Souterrains

Publié le 27 Mai 2014

SOUTERRAIN

Dans le SOUTERRAIN Humide et froid

la taupe du SOUTERRAIN Souveraine

rencontra le mur du SOUTERRAIN, Soupira puis creusa un trou dans

le trou du mur du SOUTERRAIN, Souleva des pierres

et des cailloux du SOUTERRAIN. Saoule de fatigue, elle se reposa

dans le SOUTERRAIN Sourde aux bruits du métro voisin

passant dans le SOUTERRAIN voisin.

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Mes notes et les remarques des participants sur les œuvres

Roberto Jacoby, Argentine

400 billets de 5€/ Izieu. Spoliation des biens des juifs, argent volé. L'argent circule. Enfants regroupés, déportés, partis en fumée.

Eduardo Paolozzi, Angleterre

Botte militaire/ escargot pacifique. Lenteur de l'escargot/Cittaslow.

Violence contre des personnes innocentes. La violence des puissants contre les faibles

Tracy Rose, Afrique du Sud

Elle danse, peinte en rose. Elle fait pipi sur le mur érigé par le gouvernement israélien. Elle joue un l'hymne israélien à la guitare. (Hope = espérer). Elle est militante. C'est pas de l'art. Elle est provocante. C'est une forme d'art choquante. Apartheid. C'est courageux de sa part. Décoloniser la pensée

Pour chaque œuvre: je vois, j'imagine, je questionne

Roberto Jacoby, Argentine

Je vois une plaque de marbre noir avec un texte gravé en blanc (billet/Izieu/enfants).

J'imagine les billets circulant de main en main. Les enfants sont partis d'un lieu, pour arriver à Izieu, pour finir en fumée dans un camp de concentration.

Je questionne: pourquoi avoir associé enfants et billets ? Combien ont coûté les délires d'Hitler à la nation allemande ?

Eduardo Paolozzi, Angleterre

Je vois une Rangers militaire en métal sur laquelle rampe un escargot.

J'imagine la dichotomie entre la dureté du métal, le symbolisme de cette chaussure (militaire/guerre) et la mollesse, la vulnérabilité, le pacifisme, la fragilité du pauvre petit escargot.

Je questionne: pourquoi tant de haine ? A quelle guerre/conflit l'artiste a t-il pensé ?

Tracy Rose, Afrique du Sud

Je vois une femme torse nu à demi masqué par de la peinture rose uriner contre le mur de la honte qu'a érigé le par le gouvernement israélien pour enfermer les palestiniens, les privant ainsi de liberté

J'imagine les difficultés de cette artiste sud-africaine pour s'exprimer ainsi au nez et à la barbe des militaires israéliens.

Je questionne: a t-elle créé d'autres évènements ailleurs dans le monde, en Afrique du Sud, par exemple, au temps de l'Apartheid ?

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Plein soleil. J'ouvre la porte.

Pénètre dans le souterrain. Humide et sombre.

J'arrive dans un couloir. Entre dans la première pièce. Pénombre.

Marbre noir, écriture blanche. Qu'est-il donc écrit ?

De plus en plus petit. Et ma myopie...

Je m'approche. Liasse de billets

Sors de l'alcôve, traverse le couloir

Nouveau réduit obscur, illuminé par une femme, illuminée,

de rose revêtue appelée Rose

Oreilles remplies de sons discordants, CHOC !

Je quitte ce lieu, emportée par la fuite de cette musique désagréable

Cours jusqu'à la troisième cave

Pauvre escargot, cette chaussure va t'écraser...

Sauve-toi vite

profite de l'obscurité pour te cacher

Martine, Grigny le 22 juin 2013 au bord du Rhône

Rédigé par Martine Silberstein

Publié dans #Biennale d'art contemporain

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