La Corse une région de France à découvrir sur un vélo

Publié le 27 Mai 2014

La Corse une région de France à découvrir sur un vélo

Cet été, pour mon plus grand bonheur, je suis retournée en Corse. Tout le monde est content : la mer est belle, chaude, calme, idéale pour la baignade, le farniente ET… la plongée que je pratique aussi. Les paysages sous marins sont chatoyants, colorés et très vivants. Les palanquées sont composées de personnes sympas, compétentes ET….

AH? !? Vous faites du vélo ? Ah ! Pardon ! Je change de registre.

En Corse la montagne est belle, rocailleuse, mais verte, aussi, les sources, fontaines ne manquent pas pour régaler les cyclos assoiffés ! Ça va mieux, comme ça, non ?!

Oui, c’est vrai, je fais aussi du vélo, aussi, vais-je vous conter mes petits et grands périples à vélo en Corse, en partant de Porto Vecchio, dans le sud-est de la Corse. Je pars tôt, quand je cycle en Corse, vers 6h, à cause de la chaleur, bien sûr !

La première sortie j’ai fait 114km. J’ai commencé par le col de Bacino (808m d’alt.),

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puis j’ai traversé les villages d’Orone (belle fontaine à l’eau généreuse),

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Carbini, Lévie (où je me suis arrêtée à un bar et j’ai mangé un casse croûte bu un panaché bien frais puis bu un café),

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puis le col de Pelza (874m),

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d’Illarata (991m), et enfin le lac puis le village de l’Ospédale. Après, il n’y a plus qu’à se laisser descendre jusqu’en bas.

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Dans la montée du col de Bacino, une fontaine, en eau l’an dernier était à sec. Une autre coulait en petits filets que rassemblait une feuille d’arbre bien verte. Sur le coup, ne voyant pas son usage, je l’ai enlevée, mais je me suis aperçu qu’elle était utile : grâce à elle le filet était plus large et plus abondant.

Un homme, dans un village m’a demandé si je « virais » seule. Deux grands-mères sur un banc m’ont mise en garde, s’inquiétant qu’ «Une femme seule, à vélo, quand même… ». De manière générale, les corses sont super sympas, toujours prêt à rendre service, à propose de l’eau. Deux gars, pour me taquiner : « Attention aux bandits corses ! ». Un papy, à Carbini m’a demandé d’où je venais. De Porto Vecchio. « Si loin ? Vous êtes de là bas ?». Non, je suis touriste. « De où, alors ? ». A côté de Lyon. « Ah ! J’ai un camarade, de Villeurbanne. Il est mort en Indochine, où nous étions parachutistes ».

J’ai vu un fou, vers 14 ou 15h monter cette côte qui arrive au village de l’Ospédale, par un cagnard pas possible ! Déjà, moi, en descendant j’avais chaud car un camping-car devant moi, admirant le route me ralentissait, alors, dans l’autre sens !... d’ailleurs, ce véhicule m’a fait signe de le doubler : il transportait des vélo derrière et a compris ma douleur : chaleur + pot d’échappement… sinon, même en, pleine journée, soit que l’on soit un peu en altitude, soit que l’on passe à l’ombre (les routes sont étroites et les arbres se rejoignent au milieu), je n’ai jamais vraiment souffert de la chaleur. Sur cette ballade l’air frais soufflait même pas mal, faisant bruisser de grands arbres et rafraîchissant bien l’atmosphère. Les pins en perdaient leurs aiguilles, les chênes lièges leurs feuilles, et jusqu’à un figuier qui a eu l’audace de faire tomber un fruit à mon passage. Par contre, arrivée à Porto Vecchio, quelle chaleur suffocante !

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Pour ma deuxième sortie j’ai fait 38km. Je suis partie plus tard, vers 8h. Le but ? Une journée multisports. Je suis montée par l’Ospédale avec des baskets dans ma sacoche car le but est de rejoindre un parc d’accrobranche et de via ferrata situé juste avant le début du lac. Je suis arrivée vers 10h30 et jusqu’à 13h j’ai joué à Tarzan (ou Jane). Puis Antoine (mon fils) et Roland (mon mari) sont arrivés. Resto, puis rando à la cascade de la pisse du coq. J’étais super crevée, et surtout mal aux bras, les jambes écorchées mais heureuse d’avoir passé une super journée ! Du haut des rochers nous avions une vue imprenable à la fois sur la mer et sur Culioli le lac. Une belle frayeur quand j’ai du sauter dans le vide d’une plateforme, jusqu’à 4 mètres plus bas, seulement retenue par une corde. De la plateforme au sol il y avait 20m de haut ! Et plus Antoine me disait « N’ai pas peur maman, n’ai pas peur maman », plus je pensais que jamais je ne sauterais ! Plus effrayant que les tyroliennes où l’on s’assoit sur son baudrier. Mais, bref, c’est de vélo dont je voulais vous parler !

