo. A propos de train et de siège, ce deuxième train est bien plus agréable que le premier, surtout pour les voyageurs assis entre deux compartiments. Les fenêtres sont bien plus larges et permettent une meilleure vision.

Nous côtoyons des marcheurs qui, l’an passé nous expliquent avoir pèleriné jusqu’à Saint Jacques de Compostelle (en quatre mois, ils sont retraités) ; et qui cette année suivent le chemin que Stevenson avait emprunté avec son âne.

Arrivées à notre destination finale nous satisfaisons un besoin naturel puis nous enfourchons nos montures, direction Vals-près-le-Puy, puis Dolaison, Saint-Christophe-sur-Dolaison, Les Baraques.

Petit arrêt photo à Solignac car un ami de mon conjoint porte ce nom. Le village de ses ancêtres ? Je suis en admiration devant la nature prolixe ! Toutes ces fleurs, toutes ces couleurs, ce foisonnement de formes ! Il faut dire que l’eau n’a pas manqué ! Nous avons beau être en juillet, l’on pourrait se croire au printemps, tant les fleurs sont nombreuses.

Après Agizoux, nous faisons une pause pour descendre voir la cascade de la Baume. Elle est auréolée d’une jolie légende : « Une jeune châtelaine se promenant au bord de l’eau cru voir le diable se reflétant dans l’eau. Elle en est devenue folle. En fait, c’était le petit chevrier du village. Le seule remède dit-on à son père, était de l’eau froide sur la tête de sa fille. Le chevrier se proposa alors de la guérir. Il l’entraîna au bord de la cascade. Là, il lui fit croire que la sainte vierge se reflétait dans l’eau. Elle se pencha et il la tira par la main, et saute avec elle, dans le bassin, tout en bas. La main de la sainte vierge les retint dans leur chute, ils arrivèrent doucement dans l’eau. Elle fut guérit. Et ce fut la seule fois qu’un chevrier épousa une châtelaine ! »

Cascade de La Baume

Cascade de La Baume

Le Brignon.

Hier soir, je me suis lavée, une bonne douche. Mais ce matin, non. Et les mouches sont nombreuses à se presser autour de moi…ce qui fera dire à Bernadette (qui elle, prend deux douches par jour, même quand le matin, elle s’apprête à faire plus de quatre vingt kilomètres ; ce qui, pour moi, ruinent dix minutes passées à se laver avec du bon savon parfumé sur tout le corps qu’il n’y a que moi qu’elles suivent, pas elle ! Et cela nous fait rire !

Bessarioux, Ussel. Dans ce village, une belle et très vieille église avec un clocher peigne (XIIe siècle). Nous en verrons d’autres, au même clocher. Une fontaine que j’ai prise en photo, avec, en arrière plan un puits grillagé. Là, nous continuons notre route. Mais ce village, Ussel, porte le même nom qu’une ville beaucoup plus importante, d’où une certaine confusion car nous ne nous repérons pas du tout sur la carte. Je me souviens d’un timbre représentant cette ville. Je l’ai eu, enfant, et je l’ai toujours dans ma collection. Après Ussel, nous avions en effet imaginé prendre direction Arlempde, puis Vielpierat, puis, par de toutes petites routes, arriver au lac d’Issarlès. Mais, sur la carte, cet autre Ussel nous a trompées ! Nous prenons cependant sur la droite, imaginant qu’un panneau indicateur nous remettrait dans le droit chemin. Hélas ! Nous sommes obligées d’abdiquer et faisons demi-tour.

C’est à Goudet que nous pique-niquons au bord d’une rivière ; nous sommes nichées dans un buisson. J’ai chaud, je profite qu’aucun regard indiscret ne nous épie, j’enlève tout et je me glisse dans l’eau très peu profonde. Quel bonheur cette eau fraîche ! Bernadette sort les carottes râpées faites maison, le fromage, les saucissons briochés qu’une amie a gentiment confectionné. Quel régal ! Je sors le pain, acheté en route, dans une boulangerie où la patronne (l’employée ?) n’était pas très aimable… Nous lui avions pourtant pris du pain et des gâteaux ! Dans ce village passent de nombreux pèlerins en route pour Compostelle et, devant la boutique, un grand récipient accueille les cannes de ces marcheurs. D’ailleurs, ils sont là, et font connaissance tout en dégustant, eux aussi, une pâtisserie maison.

