Oeuvre de Marie-Ange Guillemot

Publié le 27 Mai 2014

New-York, Brooklyn. Partie à la recherche de ma fille, étudiante aux Etats-Unis, je déambule dans les rues de cette mégapole.

Taxis jaunes et noirs en file discontinue parcourent les avenues rectilignes.

De temps à autre la sirène lancinante d’une voiture de police, déchire l’espace sonore.

La vapeur des bouches de métro (qui me dira l’origine de ce phénomène unique ?) s’envole vers le ciel, pollué.

Qu’est-ce ? Une estrade, blanche et dessus, une forme, noire. Chrysalide immobile et silencieuse au milieu de la foule bruyante. Un mouvement l’agite maintenant. Elle se redresse. Elle devient. Non. Ce n’est pas un papillon. Une femme en émerge, de noir vêtue. Le sablier blanc à ses côtés compte le temps qui nous sépare du soir. Indifférente à l’agitation humaine qui l’environne cette femme se recouvre à nouveau de ce bas géant comme une burqua.

Chapeau-Vie, tel est le nom que Marie-Ange se propose de donner à cette étrange colonne de nylon.

C’est décidé, je vais suivre les aventures de cette héroïne d’un nouveau genre, poil à gratter de notre société.

Jérusalem. Les œuvres tissent des liens entre elles à l’insu de leurs auteurs. Ici, ce n’est pas une Rose aux épines acérées qui hurle sa détestation du Mur mais un Ange descendu du ciel posé sur un toit. Nous voici à nouveau en Israël, à Jérusalem. Mimétisme entre la couleur de son choixpeau et les terrasses. Colonne de tissus, comme une seconde peau qui l’habille en la recouvrant entièrement.

Statufiée. Immobile sur son piédestal. Debout. Qui l’a sculptée ? Horreur ! Les yeux s’ouvrent. La statue s’assoit. S’immobilise à nouveau. Muséifiée.

Avion. Relier en gondole Israël et Venise. Y aller en bateau ? Trop long… Je prends l’avion pour me rendre à Venise. Qui vois-je ? Une apparition ? Suis-je poursuivie par un fantôme ? Ou poursuis-je Marie-Ange ? L’Ange-Marie a retrouvé le ciel. Fatiguée, elle est montée dans la caravelle.

Venise. Blanc ? Noir ? Faut-il choisir ? Statue érigée ou fœtus recroquevillé, faiseuse d’Ange, Marie présente, vivante, avance au fil de l’eau, posée, délicate, sur la gondole.

Œuvre exposée dans les souterrains de Grigny en 2013

Rédigé par Martine Silberstein

Publié dans #Biennale d'art contemporain

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