Troisième sortie. J’ai roulé 61km entre les routes qui mènent à Figari et la nationale qui va à Bonifacio et qui, avec le rond point menant à Palombaggia forment un triangle. Je pars par Palombaggia, traverse la nationale, et monte un petit col, très gentil, celui de San Pietro, à 121m au dessus du niveau de la mer. Un cyclo perdu cherche sa route. Un peu plus haut, un cyclo me voyant, toute carte déployée veut me renseigner : « Vous chercher quelque chose ? ». Non, je regarde la carte car je me promène. Merci, monsieur ! et cette scène se reproduira souvent ! quand je vous dis que les Corses n’ont pas tous une bombe dans la poche, prête à être lancée sur le premier touriste venu ! Quelques kilomètres carrés où l’on rencontre très peu de voitures, beaucoup de villages (en impasse, souvent), des forêts, de petites routes sympas, quoi ! Je photographie toujours sources et fontaines. Celle de Petra Longa et le lavoir de Purgu sont intéressants.

Quatrième périple. 73km. Je voulais aller sur une route qui prend à gauche avant d’arriver au col de Bacino mais des gars chargés de l’entretien de la route nationale à qui j’ai demandé m’en ont dissuadé : un vtt est nécessaire car elle n’est pas viabilisée. J’ai donc fait du « cabotage » routier de village en village, à défaut de faire la cabotine (encore dans ce triangle comme pour la 3è sortie). Cardettu est intéressant car de part et d’autre de la place du village j’ai vu différentes sortes de fontaine, lavoir, bassins. La fontaine était ornée d’un cabochon à tête d’aigle. Tout est à sec, malheureusement, ici. Puis détour par Usciolo, un hameau, lui aussi en cul de sac. Une fontaine, en eau. La route finit par un chemin, en sable, où un bébé d’un an fait ses premiers pas, pieds nus, sous l’œil attentif de son papa. Acqua d’Illi encore une fontaine, sans eau (vu le nom du village, c’est dommage !).

Puis Chera. Sur une maison, une plaque que j’ai recopiée : « Ghjuvandria Culioli u Barbutu pueta e cantadori ». Culioli ? Comme le chanteur que nous sommes allés écouté hier soir à Sotta ? Je me renseigne auprès de la seule personne que je rencontre. « Culioli ? Mais tout le monde s’appelle Culioli, ici ! » Vrai : à Sotta, le monument aux mort était rempli de ce nom (et d’autres). Un lien de parenté, avec ce chanteur ? « Mais oui, c’est son grand père ! ». Trouvé sur le net :

« Né en 1964, Il est le petit fils du grand poète improvisateur Ghjuvanandria Culioli. Jacques Culioli a chanté avec la plupart des grands noms de la musique corse moderne, tourné dans le monde entier et enregistré plusieurs disques au sein des groupes emblématiques de l'île. Il vient de remporter le Prix du Public et le Prix du Jury de l'Eurovision 2008 des langues minoritaires en Suède. »

Il nous avait effectivement expliqué qu’il a obtenu 2 prix : celui du jury et celui des auditeur (qui votaient sur le net). Nous ne savions pas tout avant d’aller l’écouter. Nous avions simplement vu des affiches.

Puis je laisse mon vélo et part à pied dans un chemin (bordé de fenouil qui sent si bon !) à la rencontre d’une chapelle. La chapelle San Agostino. Je fais une parenthèse, à propos des parfums, en Corse. Avez-vous humé les conifères, cette odeur de résine ? Et les figuiers, au parfum entêtant ? L’humidité d’un cours d’eau, d’une source ? L’eucalyptus, subtil ou fort. Et les élevages de cochons, moins agréables ! Milles senteurs que la Corse nous propose et qu’il faut savoir respirer !