C’est à Goudet que nous pique-niquons au bord d’une rivière ; nous sommes nichées dans un buisson. J’ai chaud, je profite qu’aucun regard indiscret ne nous épie, j’enlève tout et je me glisse dans l’eau très peu profonde. Quel bonheur cette eau fraîche ! Bernadette sort les carottes râpées faites maison, le fromage, les saucissons briochés qu’une amie a gentiment confectionné. Quel régal ! Je sors le pain, acheté en route, dans une boulangerie où la patronne (l’employée ?) n’était pas très aimable… Nous lui avions pourtant pris du pain et des gâteaux ! Dans ce village passent de nombreux pèlerins en route pour Compostelle et, devant la boutique, un grand récipient accueille les cannes de ces marcheurs. D’ailleurs, ils sont là, et font connaissance tout en dégustant, eux aussi, une pâtisserie maison.

Pique nique à Goudet

Pique nique à Goudet

Après Goudet, nous repartons, cette pause rafraîchissante et reconstituante nous a donné du courage. Mais l’orage gronde au loin. Nous ne sommes pas prudentes, mais, que faire ? Nous arrêter, attendre qu’il passe ? Renoncer donc à une partie de notre périple ? La route monte, nous n’avançons pas très vite. Eclairs, tonnerre, il se rapproche et nous avons peur. Pourtant, infatigablement, nous pédalons. Tout à coup, les nuages se vident, s’essorent sur nos têtes. Le bitume, chaud, renvoie toute cette eau en un jaillissement tiède qui inonde nos jambes, nos pieds. C’est même agréable. Il est 15 heures.

Salette, nous n’avons plus d’eau dans nos gourdes, il va falloir trouver à les remplir car la pluie n’empêche pas la soif ! Bernadette, avec sa magnifique cape jaune essaie de remplir son bidon au filet d’eau d’une fontaine. Mais, las, elle se remplit d’un liquide maronnasse peu engageant ! Ce qui est étonnant, c’est que cette fontaine est en partie couverte par une petite avancée avec, au fond, une boîte à lettres ! C’est celle du club de pétanque local ! Le terrain est juste au bord de la route.

Il pleut toujours autant. Nous trouvons un village, Issarlès, où nous nous arrêtons. Un village et deux bistros. Nous choisissons le second. Les consommations ne sont vraiment pas chères ; quatre euros quatre vingt pour trois sirops à l’eau gazeuse du coin, l’Arcens, et un verre de cette eau, sans sirop !

L'eau de la fontaine de Salette est sale !

L'eau de la fontaine de Salette est sale !

Les gars du pays, s’étonnent que nous n’ayons pas eu la grêle pourtant tombée ici en grande quantité. Nous leur demandons s’ils connaissent un camping, pas trop loin d’ici. A Sainte Eulalie, il existe un camping municipal. Nous leur demandons l’annuaire, afin de vérifier qu’il est bien ouvert. Quand à la place, nous ne nous faisons pas trop de souci, notre minuscule tente trouvera toujours un petit emplacement ! L’un des messieurs me tend un annuaire de l’Ardèche. Bernadette s’aperçoit alors que nous avons changé de département ! Depuis quand ? Nous avons regardé la carte et nous nous sommes aperçues que nous venons à peine de franchir la « frontière ». Sympa, le monsieur, mais il nous a donné l’annuaire avec les pages blanches. J’aurai préféré les jaunes ! En fait, l’Ardèche est un petit « pays », et contrairement au département du Rhône où il y a deux bottins, il suffit ici de retourner l’annuaire pour avoir les pages jaunes de l’autre côté. Nous téléphonons au camping, il est ouvert et nous attend.

Avant de repartir nous faisons remplir nos bidons.

Bien hydratées, nous repartons en direction du Béage. Nous voyons effectivement des paquets de grêlons amassés tout au long des fossés.

De la neige ? Non, des grêlons !

De la neige ? Non, des grêlons !

Nous passons près de l’embranchement indiquant le lac d’Issarlès où nous pensions au départ bivouaquer. La difficulté, lorsque l’on crée ce genre de circuit, c’est qu’on le fait chez soi, au chaud, et qu’il est difficile de prévoir les difficultés, la météo, la fatigue. Alors on se dit, tiens, j’aimerai bien dormir au bord de ce lac. Mais nous n’y dormirons pas, c’est trop tôt, nous pouvons rouler encore. Puis nous cherchons la direction le Béage.

Nous arrivons au village de Sainte Eulalie. C’est notre première étape. Aujourd’hui, nous avons fait quatre vingt cinq kilomètres.

