ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Publié le 27 Mai 2014

(Les fiches que nous a envoyées l’office de tourisme de Genève nous ont bien aidés dans ce périple !)

L'an dernier nous avions emprunté la ViaRhôna à partir de Chanaz

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Samedi 27 juillet 2013

Départ pour une grande randonnée à vélo avec Antoine, treize ans ! Nous enfourchons nos vélos, pour nous rendre, de bon matin à la gare de Givors. Les sacoches sont pleines. Le guichet, à cette heure (à sept heures) est fermé. Je ne prends de billet que jusqu’à Lyon. Quelle galère pour descendre ces vélos si lourds et si chargés dans les escaliers ! Et les remonter après être passé sous les voies. Complètement inaccessible aux personnes en fauteuil roulant, cette gare !

Antoine a oublié ses lunettes de soleil à la maison. Allô papa ? Roland nous les apporte et attend avec nous que le train arrive.

Le train nous emmène à la gare Part-Dieu. Je prends les billets pour Genève. Après une demi-heure d’attente dans la gare où nous profitons pour prendre un second petit déjeuner, nous montons dans le train qui nous emmène à la capitale francophone de la Suisse. Dans ce train, un couple, eux aussi munis de leurs vélos … et d’un sac à dos chacun ! Je leur en fais la remarque ; Non, ils ne font pas la ViaRhôna, ils ont réservé un voyage organisé rien que pour eux. Ils sont à vélo et ils voyageront léger puisque leurs bagages seront transportés d’un hôtel à un autre. Ils font le circuit des lacs. On leur a assuré que l’eau serait suffisamment chaude pour s’y baigner ! Elle porte un tee-shirt « Courir pour elles », une course en faveur de la prévention du cancer du sein et travaille au Conseil général du Rhône comme informaticienne, dans les locaux de la cité de l’enfance. Nous arrivons à Genève à 10h30.

Sortir de la gare et trouver la ViaRhôna. Nous demandons notre route à des policiers. Mais ils nous indiquent soit une sortie par escalier, soit par escalator. Catastrophe ! Nous trouvons finalement une sortie en pente douce. Est-ce le bon itinéraire? Pas souriants ni sympas ces passants ! Certains détournent même le regard, comme pour ne pas nous voir et donc ne pas répondre à notre question. Nous nous faisons finalement confirmer que c’est une sortie possible.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Puis une dame à vélo nous indique que Genève est en chantier et qu’il faut passer par un autre itinéraire que celui indiqué sur notre dépliant. Nous arrivons au lac Léman et son immense jet d’eau.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Surprenant! Il est écrit: je suis un joueur de bonneteau, ATTENTION je suis un VOLEUR (avec sa photo)

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Puis nous commençons à longer, sur un cheminement sympa un Rhône bien jeune, étroit et bouillonnant… une rivière dans laquelle s’ébattent des baigneurs. Antoine s’arrête souvent pour prendre des photos. D’autres baigneurs se dorent au soleil sur des promontoires en ciment recouverts de bois, des solariums faits tout exprès pour eux.

Les panneaux indiquent, non pas ViaRhôna mais Du Léman à la Méditerranée. Puis un peu plus loin, un parking et mystère ! où est la piste cyclable ? Pas âme qui vive.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Si, quelqu’un. Il n’est pas de Genève, ni même Suisse, il parle à peine français. Il n’en sait pas plus que nous… Un panonceau indique qu’il faut aller à droite. Au début, ça va, mais un tronc d’arbre couché nous barre le passage. Antoine passe par-dessus sans trop de difficulté. Mon vélo est plus gros, plus grand, plus lourd, ça se complique. Combien pèse t-il ? J’abîme la sonnette et me fait mal au mollet avec la pédale. Et là ce n’est plus possible. Nous devons rebrousser chemin. La peur de ma vie ! C’est un sentier piéton en dévers, accroché à la falaise, le Rhône est en contrebas. Un passage, passerelle faite de troncs ne tient que par miracle et quelques clous. Avec nos vélos lourds comme des ânes morts, le demi-tour est périlleux ! Nous revenons sur la route. Nous redemandons notre chemin, sans plus de succès. Bon, logiquement, si ce n’est pas à droite, c’est que c’est… à gauche ! Gagné ! Les balises de la piste sont plus loin. Ça monte et Antoine n’est pas bien familiarisé avec ce vélo, il déraille deux fois et fini par jeter son vélo aux orties, gueulant tout ce qu’il sait ! Je suis patiente, c’est le début, et ça ne sert à rien de s’énerver. Je monte sur son vélo et constate, qu’effectivement le passage de vitesses pose problème alors que justement, dans la perspective de cette rando je l’avais fait réviser. Dès que nous serons rentrés je téléphone au mec pour l’engueuler ! Je remets la chaîne, je roule un peu avec son vélo (il me semble si léger, à comparer avec le mien !), puis reviens vers lui. Il remonte dessus. Tout va bien. Il râle toujours mais pédale. Vlan ! ça recommence ! Il en a vraiment marre. Espérons que tout aille mieux ensuite… Et c’est reparti. Arrivés tard dans la ville, il est déjà l’heure du casse-croûte. Un petit square au milieu d’un quartier tranquille, fait de maisons entourées de petits jardins. Il y a même des arceaux pour les vélos. Assis sur l’herbe, à l’ombre d’un arbre, c’est notre premier repas en liberté ! Tomates et concombres des Potagers du Garon. Pâtes. Sardines, pour les protéines. Fromage et abricots bien mûrs.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Et c’est reparti ! Si nous roulons, bien vers 15 heures, nous serons à Seyssuel où mon père viendra nous rendre visite. Le ciel est d’un bleu alpin. Notre route reprend, toujours au travers de petites maisons de ville. Hésitants, nous demandons notre chemin. Là non plus, les habitants ne savent pas nous renseigner alors que, pourtant, la ViaRhôna passe dans leur lotissement. Nous trouvons le panneau un peu plus loin. Nous quittons Genève. Il fait une de ces chaleurs ! Des villages, très mignons, fleurs au balcon. Ça monte et ça descend. Il fait chaud. Les fontaines et les lavoirs nous appellent. Pas seulement pour remplir les bidons mais pour nous baquer. D’abord les pieds (je suis en sandale, Antoine en basket/chaussettes, tant pis), puis le casque sont trempés dans l’eau très froide.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Antoine quitte son tee-shirt et l’imbibe d’eau froide. Puis nous nous mouillons tout le corps, accroupis dans l’eau, nous dégoulinons. Mais nous séchons aussi très vite. Et nous nous retrempons un peu plus loin après un moment. Nous roulons au milieu de vignobles. J’ignorais que la Suisse était productrice de vin.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Le barrage de Verbois est en travaux, les voitures, et même les piétons et les vélos ne peuvent traverser le Rhône ici.

Pourquoi "attention aux castors", ils sont méchants ?