Le camping est tout petit. Nous pouvons mettre nos vélos à l’abri de la pluie : l’un sous l’avancée de toit de l’accueil, l’autre dans les sanitaires qui sont vastes. Nous déployons la tente, la fixons. Une bonne douche bien chaude. Nous pouvons nous installer dans les sanitaires pour faire sécher nos vêtements, mais aussi pour faire notre repas, entre deux éviers. La soupe est appréciée à sa juste valeur, et nous finissons le saucisson brioché. Une tisane bien chaude, et au duvet ! Il faut croire que nous avions besoin de tout ce liquide car ce n’est que vers le petit matin qu’un besoin pressant nous a réveillées. La tente goutte un peu à l’intérieur, c’est de ma faute car j’ai appuyé sur la toile en me recouchant.

Ce village a un joli nom, Sainte-Eulalie, il sonne bien. C’est le nom d’une martyre, du temps des combats entre catholiques et protestants, elle a eu les deux seins coupés ! C’est la charmante saisonnière du camping municipal qui nous a donné cette information.

Il fait beau, c’est le matin, nous mettons la tente à sécher sur la barrière de l’entrée. Un monsieur prédit qu’il y aura à nouveau, et très rapidement des orages. Le mari de Bernadette, nous en annonce même un pire qu’hier. Je n’en crois rien, je suis optimiste.

Samedi matin, beauté de la brume qui enveloppe la petite vallée avant l’embranchement de la route en direction du Mont Gerbier de Jonc !

Nous voyons un hérisson écrasé. Puis, quelques kilomètres plus loin, un autre. Bernadette, théâtrale, en bonne raconteuse d’histoires, se fait une petite voix et délire sur les hérissons, mari et femme, morts tous deux sur la même route. Beaucoup plus loin, je verrais un minuscule hérisson, écrasé lui aussi. Mais elle, ne l’a pas vu. La suite de l’histoire, Bernadette !

Arrivées en haut du Mont Gerbier de Jonc, nous avisons un cycliste. Il est arrivé par les Estables, là même où nous allons passer en redescendant. Nous lui demandons s’il peut nous photographier ensemble, devant le panneau indiquant ce sommet. Il prend une photo puis se propose d’en prendre une seconde où l’on nous verra mieux. J’appuie sur le zoom afin qu’il puisse s’éloigner un peu et avoir une vue d’ensemble. Ce n’est que le lendemain, en visionnant les vues que nous nous sommes aperçue… qu’il n’avait rien pris en photo ! A-t-il au moins appuyé sur le déclencheur ? Ou a-t-il effacé ces photos ? Nous ne le saurons jamais !

Arrivées à la hauteur de la source de la Loire, nous nous arrêtons à nouveau. Je laisse Bernadette y descendre seule pendant que je garde nos montures. Je suis déjà descendue dans cette ferme lorsque j’ai fait l’Ardéchoise. Je confie mon appareil à ma coéquipière, lui laissant le soin de photographier la pancarte.

Le Puy-en Velay Mont-Gerbier des Joncs Grigny
Photo mystère

Photo mystère

Nous faisons halte aux Estables où l’an dernier j’avais dormi dans un centre de vacances, étape de l’Ardéchoise. Au petit supermarché nous achetons pain d’épice, tomates et pâtes. Nous sommes prévoyantes. Qui sait si, en route, nous trouverons une épicerie ? Nous nous souvenons de notre étape l’an dernier à Annonay, le ventre creux et les sacoches vides. Heureusement la solidarité avait joué le jeu entre campeurs. La fringale nous fait attaquer immédiatement le pain d’épice.

Puis nous nous rendons à la boulangerie où la foule est nombreuse. Pendant que Bernadette se met à la suite de la queue, j’observe et je photographie les doubles portes et doubles fenêtres en verre, protections indispensables contre les hivers vigoureux. Ici, c’est une modeste station de ski. Mon acolyte ressort avec du pain et deux gâteaux, création « maison » que le boulanger a appelée « moisson ». Excellents ! Des griottes sont au milieu, ils ressemblent, par leur aspect à des viennoiseries, caramélisés, miam, nous nous en léchons les babines.

Les Estables. Il doit faire froid, les portes sont à double vitrage.

Les Estables. Il doit faire froid, les portes sont à double vitrage.

Revigorées, nous repartons en direction de Moudeyres. Nous nous rendons compte que nous sommes revenues en Haute Loire aux panneaux, sur la route, demandant aux automobilistes de garder leurs distances vis-à-vis des cyclos. En réalité, en regardant la carte, on peut voir que c’est entre le Mont Gerbier de Jonc et les Estables que nous avons quitté l’Ardèche.