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Les Suisses (re)construisent ! Nous prenons donc le chemin qui suit le fleuve. Toilettes sèches pour les promeneurs. Puis le chemin est barré, réservé aux piétons, interdit aux cyclistes. C’est la réserve naturelle des Teppes où l’on peut voir des oiseaux. Le chemin passe d’abord entre les champs et rejoint une forêt et là, les choses se corsent… C’est un chemin très pentu, raviné par les pluies, couvert de cailloux petits et gros, surtout. Bref, très rapidement, impossible de pédaler ! Nous sommes chargés et loin d’être des pros du VTT ! Le pied posé par terre, il faut pousser ! Et là, très vite, Antoine craque. Trop lourd, trop pentu, trop dur, quoi ! Et pourtant pour qui sait ouvrir les yeux le paysage est agréable : un ruisseau, une petite cascade, un gros arbre derrière lequel se trouvent les vestiges d’une construction en pierre.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Une belle forêt où nous sommes à l’abri de la chaleur. Mais non ! Il jure comme un charron, râle, gueule, m’engueule, se plaint et, pour finir jette une fois de plus son vélo à terre. J’ai beau essayer de discuter, lui dire qu’au bout de ce chemin il y a la route, et que, de toute façon, comme nous suivons le Rhône, impossible de se perdre. Rien n’y fait ! Pour finir, il lâche un « Toi et ta soit-disante intuition féminine… », s’assoit par terre et ne veut plus bouger. Bon, inutile de s’énerver… je ne dis plus rien et continue mon chemin, bien décidée, une fois tout en haut (je ne vois pas où le chemin aboutit) et un peu plus sûre que je ne me suis pas trompée (je lui dis que je suis sûre de moi mais j’ai quand même un doute et crains, qui sait ? de lui, de nous, faire faire ce chemin inutilement –et s’il fallait faire demi-tour ?) à poser mon vélo et à venir le rechercher à pied. Arrivée sur le plat, je laisse mon vélo et demi-tour ! Qui ne vois-je pas au détour d’un virage ? Mon Antoine, vaillant, ahanant et poussant son vélo… Il est courageux et n’a pas renoncé ! Bravo à lui ! Et ça remonte, pauvres de nous…

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Nous arrivons, de fait, à la route tant attendue. Le Rhône est toujours là. Une jolie descente. Et voilà mon Antoine heureux ! La route et la vie sont belles. Oubliés les tracas et les difficultés.

Et nous arrivons à la frontière à Chancy. Avant c’est la Suisse, après, c’est la France. S’il n’était cette pancarte, je ne verrais pas la différence !

Cette fois, même si ça monte régulièrement pendant onze kilomètres, à l’ombre, de surcroît, Antoine pédale gaiement, à au moins un kilomètre devant comme ce sera à chaque fois le cas pendant cette randonnée. Je pédale longtemps avant de le voir sur le côté, fier d’être arrivé avant moi !

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Une idée a germé. Et si nous allions dormir à Annecy en laissant nos vélos au camping de Seyssel ?!

Plus loin, vers Usinens, nous devons faire demi-tour. Ces petits dépliants sont bien pratiques ! Et ensuite, une descente vertigineuse (plus de dix pour cent), (du vent dans les cheveux !), nous ramène au Rhône.

Nous sommes arrivés au camping de Seyssel. Nous y revoyons le petit groupe de cinq personnes croisé au bord d’un chemin. L’un des jeunes est trisomique. Le propriétaire est d’accord (nous proposons de payer) pour stocker les vélos en attendant notre retour demain. Les vélos seront en sécurité. J’avais appelé mon père un moment avant pour le prévenir de notre arrivée imminente.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Je trie un peu les sacoches car je n’emmène pas tout à Annecy. Nous prenons une douche avant que mon père n’arrive, mangeons et buvons un coup au bistrot du camping. Je vais ensuite nager un peu à la piscine. Mon père a mis une heure pour venir nous chercher...et nous mettrons une heure pour nous arriver à Annecy.

Dimanche 28 juillet

Deuxième étape. Ce matin mon père nous ramène au camping de Seyssel, une heure de route.

Hier le patron du camping nous avait dit que la réception ouvrait à 9 heures. Il est 9 heures quand nous arrivons. Le panonceau de la réception affiche une ouverture à 9h30. Mon père repart chez lui, encore une heure de route. Entre hier et aujourd’hui, mon pôvre papa a fait quatre heures de route pour nous ! Il est vraiment très sympa ! Mamé a été très heureuse de nous recevoir, de voir Antoine qu’elle n’avait pas vu… car quand ils sont passés à la maison, il était en Irlande.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Nous attendons le patron du camping. Antoine s’impatiente… « Quand le mec arrive, je le… ». Finalement le mec arrive à 10h ! Les vélos sont tellement en sécurité que même nous, nous ne pouvons y avoir accès ! Pour s’excuser de son retard, et après nous avoir fait payé 14€, il m’offre un café et un jus de pomme à Antoine qui, finalement lance « Trop sympa, ce mec ! ». Faut dire qu’ils font aussi resto et qu’il s’est couché fort tard hier soir. La semaine il accueille aussi des groupes de jeunes, comme une colo.

Ce n’est donc qu’à 11 heures que nous reprenons la route… Faudrait pas que ça devienne une habitude. Hier déjà nous n'avons décollé de Genève qu'à 10h30. A ce rythme, on n’avance pas ! Premier virage, premier raidillon pour accéder à la route, je me casse la figure par terre. Ma pédale me rentre dans la cheville, j’en suis quitte pour un bon bleu !

Moins de deux heures après notre départ nous cherchons déjà à faire des achats. En passant devant un jardin me vient l’idée de demander au propriétaire penché sur sa terre de nous vendre des tomates. Non, il n’en n’a pas. Il nous indique un voisin qui n’en a pas non plus. Par contre, nous passons devant un jardin extra-or-dinaire! Foisonnant de messages bibliques, doux dingue mélange de foi en des dieux de toute la planète, de proverbes, de maximes, de jeux de mots, de constructions et de collages, qui nous font un peu penser à celui du facteur Cheval.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013
ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013
ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013
ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013
ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013
ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013
ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Bon, pour trouver à manger, ce sera dans un magasin. Sur la route, nous devons tourner à droite, dans une rue plus tranquille mais Antoine file comme le vent, impossible de le rattraper. Je hurle tout en pédalant : « Aaaantoineeee ! Aaaantoineeee ! », rien à faire ! Un mec dans son champ, à côté de son tracteur écarquille les yeux. Il m’entend, lui, et ne comprend pas pourquoi je m’époumone ainsi… J’arrive enfin à le rattraper, je suis énervée, hors de moi. Et Antoine, qui ne comprend pas pourquoi je me mets dans cet état…

Nous doublons un homme, sac au dos, il marche d'un bon pas.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Nous arrivons à Serrières-en-Chautagne et là, nous trouvons ce qu’il nous faut : une superette. Nous achetons ce dont nous avons besoin : viande, fromage, conserve et soupe pour ce soir. Derrière, pas bien loin, un plan d’eau et même des toilettes ! Elle est pas belle, la vie ! Des familles pique-niquent, se baignent. Il y a même un jet d’eau au milieu du plan d’eau.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Mais, car il y a un mais, nous avons oublié le pain. Antoine retourne au magasin. Fermé ! Nous mangeons sans pain. Tant pis. Aux sanitaires il y a une sorte d’évier. La vaisselle propre réintègre les sacoches. Roland téléphone, inquiet. Il nous met en garde car une alerte orage a été annoncée. Un orage a touché Grigny, très impressionnant ! L’orage arriverait sur nous. Ciel bleu, nuages, ce n’est pas pour nous, pas dans l’immédiat en tout cas. Je rassure Roland. Nous empruntons un chemin forestier. Rectiligne, il longe la forêt domaniale de Chautagne. Et là, nous retrouvons notre homme, le randonneur. Dans un premier temps, il nous fait croire qu'il marche ainsi depuis le matin, sans jamais s'arrêter. Il se rend à Saint-Jacques. En fait, bien sûr, il a fait comme nous, une pause casse-croûte!

Après Chanaz et ses belles maisons du XVIe siècle, nous devons quitter la ViaRhôna à cause de la construction d’une mini centrale hydroélectrique.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

C’est la troisième fois que nous sommes détournés du droit chemin…Nous devons revenir sur nos pas. Nous avons encore seize kilomètres jusqu’à Belley ! Au loin, l’orage gronde. Nous passons devant un camping mais Antoine ne veut pas y dormir. Une dame nous dit qu’un gîte ne se trouve pas loin, juste après Belley. Nous poursuivons notre route. L'orage se rapproche. Il est là. Nous nous réfugions sous le pont de l’autoroute qui enjambe le Rhône. Nous retrouvons la dame qui nous avait indiqué le gîte. Pour elle il n'était pas loin, oui, mais elle n’a pas de sacoche ! Et même si ce n’est pas loin, nous roulerons assez longtemps avant d’y parvenir. Cette dame nous raconte qu’elle a déjà roulé en groupe sur la ViaRhôna jusqu’à Port-Saint-Louis et nous a bien fait rire en nous racontant que les moustiques, dans le delta, sont très nombreux. Elle avait été rassurée avant d’y arriver car une personne lui avait dit que, grâce aux chauves-souris, elle serait épargnée par les petites bêtes… mais de chauves-souris, point, en revanche, au matin, tous étaient couverts de piqûres urticantes causées par les vilains insectes !

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Le panneau en bois est bien placé et arrive à point nommé : « Gîte de Noël et Monique » suivi d’un numéro de téléphone. Je les appelle : ils ont une chambre libre ! Ils m’indiquent la route à suivre. En sortant de la piste cyclable, c’est à droite. Puis il faut entrer dans le premier hameau qui se trouve sur la gauche. Un cul de sac, des maisons, non, ce ne doit pas être ici. Nous rappelons. Il faut prendre la route et plus loin, tourner à gauche. Bon, mais nous avons beau pédaler, toujours sous la pluie, impossible de trouver la maison qu’ils nous décrivent ! Ça monte bien un peu, comme ils nous l’ont décrit, mais ce n’est toujours pas là… Je finis par comprendre, enfin ! Demi-tour sur la grande route et retour au hameau. Sur le côté, effectivement, une petite route, plate au début, qui monte pas mal ensuite. Nous nous trompons encore un peu car nous atterrissons… dans la cour d’une ferme au lieu de la contourner. Ce n’est pas ici non plus. En revanche, les habitants de cette maison connaissent le gîte et nous remettent bien volontiers sur le droit chemin.

Enfin nous y voilà ! L’accueil est chaleureux. Nous pouvons ranger nos vélos et leurs sacoches dans une grande salle, appuyés contre des tables sur lesquelles j’étale tout notre joyeux bazar afin d’y trouver des vêtements secs. Sur les chaises nous étalons nos vêtements mouillés et les housses des sacoches pour les faire un peu sécher.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Nous allons dans notre chambre prendre une bonne douche bien chaude et enfiler des vêtements propres. Elle est assez grande. Il y a deux lits, un petit et un grand. La salle de bain est séparée des toilettes. Il y a tout ce qu’il faut : gants, serviettes, savon, et même un sèche-cheveux !

Nous ne sommes pas les seuls touristes accueillis par le couple. Autour de la table, un couple de Hollandais venu découvrir la France profonde. Ils habitent à cinq kilomètres de la frontière allemande et parlent aussi cet idiome. Monique, notre hôtesse est alsacienne et peut ainsi échanger dans cette langue avec eux. Il lui reste même un zeste d’accent quand elle s'exprime en français. L’autre personne est Eric, un motard de Thiers qui fait une étape ici avant d’aller à Chambéry se faire faire une belle selle en cuir, sur mesure, pour sa moto. Il explique qu’en quelques jours le sellier la lui fabriquera. Notre hôtesse nous propose du sirop de sa fabrication : menthe, pissenlit et coquelicot.

Ce sont les petites-filles de nos hôtes qui aident à la cuisine et qui servent. Elles ont l’âge d’Antoine et même un peu moins. Elles habitent la maison juste en face. La tentative d’Antoine d’aller sur Skype pour discuter avec sa copine échoue. Notre hôtesse nous propose de mettre notre linge mouillé à sécher sous la serre ouverte de part et d’autre, où l’air circule.

Les propriétaires du gîtes ont l’âge de la retraite et continuent à élever quelques veaux sous la mère, à produire un peu de tabac et de l’huile de noix.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Nous passons à table. D’abord apéritif aux feuilles de figuier, de pêche, de noyer ou de pissenlit. Les hors-d’œuvre sont très variés et proviennent du jardin : haricots, salade de pommes de terre, betteraves et carottes râpées et du poulailler : œufs en mayonnaise. Puis vient le plat : gratin de courgettes améliorées de céréales cuites, spaghettis, fromages et enfin les baies du jardin (groseilles ballons, groseilles à maquereaux, mûres) accompagnent des gâteaux fait maison (trukener et meringue). A la fin la tisane est proposée.

Lundi 29 juillet

Il a tonné toute la nuit ! A sept heures ce matin il pleut encore beaucoup ! Nous allons prendre le petit déjeuner, royal ! Les quatre sortes de confitures sont faites maison, du miel, du bon pain. Un grille-pain est à notre disposition. Thé ou café au choix. Notre hôtesse avait oublié de nous mettre une petite assiette pour poser notre tartine. C’est une « faute » car comme elle a le label Gîte de France, elle a l’obligation de respecter un certain nombre d’obligations…

Monique me propose de mettre au sèche-linge les vêtements encore humides. Quelle prévenance !

Nos hôtes nous découragent, le temps est vraiment trop moche, ils nous proposent de ne partir qu’après manger. Nous pourrions faire nous-mêmes notre repas car, en haut, ils ont une petite cuisine pour les personnes accueillies. Mais Antoine est vraiment décidé à y aller ! Si j’avais été seule, je ne sais pas si je ne les aurais pas écoutés…

Et à neuf heures, c’est parti et sous une pluie battante ! Nous en rions, Antoine et moi. Que faire d’autre ? Nous prenons une route différente de celle de l’an dernier, conseillée par nos hôtes … à cause de travaux. Décidément ! Puis nous rejoignons la piste cyclable pas loin d’Izieu où nous nous étions allés l’an dernier. Il pleut des cordes, ou des ficelles, selon les moments.