Après Les Estables, je photographie une ferme ancienne de toute beauté ! Le toit de chaume, l’entrée encadrée par de drôles de murs en escaliers, magnifique ! Si nous étions arrivées par l’arrière, nous ne l’aurions même pas remarquée.

Ferme au toit de chaume

Ferme au toit de chaume

Moudeyres, Lausonne, Lantriac, Brive-en-Charensac. Revoilà la « civilisation » avec tous ces supermarchés ! Et nous revoilà au Puy-en-Velay ! Cheyrac.

Après t’avoir vu naître, petite Loire, nous suivons maintenant tes gorges (par la route touristique), et te suivrons encore bien longtemps avant de te quitter à Unieux. A la hauteur de Chaspinhac nous nous arrêtons dans l’intention de demander de l’eau pour laver nos tomates. Une dame entre chez elle et ressort … une bouteille d’eau minérale à la main ! Touchées par tant de gentillesse, nous ne pouvons que la remercier !

Le château de Lavoûte-Polignac nous attire, et, s’il faut monter la côte à pied, nous la monterons ! Nous sommes passées devant cette belle bâtisse, en train, le premier jour. Il se visite, mais ce n’est pas la bonne heure. Reçues froidement par madame (la baronne ? la comtesse ? la duchesse ? ou la… concierge ?) qui promène son chien : « Vous ne laisserez rien traîner !! » Sous entendu, c’est l’heure du repas, on a l’habitude des cyclistes de votre espèce ! Nous repartons car, vu d’ici il n’y a rien à voir. La photo nous la prendrons d’un peu plus bas. En contrebas, un autre château dont on n’aperçoit que les tours effilées.

Il fait toujours beau. Après être passées près d’une belle ferme fortifiée, nous décidons de nous arrêter pour casser la croûte. Nous voulions nous restaurer après la montée, car repartir sur une côte après manger, ce n’est pas très bon pour la digestion. En vain, la descente n’arrive pas ! Au bord de la route, de l’herbe, des arbres, nous avons faim, il faut manger, nos estomacs nous le disent.

Nous repartons, c’est difficile, ça monte et…voilà quelques gouttes. Bon, ce n’est pas méchant ! Mais l’eau tombe peu à peu plus dru. Comme hier, à la même heure, ou presque, il est 15h30.

A Chamalières, je prends en photo une bien jolie maison, avec une tour.

Retournac, Beauzac.

Nous pensions faire étape à Aurec car un homme, à Cheyrac, nous avait indiqué un camping sympa. Il nous avait aussi dit que, jusqu’à cette ville, mis à part une bonne côte pour sortir de Cheyrac il n’y avait pas ou très peu de côtes. On l’a cru car il nous a dit qu’il faisait lui-même du vélo. Mais, avec la rétrospective, je pense qu’il devait faire du vélo… moteur ! Ou alors il est très bon dans les côtes ! !

Finalement, nous en avons assez et plus qu’assez de rouler sous cette pluie diluvienne. Il pleut comme « vache qui pisse » ! Nous décidons de nous arrêter dès que nous trouverons un hôtel. Bas-en-Basset nous tend les bras. L’ « hôtel-restaurant de la Loire » est ouvert, bien que, au départ, difficile d’accès : une « piscine » s’est formée devant l’entrée. Nous la franchissons, de toute façon, mouillées pour mouillées… Il ne leur reste qu’une chambre. Nous remercions ces hôteliers, monsieur et madame Cottier. Ils ont bien voulu de deux cyclotes détrempées dans leur hôtel, Non sans avoir pris la précaution de nous avancer une chaise dans le vestibule où poser nos hardes trempées. La chambre nous convient, de toute façon nous n’avons pas le choix !

Les hôteliers nous ont demandé si nous prenions notre repas du soir dans leur restaurant. Nous déclinons, l’offre prétextant une grosse fatigue. Et pour le petit déjeuner ? Non, merci, nous le prendrons demain, en route. Ils ont fermé les yeux sur notre repas et notre petit déjeuner clandestins, abritées sous l’auvent de la petite terrasse. A notre demande, et bien que nous soyons en été, ils ont accepté de mettre en route le petit chauffage électrique de la salle de bain afin que nos vêtement puissent un peu sécher.

Nous avons apprécié notre prévoyance ! Nous avons soupé de pâtes et de pain d’épice. C’était excellent !

La pluie s’est calmée. Je laisse Bernadette à ses conversations téléphoniques et en profite pour visiter le parc, immense ! Un étang l’agrémente. A mon approche, les canards s’envolent. L’eau est proche : ruisseau, étang à l’extérieur du parc, sans compter toute celle qui est tombée du ciel. Dans l’herbe, cinquante escargots sur dix ou vingt mètre carrés (je les ai comptés) ! Un peu plus loin, des paons et des poules dans une volière. Et derrière, un immense potager. C’est sans doute là que le cuisinier se sert.