Nous nous arrêtons vers 11h30 sous un préau, au port de la Groslée. Ni table ni chaise et de banc nenni. Par contre comme des petits morceaux de bois dépassent des poutres à chaque croisement des solives, j’y accroche tous nos vêtements mouillés. C’est donc debout que nous buvons notre soupe et notre tisane, que nous mangeons notre maïs (que j’ai fait réchauffer), ainsi que notre salade de tomates et de thon. Et pour le dessert, une pomme pour Antoine, du pain et du comté pour moi. Réchauffé, nous sommes prêts à repartir ! Ranger, accrocher à l’extérieur des sacoches les vêtements mouillés, nous partons.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Antoine choisi le parcours le plus sportif, celui qui comporte une montée de trois kilomètres et demi mais où il n’y a presque pas de circulation. Il a plu jusqu’à midi mais quand nous remontons sur les vélos la pluie a cessé.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Une pancarte informe de la présence d'un site préhistorique. Cyclotouristes, nous nous engageons dans le chemin. La pancarte ne précise pas le nombre de mètres... kilomètres. J'envoie Antoine en éclaireur. Il revient, bredouille. C'est encore plus loin. Il a seulement vue une maison abandonnée.

Il repleut à nouveau vers seize heures. C’est vers dix-huit heures que nous arrivons à Loyette. Pas de camping. Nous allons à la mairie. Une porte est ouverte, j’entends une personne faire le ménage dans l’escalier. De l’autre côté du hall l’on voit une cour par une autre porte, ouverte elle aussi. Une dame d’une soixantaine d’année au fort accent portugais descend pour nous accueillir. Je lui demande s’il serait possible de s’installer dans la cour pour la nuit. C’est le jour du conseil municipal. Il n’a pas encore commencé. Elle va demander au maire, revient puis nous demande de la suivre. Elle nous conduit auprès de lui. Il est en grande conversation avec la policière municipale, elle-même au téléphone (micro ouvert) avec une dame, porte- parole d’un groupe de gitans qui veut s’installer sur le stade. La commune n’a pas d’aire d’accueil des gens du voyage. Le maire refuse qu’ils s’installent. Je me dis que c’est foutu pour nous mais, une fois finie la conversation avec la dame il se tourne vers moi et me dit qu’il veut bien que nous dormions ici, sous le préau de l’école pour une nuit.

http://www.commune-loyettes.fr/

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Madame Teixeira, la femme de ménage est adorable ! Elle nous dit d’aller chercher trois chaises dans un jardin adjacent pour mieux nous installer. L’une des chaises servira de table. J’accroche les tenders entre eux et je les déploie entre des clous pour faire sécher le linge. Je fais deux bises à la dame car c’est grâce à elle que nous pouvons dormir ici cette nuit ! Elle laissera le local ouvert, nous aurons ainsi des WC et un grand évier à notre disposition. Il y a du papier toilette, des serviettes en papier et même du pousse-mousse !

Antoine veut aller faire les courses. Il revient avec du thon, quatre yaourts et deux tomates. Il veut y retourner et me demande l’autorisation d’acheter ce qui lui fait envie : du cassoulet ! Il revient avec, en plus, du chocolat. Quel régal, ce soir ! De la soupe et un mélange que j’ai apporté de la maison : lentilles verte et corail, pois cassés avec du boulgour et d’autres céréales que je fais cuire. Le dessert sera le chocolat.

Le repas est de train de cuire. Mauvaise nouvelle : le conseil municipal est fini, le maire revient et nous annonce que, pour des raisons de sécurité nous ne pouvons dormir sous le préau car il n’est pas sûr de sa solidité. Il nous propose de nous emmener chez une dame, propriétaire d’un corps de ferme inhabité. Pendant qu’ils boivent un coup nous pouvons finir de manger, il reviendra nous chercher après pour nous y emmener. Antoine part faire la vaisselle et revient… les mains vides ! C’est la dame qui lui a dit de venir m’aider à tout ranger avant que n’arrive le maire. C’est elle qui fait la vaisselle ! Ça alors ! Je lui demande si elle aime lire. Elle ne lit pas le français mais son mari, handicapé, si ! Je lui demande son adresse, je leur enverrais un livre pour les remercier : ils habitent rue de Salpingeon. Le maire et son adjoint arrivent. Comme j’avais défait la tente du porte-bagage je lui demande si je peux la mettre dans sa voiture car l’installer avec les tenders est fastidieux. Nous sortons de la cour et tombons directement dans la rue Charles Pigeon (Salpingeon) !...

Nous arrivons chez la propriétaire. Le maire nous présente et s’en va. Cette dame a l’habitude de recevoir des campeurs. La dernière fois c’est un groupe antinucléaire qu’elle a accueilli. A l’avant, sur la rue, un bâtiment. Elle l’ouvre et nous montre l’arrivée d’eau et d’électricité. Pas de toilette. Je mets mon portable à recharger et nous remplissons les bidons et la bouteille. Puis elle ouvre le portail.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Son mari s’impatiente. Il est venu en voiture, elle en vélo. Il s’en va. Elle remarque mon maillot et mon cuissard Handivienne… qu’elle connaît ! Le monde est petit… Nous avons une connaissance en commun, la fondatrice de l’association sportive. Ensemble, elles vont une fois par mois participer à une activité à la fois philosophique et pratique, l’eleutopédie ou quelque chose d’approchant (éleuthéropédie de éleuthéros, liberté et de paideia, formation en grec : formation à un agir libre). Je chercherais sur internet ! Elle m’explique ensuite où cacher la clé demain matin quand nous partirons.

Puis nous la suivons : sous un hangar sont entreposées diverses choses, des caisses, des bancs, une charrette…

et après, un jardin en friche ou une prairie envahie de mauvaises herbes. Tout ça à la fois. De vieilles bagnoles achèvent là leur vie. Un petit bâtiment bas, un clapier, au milieu des herbes folles. A nous pour la nuit. Nous ne tardons pas, car elle tombe. Bon sang ! le sol du jardin est truffé de morceaux de tuiles ! Le toit est refait à neuf et les ouvriers n’ont pas pris la peine de les ramasser. Depuis un certain temps déjà car ils sont enfoncés dans le sol. Impossible d’y planter une sardine ! Ça tiendra comme ça pourra, en espérant qu’il n’y ait pas de vent… J’installe sur les bras de la charrette et les caisses éparpillées sous le hangar, les vêtements encore humides même si Monique, hier, les a passé au sèche-linge ainsi que ceux d’aujourd’hui, comme les chaussettes lavées ce soir et aussi les housses de sacoches. Je m’installe sur le petit banc et j’écris à la lueur de ma frontale. Antoine est parti se coucher.

De l’autre côté de la clôture, dans le jardin voisin, un homme, jeune, m’interpelle. Il nous propose de venir nous doucher quand, avec son amie, ils auront fini de manger ! Adorables, les Loyettais ? Loyettins ? [Loyettains] Quelles rencontres, ici, dans ce village ! Quelle couleur politique, ici ? combien d’habitants ? 3 000 ? Antoine est à moitié endormi, il préfère rester couché. Le monsieur m’appelle. Je prends mes affaires, savon, shampoing, serviette. Je monte. C’est un jeune couple sans enfant. Ils ont un chat, blanc et, me disent-ils, comme tous les chats entièrement blancs, il est sourd. Ils veulent me prêter savon et serviette. Sympas ! Nous discutons un petit moment. Propre, je pars me coucher sous la tente.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Mardi 30 juillet

Il a plu cette nuit, je range la tente, humide. Pour refermer la porte de la vieille ferme, j’ai cassé la poignée ! Mince, comme remerciement à mes hôtes… pas très sympa ! Je leur laisse une carte de visite sur la clé avec un mot d’excuse en leur demandant de m’envoyer la note… Une vieille poignée comme ça, à part dans les brocantes et chez les serruriers, je ne sais pas où ils vont en dénicher une, ça va me coûter cher !

Propre, en ce qui me concerne, frais et dispos, nous repartons. Et nous prenons une route, bizarre, qui semble revenir sur nos pas, vers la centrale nucléaire. La-Balme-les-Grottes, le village vers lequel nous allons est très beau, le paysage, sympa. Nous nous arrêtons pour les photos et… la boulangerie.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Quand je me rends compte que c’était une variante (de plus de deux heures, quand même !) et que ce détour n’était pas du tout une obligation, juste pour le fun, Antoine pique une bonne colère, tempête, s’énerve, jurant qu’il s’en est aperçu puisque nous tournons autour de la centrale nucléaire de Creys-Malville ! Il pense qu’à cause de ce grand détour nous n’arriverons pas à la maison pour y dormir ce soir et il gueule à travers la campagne tout ce qu’il sait… Moi je l’ai trouvé agréable, ce détour… Pourquoi se lamenter ? Il n’est pas content car ce soir il voudrait discuter avec sa copine sur Skype. Il a même reconnu : « Je ne sais pas comment tu fais pour me supporter ! ». [de retour à la maison, je me suis rendue compte que nous n’aurions jamais du passer par Loyette. Mais ç’aurait été dommage, non ?]

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013
ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013
ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Midi, Villette-d’Anthon, l’entrée d’un lotissement et au fond, un petit bout de prairie avec un muret et l’ombre d’une haie pour nous accueillir. Au bout d’un moment, intriguée par le bruit que nous faisons à préparer la tambouille une dame pointe son nez hors de son jardin. Non pour nous engueuler de squatter ainsi le lotissement mais… pour nous inviter à venir utiliser ses toilettes et son évier ! Quand on dit que les Français ceci ou les Français cela… Nous sommes donc allés aux toilettes et j’ai fait la vaisselle chez elle ; elle m’a même prêté un torchon !

Ensuite, ça monte, et là, Antoine est tellement loin que même si je crie, il ne m’entend pas. Marre ! Il faut prendre la route de droite. Pas envie de lui courir après. Passe un monsieur à vélo, rapide. Je lui demande de me rendre service dans le cas où il rattraperait Antoine, de lui demander de revenir par ici. Antoine revient, enfin !

Pourquoi les maïs sont étêtés sur trois rangs et tous les trois rangs ? Faudra demander à Christian, fils de paysan, il a peut-être la réponse.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Puis enfin nous retrouvons la route que nous connaissons puisque nous sommes passés par là l’an dernier puis la piste cyclable du Grand Large qui mène ensuite à un parc situé juste avant Lyon et enfin les quais du Rhône de Lyon. Nous sentons l’écurie et avançons bien sur nos bécanes.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013
ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Traversée du Rhône à La-Mulatière, et là, je suis en terrain connu puisque c’est le trajet que je faisais parfois à vélo pour aller de Gerland où je travaillais jusqu’à Grigny.

Super accueil de Roland ! Les petits plats dans les grands : sushis, gâteau de foie et quenelles et… ! un clafouti fait maison ! MMMHHH ! "Un vrai clafouti me dit Roland, pas comme celui que tu fais… "Mais Antoine préfère le mien qui ressemble, c’est vrai, plus à un flan. Mais avant, grande lessive et passage au sèche-linge de nos vêtements puis étendage pour finir le séchage.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Mercredi 31 juillet

J’ai rangé tous les vêtements. Par contre, le duvet rangé avec la tente humide, est… humide ! Je laisse la tente dans le sac étanche et range le duvet dans une sacoche après l’avoir étendu un moment.

Roland range et remplit la caravane. Il a beaucoup fait de courses. Il nous rejoindra à Port-Saint-Louis, d’où nous partirons ensuite tous les trois en vacances dans les Landes.

Nous croisons les voisins devant chez nous. Bizarre de faire étape chez soi, de dormir dans son lit et de repartir, le matin venu… Le fond de l’air est frais, le ciel est d’un bleu parfait. Il ne va pas faire trop chaud, aujourd’hui.

Prêts à poursuivre la route !

Mais demain et jusqu’à dimanche, c’est la canicule ! 35 à 38°C sont annoncés. Il faudra partir plus tôt le matin et s’arrêter plus longtemps après le repas de midi, boire beaucoup, se mouiller si l’on trouve.

La piste après Grigny et jusqu’à Saint-Vallier, je connais par cœur ! Saint-Romain en Gal : pourquoi les vieux marchent-ils les mains croisées dans le dos ? La zone maraîchère après Condrieu est toujours aussi agréable.

Vers Sablons une famille de Hollandais, un couple avec des jumelles de dix ans. Ils sont partis de Saint-Clair-du-Rhône ce matin. Ils vont jusqu’à la mer et l’an prochain ils iront de Hollande jusqu’à Saint-Clair-du-Rhône. Un peu plus loin, un couple de jeunes, elle des dreds, blonde, lui torse nu. Il tracte une remorque dans laquelle trône un chien. Ils vont jusqu’à Bagnols-sur-Cèze. Encore plus loin, sur l’île du Beurre et juste avant de pique-niquer nous croisons un Belge, fou de vélo et de grandes distances. Il a fait trois mille kilomètres depuis le 30 juin. Dans le désordre : Berne, Venise, Vérone, Marseille, Avignon, les Alpes. Soit 250 à 300 kilomètres par jour. Le banc et la table nous attendaient : pâtes, concombre, œufs pas tout à fait cuits. Je n’ai pas trop faim. Soupe. Antoine a mangé un fruit.