Aujourd’hui nous avons fait cent kilomètres.

Si demain il pleut, nous irons à Saint Etienne, puis, de là, nous prenons le train ! Le vélo doit rester un plaisir, pas une torture !

Dimanche matin : le ciel est gris mais il ne pleut pas. Tout à coup je me souviens que, même s’il pleuvait plus, nous ne pourrions pas prendre le train à la gare de Saint Etienne ! UN SMS de la SNCF reçu le 15 juillet m’avertissait de travaux et du remplacement des trains par des autocars. Quelle guigne !

Nous nous arrêtons à Aurec car à l’entrée du village est apposée une pancarte : « marché le dimanche ». Le charcutier ambulant est disert. Pendant que Bernadette achète pain et abricots, il m’informe qu’il fait tous ses produits lui-même. Les habitants d’Aurec, mais aussi de Lyon (il va deux fois par mois au marché de la Croix Rousse) ont, dit-il, bon goût et un meilleur pouvoir d’achat. Ils aiment ses charcuteries faites maison ; pas comme ces dames de la ville (laquelle, des noms ?) qui préfèrent les produits emballés sous vide des supermarchés.

Puis, en attendant Bernadette (en fait, elle aussi m’attend auprès des vélos mais je ne la verrais qu’après !) je joue les badaud auprès de deux jeunes ambassadrices de « SOS Loire vivante, European Rivers Network et Le Puy en Velay-la ville-» qui font la promotion pour les économies d’eau. Elles exposent, à qui veut bien les entendre des explications sur un aérateur adaptables sur le robinet. L’explication est laborieuse mais la démonstration lumineuse !

Nous repartons. Je vois un chat écrasé. Quel dommage, il avait une si jolie couleur ! Bernadette qui me rejoint me fait alors remarquer, une larme dans la voix : « tu as vu, ce si joli renardeau, écrasé ? ». Ce n’était donc pas un chat ! Il est vrai que je n’avais pas vu sa tête, tournée de l’autre côté.

A Unieux, au bord de la route, en miniature est reproduit le pont à côté duquel nous venons de passer.

Nous nous arrêtons à Roche-la-Molière. Arrêt technique. Je trouve un patron de bistrot qui accepte de laver notre kilo d’abricots. Puis nous repartons.

Beaucoup de difficultés pour trouver notre route à l’entrée de Saint-Étienne. Les routes sont réservées aux voitures et interdites aux vélos. Nous interceptons un cyclo qui file à vive allure et nous aide à trouver notre chemin dans le dédale de la ville. Nous en interrogerons un autre, pas la suite.

Mon idée première était de rejoindre Grigny en passant par La Fouillouse, Saint Héand, Fontanès, Grammond, Marcenod, Sainte-Catherine (je connais cette route, je la fais quand je me rends dans la Loire, chez mes beaux-parents).

Mais Bernadette renâcle. Alors nous passons par Sorbier, La Talaudière (ou je lui apprends qu’il y a une prison). Nous trouvons cette ville particulièrement bien fleurie ! La route arrive à Saint-Chamond et Bernadette apprécie beaucoup cet itinéraire qu’elle ne connaissait pas.

L’arrivée et la fin de notre périple sont proches. Nous avons faim et nous nous arrêtons sur un banc, au bord de la route, à Grand-croix. Et là, quelle n’est pas notre surprise de voir trois TER passer. Un dans un sens, les deux autres dans le sens inverse !

Lorette. Un peu plus loin je fais arrêter Bernadette à la gare de Rive-de-Gier, je veux en avoir le cœur net : demain, je peux ou je ne peux pas aller à Lyon en train ? Serais-je obligée de prendre le car, comme le SMS du 15 juillet me l’a indiqué ? Bon, les trains circulent normalement encore une semaine entière. Après, je suis en vacances !

Là, je fais découvrir à ma comparse, tout près de chez nous, les vestiges de l’ancien canal qui permettait l’acheminement du charbon de Rive de Gier à Givors au lieu dit de « la roche percée ».

Vestige du canal de Rive-de-Gier à Givors

Ce dernier jour il n’a pas plu et c’est sous le soleil que nous arrivons.

Deux cent soixante dix kilomètre au total, soit quatre vingt cinq le troisième jour.

Rédigé par Martine Silberstein

Publié dans #Journal de voyage à vélo

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