A Saint-Vallier, je me fais vertement tancer par Antoine car je roule à vélo sur la chaussée interdite aux vélos ! Lui, respectueux de la loi, roule sur le trottoir.

http://www.iledubeurre.org/site/

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Nous nous arrêtons à Arras dans une boutique qui vend des fruits du producteur au rez-de-chaussée d'une maison. Déception ! c’est une vieille femme revêche qui a déjà pesé toutes ses barquettes de 500 grammes et qui ne veut surtout pas nous vendre deux pêches et deux tomates. Dommage ! Un peu plus loin, un grand parking devant une boulangerie, d’une part et une charcuterie, d’autre part. J’avais promis une glace à Antoine si l’on dépassait les cent kilomètres dans la journée. Exploit réalisé hier. Comme il a maintenu la bonne cadence et qu’aujourd’hui il fait très chaud, l’occasion est bien trouvée. La boulangerie a même une terrasse avec parasols. Un peu de repos. J’achète aussi du pain. Et, à côté, la charcuterie. Je vois les yeux d’Antoine briller. Pour lui, une charcuterie c’est mieux qu’un marchand de bonbons. Et là, dégustation gratuite de tout ce qui nous fait envie. Nous goûtons trois spécialités. Il sait vendre, le bougre. Faut dire que c’est de la bonne camelote ! Antoine a envie de tout prendre… Mais dans les sacoches, pas de frigo ! Finalement nous optons pour un joli pâté en croûte et une saucisse. Le charcutier nous donne une bouteille pleine d’une eau glacée. Il a l’habitude, il en met au congélateur, les clients ne peuvent ainsi prétexter qu’à cause de la chaleur… Espérons que nos achats ne s’abîmeront pas !

Nous avons fait 360 kilomètres depuis le début. La circulation est dense et nous n’avons pas pu quitter la route nationale car nous n’avons pas trouvé la petite route sympa après Arras et avant Vion que la fiche indique. Que de camions ! Juste après l’entrée de la ville, une pharmacie… pour racheter de la crème solaire et de la crème pour nos pieds échauffés. Et au supermarché : soupes, fromage, gâteaux de semoule, barres de céréales. Et les embouteillages à Tournon ! L’enfer… ! Tain est plus calme.

Nous arrivons à Tain-l’Hermitage.

Nous trouvons un emplacement au camping, situé juste le long du Rhône, et de la piste cyclable qui lui est parallèle. Demain pas besoin de chercher notre chemin. Un couple de papy-mamie surveille nos affaires pendant que nous nous baignons à la piscine municipale contigüe au camping et dont le prix d’entrée est inclus avec celui du camping (18,50€). Ils nous prêtent un marteau pour enfoncer les piquets de la tente. Encore des gens a-do-ra-bles ! Elle, était infirmière scolaire et lui, prof. Outre le marteau que nous leur avons demandé, ils nous ont prêté une table, deux chaises et une bouilloire pour faire chauffer l’eau de la soupe. Elle m’a proposé de faire cuire mon mélange de céréales sur leur plaque électrique. Et ce n’est pas tout ! « Vous n’avez rien à mettre au frigo ? ». Euh… le saucisson ! A ne pas oublier demain matin ! En revanche, j’ai décliné sa proposition de corde pour étendre ma lessive : le buisson qui sépare chaque emplacement est en plein soleil (couchant) ! Il conviendra parfaitement.

Excellent repas. C’est important de bien manger tant pour le physique que pour le moral. Ce soir il est au beau fixe : le pâté en croûte est plus que bon, excellent ! La moitié chacun, c’est beaucoup mais quand on aime, on ne compte pas. De la soupe, comme d’habitude, du fromage, de la crème de marrons. Quel appétit ! Antoine mange un fruit et une tomate en plus. Chaque jour c’est Antoine qui fait la vaisselle et moi, la lessive. Cette fois il a oublié de me donner ses chaussettes à laver, alors c’est lui qui s’y colle (enfin, seulement ses chaussettes !).

Un bruit d’hélicoptère. C’est ainsi qu’ils sulfatent les vignes plantées sur des terrasses très escarpées sur l’autre versant.

Demain nous mangerons peut-être avec P’tit Louis. Aujourd’hui Christophe n’a pas pu rouler avec nous, son handbike est en révision. Il nous reste 200 kilomètres jusqu’à la mer.

L’autre soir, dans la tente, j’ai eu froid, alors cette fois j’enfile le cuissard et la veste d’hiver d’Handivienne. Mais Antoine, lui, dort toujours torse nu. Il fait beau être jeune ! Le vent a soufflé fort cette nuit, la tente a

résisté.http://http://www.payshermitage.com/hebergement.php?htype=Campings

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Jeudi 1er août

Arrêt à Valence où nous achetons du pain dans une boulangerie puis, nous trouvons un fromager (eh oui ! dans les grandes villes touristiques et gourmandes, ça existe !) où nous achetons trois fromages de brebis à différents stades de maturation ainsi qu’une boîte de fromage fort fait maison.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Pause repas dans le restaurant du camping de Charmes-sur-Rhône qui accepte, puisque nous buvons un coup, de mettre une table à notre disposition pour que nous pique-niquions. Un panaché pour moi et un coca pour Antoine puis, après le repas (une demie tomate chacun mélangée avec les céréales froides, en salade, la saucisse achetée la veille chez l'excellent charcutier d'Arras, du fromage fort – un régal- et des fruits), un café pour l’une et une glace pour l’autre. Après cet excellent repas une bonne sieste à l’ombre s’impose. Pendant ce temps Antoine fait la vaisselle. Je dors peu puis je le cherche. J’ai mis un grand moment à le trouver et pourtant le camping n’est pas grand !

Nous roulons ensuite sur une petite route qui passe devant une ancienne éolienne.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

La route, tranquille, est en zone inondable mais à sec en ce moment. Il faut ensuite rejoindre la nationale 7. Comme une pancarte indique que la vitesse maximum autorisée est de 90km/h Antoine prend peur et ne veut pas s’engager sur cette route. Je passe devant. C’est vrai que c’est une étape pas trop marrante de quatre kilomètres sur une route nationale droite, vent de face (mistral) et le soleil qui tape fort. Un camion est passé si près que j’ai eu du mal à maîtriser mon vélo et Antoine m’a dit qu’il avait eu le même problème !

Nos bidons sont presque vides, et le peu qu’il reste est tiédasse. Arrêt à la pizzéria « L’équateur » par ailleurs indiquée sur le dépliant. Je jette un peu d’eau, le fond de mon bidon, dans le bac à fleur. Et la tenancière nous jette un : « Ils s’arrêtent tous pour me demander de l’eau, et ils ne consomment rien ! » très agressif. « Nous sommes en alerte canicule, comme se plaît à le répéter Antoine, et elle ne nous donne même pas un peu d’eau ! ». Indignés ! Je prends mon téléphone et m’apprête à téléphoner à la gendarmerie (non assistance à personne en danger), me ravise et téléphone aux pompiers. S’en foutent ! Nous sommes obligés de toute façon, avec le peu d’eau qui reste de poursuivre notre route. Le dépliant indique qu’il faut tourner à droite direction Ancône. C’est une petite route plus tranquille qui fini par rejoindre la piste cyclable le long du Rhône. Un peu plus loin elle est très proche d’une aire d’accueil pour les gens du voyage. J’y vais ! Je suis très bien accueillie et peux remplir bidons et bouteille.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Châteauneuf-du-Rhône, nous téléphonons à Roland pour lui demander de chercher pour nous un camping sur internet. Sinon, tant pis, nous irons squatter la pelouse d’une maison de retraite tenue par les sœurs. Nous trouvons, grâce à ses indications, le camping municipal, tout petit et pas cher (5€70 la nuit pour deux, les vélos et notre tente. Record battu ! ). La piscine est en sus, mais de toute façon il est trop tard pour songer à s’y ébattre même si elle n’est pas loin.

C’est la dèche ! Nous avons mangé tout le pain et Antoine a mangé l’un des gâteaux de semoule. Il ira acheter du pain demain .Il ne reste qu’un demi sachet de soupe chacun, une demie banane et un abricot chacun. Nous finissons les céréales froides avec un filet d’huile (d’olive !) et un peu de sel. Nous mangeons assis par terre, ça fleure bon la menthe sauvage (à petites feuilles). Très calme, ce camping. Un jeune en déplacement, dort dans sa voiture qu’il a aménagée. Il touche une prime d’hôtel de 65€, le camping lui coûte bien moins cher, c’est tout bénef pour lui. Il est conducteur d’engin et est « loué » avec sa pelleteuse par une société privée au gré des chantiers de fouilles préventives pour le Ministère de la Culture. Il nous a prêté son marteau, pour les piquets de notre tente. 80 kilomètres aujourd’hui soit un total de 480 kilomètres.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Vendredi 2 août

Nul besoin d’acheter des fruits aujourd’hui. Au moment de partir, Antoine arrive avec un melon dans chaque main. Un caravanier venait de les lui donner ! Nous en avons offert l'autre à une famille.

Pause repas. Nous mangeons le melon et tous les restes : le fromage fort et les deux autres fromages avec beaucoup de pain et puis aussi de la confiture de marron.

Nous avons fait halte dans une belle maison, une ferme rénovée pour demander de l’eau. Il est à peine midi. Nous entrons dans la cour, il n’y a pas de grille et appelons car il y a des voitures mais pas de sonnette. Une dame sort de la maison. Elle a interrompu son repas pour venir à notre rencontre. Elle rempli notre bouteille avec de l’eau de source bien froide prise dans son frigo. Elle s’enquiert de notre déjeuner et propose de nous donner des tomates. Nous déclinons son offre car nous avons déjà mangé. En voyant Antoine elle nous dit qu’elle a un fils de treize ans qui serait bien incapable de faire ce que fait Antoine. Elle lui ramène deux yaourts à boire. Il boit le premier. Le deuxième se conservera tout à côté de l’eau glacée, dans la sacoche. Dans la cour le chien est bizarre. Il est né sans dent et sa langue pend car il ne peut la retenir. Elle l’a acheté à une personne qui faisait vivre les chiens dans une vieille deux-chevaux. Ils ne mangeaient presque pas et ne sortaient jamais de la voiture ! C’est un border collie.

Il fait vraiment trop chaud ! Nous faisons une pause de trente minutes au moins. Puis nous repartons.

Nous nous arrêtons à Pont-Saint-Esprit dans l’idée première de nous baigner dans l’Ardèche... Sur les indications de jeunes nous nous orientons vers les berges… du Rhône. Nous arrivons dans un chemin plein de bouillasse et parsemé d’objets peu ragoûtants… une décharge sauvage, berk ! Nous avons transpiré comme tout pour remonter. Mais arrivés en haut, nous découvrons un supermarché où nous pouvons nous approvisionner, ce qui nous fait dire que nous ne sommes pas arrivés jusqu’ici pour rien. Antoine trouve drôle de faire ses courses, ainsi, au jour le jour.

http://www.mairiepse.fr/

Sur le chemin, le plan d’eau du Revestidou ! magnifique ! Tout le monde se baigne malgré la pancarte « Interdit à la baignade ». En cas de noyade, la mairie est couverte, puisque c’est interdit… Nous nous baignons tout habillés, Antoine fait quelques plongeons. Nous reprenons la route, les vêtements sèchent malheureusement trop vite !

http://www.provenceguide.com/patrimoine-naturel/plan-deau-du-revestidou/haut-vaucluse/provence-PNAPAC084CDT0000039-1.html

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Nous avons déjà fait 80 kilomètres et il a fait très chaud aujourd’hui. Nous en sommes à 560 kilomètres. Nous avons dépassé Roquemaure et il n’y a pas de camping. Antoine, timoré, n’a pas voulu dormir près du stade. « C’est interdit ! ». Si ce n’était que de moi… Nous sonnons pour nous faire ouvrir un gîte mais le prix (77€ la nuit chambre avec coin cuisine) nous refroidit. Je propose d’aller demander l’autorisation aux gendarmes d’aller dormir au stade. Je sonne, ils ne m’ouvrent pas. A travers l’interphone de la gendarmerie je pose la question et la réponse est non. « Ah ! tu vois !? ». Ils nous disent d’aller au camping de la Barthelasse à cinq kilomètres, vers Avignon mais le festival n’est pas fini et je crains qu’il n’y ait plus de place. Et y a-t-il seulement cinq kilomètres à faire, sans certitude de pouvoir y dormir en plus !? Antoine veut toujours avancer, jamais fatigué malgré tous les kilomètres que nous avons dans les jambes ! Je l’appelle « mon p’tit poulet bicyclette ». Comme ces poulets africains tout maigres qui courent partout pour trouver leur pitance. Un peu plus loin, un garagiste veut bien que nous dormions sur sa pelouse, mais elle est juste le long de la route. Je propose à Antoine de chercher un chemin en retrait et/ou une maison avec jardin, accueillante. Et c’est Antoine qui repère une allée assez longue avec, de part et d’autre un champ. Au bout de ce chemin, un portail et une maison. Je sonne. Un monsieur arrive, il accepte que nous plantions notre tente dans le champ. Nous lui demandons de remplir notre bouteille. Il l’emmène et revient avec une deuxième, neuve. Je n’ai toujours pas très faim à cause de la chaleur. J’ai mangé un peu du mélange de céréales que nous avons acheté au magasin, deux bananes sèches et quelques noix. Pas de vraie toilette ce soir malgré la transpirade de la journée. Un coup de lingette et ça ira. Pour le petit coin, c’est un peu plus loin…

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Samedi 3 août

Enfin la mer !… Enfin, ce soir ! Ce matin nous nous sommes levés à cinq heures quinze en prévision de la canicule mais une petite pluie fine qui a vite cessé nous accueille. Elle a bien mouillé la tente, rangée telle quelle !

Nous rangeons tout, rituel habituel, et après notre petit déjeuner, c’est le dernier départ. Les petites routes sont très sympas. Le dépliant nous fait zigzaguer entre les champs. Allée des platanes, chemin Saint-Marc, chemin de la Croix puis de la Valergue, de l’Islon, du Clos Méjean, des Etangs, de la Couronne, de la Bastide neuve, les chemins se succèdent, les voies sont étroites, les voitures, absentes. Ah ! Comment ferions-nous sans toi, petit dépliant numéro 24, et ceux qui t’on précédé ? Mais nous sommes obligés de reprendre la grande route un peu plus loin.

Avignon, puis le beau château de Tarascon du XVe siècle et, juste à côté la sculpture de la fameuse tarasque.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Et c’est l’orage ! Nous trouvons un chemin et une maison au portail ouvert. Personne ! Une voiture est abritée sous un auvent. Il nous abritera aussi. Un monsieur arrive, le propriétaire, sans doute inquiet de voir deux inconnus dans son jardin, puis rassuré après avoir discuté avec nous un bon moment. Rassuré mais il ne repart pas tant que nous sommes là ! La pluie cesse, et nous reprenons la route.

Dans un ruisseau Antoine a vu une bête, un ragondin ? Nous téléphonons à Roland. Il nous donne le numéro de téléphone d’un cousin habitant, non pas en direction de Port-Saint-Louis mais des Saintes-Maries-de-la-Mer. Pas grave, du moment que nous arrivons à la mer Méditerranée ! Je téléphone. Je « tombe » sur la cousine, très sympa. Elle est d’accord pour garder nos sacoches jusqu’à ce que nous ayons fini l’aller-retour à la mer. Nous repartons. Antoine est content et pédale de plus belle, encouragé par la proximité et de la mer et de la fin de la randonnée.

Pause repas, bien avant midi, à l’écart de la route, derrière un carrefour très calme caché par un bosquet. Céréales cuites et froides, charcuterie, soupe, bananes sèches.

Nous sommes arrivés à 14 heures chez le cousin de Roland, Gérard Décombe, qui tient un restaurant, Le Paty sur la route après Arles.

http://www.plusbeauxdetours.com/decouverte-terroir/detail_restaurants-les-saintes-maries-de-la-mer-le-resto-du-paty_103695.html

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Nous téléphonons à Roland qui est dans les embouteillages. Il ne sait pas du tout à quelle heure il va arriver. Nous posons nos sacoches dans un studio où leur fille dort parfois. Marie-Claude, la cousine nous invite à manger. Nous pouvons choisir ce que nous voulons. Nous avons 76 kilomètres dans les jambes. Notre objectif, la mer, est à 23 kilomètres par la route, nous ne sommes pas encore arrivés ! Nous avons déjà mangé mais elle insiste tant que, finalement, convaincus, nous cédons. Moi la première. Je prends une pizza, une vraie ! Aux tomates et aux anchois. Mmmmhh ! quel délice, quelle pâte fine et craquante ! Cela fait une éternité que je n’ai mangé une si bonne pizza ! Et ensuite un café gourmand. Antoine, lui, c’est pâtes au saumon et fondant au chocolat. Vraiment bon aussi. Il fait chaud. Je ferais presque la sieste… au frais dans le studio climatisé… La cousine propose de laver et sécher nos fringues. Vraiment adorable, ce couple ! Et nous partons (sans faire la sieste !) pour les Saintes-Maries-de-la-Mer. Je refuse de reprendre cette route où les voitures roulent très vite sans plus faire attention à nous, pauvres cyclos ! Il existe un chemin qui mène à la mer. Va pour le chemin ! Après avoir hésité sur l’endroit où il débute, nous roulons sur un chemin aussi peu lisse qui soit !

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Mais nous roulons légers, débarrassés de nos encombrantes sacoches ! très bizarre, comme impression. Tout le long, des barrières, des portails et derrière, des taureaux, des étangs, des flamands roses, des échassiers. Roland nous téléphone. Il vient d’arriver chez son cousin. Très très peu de voitures. Ce chemin est cahotant, sauf sur de rares portions. Nous arrivons dans le village des Saintes-Maries, retrouvons les voitures, les gens, les touristes. Nous demandons : « C’est où, la mer ? ». Et là, devant l’étendue d’eau, nous nous étreignons longuement, Antoine et moi. C’est le bonheur !! Nous l’avons fait, nous avons réussi ! 656 kilomètres au compteur. Nous sommes heureux ! Nous nous mettons en maillot de bain. Je nage un peu, ça rafraîchit. J’appelle Roland. Il est dans un bistrot, aux Saintes-Maries. Nous revenons chez ses cousins en voiture avec lui. Ça fait tout bizarre de rouler, le cul dans un siège moelleux, sans se fatiguer ! La route défile… Je n’aurais pas refais le trajet inverse par ce chemin de 20 kilomètres soit gondolé, soit caillouteux et plein de trous. Pas agréable du tout, même si les flamands étaient beaux.

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013

Roland et Gérard installent la caravane sur le terrain, derrière le resto. Nous allons tous les trois, les uns après les autres prendre une douche dans le studio. Je range les sacoches et leur contenu dans la caravane. Le linge propre, sec, plié et repassé est dans une corbeille. Ils sont incroyables ! Je ne les connais pas, Roland ne les as pas vu depuis des années… Et le hasard veut que le mois dernier son frère, Daniel, soit passé les voir…

Puis tous propres, nous allons manger au resto, mais cette fois nous payons notre part ! En boucle, tourne une vidéo de vachettes et de toros qui coursent des jeunes dans les rues et sur les places de villages. Les clients du restaurant du Paty sont en grande majorité non pas des touristes mais des manadiers, des gardians et des raseteurs. Ces derniers, quand ils sont connus, se font payer pour faire des démonstrations. Après, ils touchent de l’argent en fonction du nombre de cocardes qu’ils ont raseté sur le toro. Ils arrivent au resto des enveloppes remplies de billets. Ce que cuisine Marie-Claire est simple, très frais, et très bon. Gérard, quand à lui, réussit vraiment bien la pâte à pizza. Dodo dans la caravane. Le lendemain matin, Gérard toque à la porte de la caravane et pose, tout chauds, le pain et les croissants sur la cuisinière et nous invite à venir prendre notre petit-déjeuner au resto avec eux. Que faire, que dire ? Je leur ai offert les cinq livres que j’ai écrits, pour les remercier. Amélie, leur fille, qui travaille aussi au restaurant, aime lire, même si elle a peu de temps. Elle aurait bien aimé que je m’appelle Décombe, comme eux, pour montrer les livres à ses visiteurs et dire que c’est sa cousine qui les a écrits.

Duvets et tente sont secs, la vaisselle propre. Arrivés chez Elsa, nous laissons la caravane dans un camping.

PS : quelques mois après je n’ai pas de nouvelle ni de facture pour la poignée de la vieille ferme de Loyette … Ont-ils trouvé la carte, bien cachée avec la clé ? Mais fin janvier, j’ai le fin mot de l’histoire : le monsieur a réparé la poignée sans difficulté.

Re-PS : Christian ne sait toujours pas pourquoi les maïs sont étêtés sur trois rangs et tous les trois rangs.

Avignon

Avignon

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013
Après le port de la Groslée

Après le port de la Groslée

Lavoir après Avignon

Lavoir après Avignon

Lavoir après Avignon

Lavoir après Avignon

Puits ET fontaine !

Puits ET fontaine !

Puits

Puits

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013
ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013
ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013
Turbine de barrage hydroélectrique

Turbine de barrage hydroélectrique

ViaRhôna du 26 juillet au 3 août 2013
La-Balme-les-Grottes

La-Balme-les-Grottes

Rédigé par Martine Silberstein

Publié dans #Journal de voyage à vélo

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