J’ai bien fait de le laisser mon vélo car c’était impraticable et assez loin. J’ai d’ailleurs été assez étonnée de voir qu’elle était si loin du village, cette chapelle. Une dame m’a dit qu’elle aurait été construite avant le village lui-même. Elle daterait, selon une dame qui remplit mon bidon du 11èsiècle (mais serait un lieu déjà connu des romains : source, sur le net. Elle est propriété privée. Classée monument historique depuis 1980). Le bénitier est fait d’une pierre haute, comme une petite colonne à hauteur de la main et creusée en son centre d’une petite fente. Puis retour par la route qui vient de Bonifacio : grave erreur ! Une circulation et une chaleur pénible après la fraîcheur et le calme. Pour compenser, je roule vite : 35km/h ! Je tourne à droit direction Palombaggia. Et là aussi, beaucoup de circulation : ils cherchent tous une place pour se garer et aller à la plage. Au ralenti, la circulation ! Du coup, je remarque une petite lanterne verte, en carton, accrochée à un buisson. Stop ! Je lis : « Recherche écologique sur le bombyx disparate, ne pas toucher ». Petite recherche sur internet : ce papillon a une chenille ravageuse pour les forêts et un réseau de surveillance a été mis en place en 2006. J’avais déjà effectivement déjà été intriguée par ces petites lanternes accrochées bas, sur des buissons. Je m’arrête dans un resto pour faire remplir le bidon, à sec et refuse les glaçons gentiment proposés.

Dernière sortie et pas mal de kilomètres : 129, presque 130km. Partie à 6h30. Levée de soleil sur le phare de la Chiappa. A nouveau barrage de l’Ospédale. Col d’Illarata, de Pelza (dans la descente, fastoche !), petit déjeuner à l’aire de repos de la cascade de la pisse du coq. Un homme ratisse le sol, entre les tables. « Besoin de quelque chose, madame ? C’est encore fermé ! » Non, merci ! Ah ! Oui ! Où est la poubelle ? Zonza puis, mythique, le col de Bavella ! Dans la montée, un cyclo, arrêté. Ça va ? Besoin de rien ? « Non, merci ! » Puis nous roulons ensemble. Corse de Porto Vecchio (il a vécu à Sevran, vers Paris), il monte régulièrement ce col. Il me fait mettre en colère quand il me dit « Pour une femme, vous montez bien ! ». C’est vrai, je monte mieux que lui, il a du être un peu vexé, peut-être, je ne sais pas. Je l’engueule, pas longtemps, il est bien sympa. Nous nous arrêtons pour boire un coup ensemble, au col de Bavella, dans un bistrot. J’attaque un sandwich, j’ai faim ! Pas lui. [A Zonza nos routes se séparent, il repasse par l’Ospédale)]. Demi tour, retour par Lévie, et le col de Bacino dans un sens que je ne connais pas. Un petit tunnel, et après, un monument aux résistant qui ont libéré la Corse. Il est inspiré des pierres gravées, comme des menhirs, que l’on peut voir sur un site préhistorique (Filitosa) Sur la route, une croix, toute petite et fleurie, en hommage à un homme de 70 ans abattu par les allemands, et deux autres, à des hommes beaucoup plus jeunes. Et sur un pont, à Lévie, gravé dans la pierre : les résistant ont fait sauter ce pont pour stopper l’avancée des allemands. Pour éviter Sotta je passe par de petites routes. Et toujours cette chaleur étouffant en arrivant en ville !

Voilà, j’espère que je vous ai donné envie de vous balader à vélo en Corse. Mon rêve serait d’y aller au printemps, quand le maquis est en fleurs. Et là, je vous dis pas les odeurs, parfums et senteurs !

Puis je laisse mon vélo et part à pied dans un chemin (bordé de fenouil qui sent si bon !) à la rencontre d’une chapelle. La chapelle San Agostino. Je fais une parenthèse, à propos des parfums, en Corse. Avez-vous humé les conifères, cette odeur de résine ? Et les figuiers, au parfum entêtant ? L’humidité d’un cours d’eau, d’une source ? L’eucalyptus, subtil ou fort. Et les élevages de cochons, moins agréables ! Milles senteurs que la Corse nous propose et qu’il faut savoir respirer !

J’ai bien fait de le laisser mon vélo car c’était impraticable et assez loin. J’ai d’ailleurs été assez étonnée de voir qu’elle était si loin du village, cette chapelle. Une dame m’a dit qu’elle aurait été construite avant le village lui-même. Elle daterait, selon une dame qui remplit mon bidon du 11èsiècle (mais serait un lieu déjà connu des romains : source, sur le net. Elle est propriété privée. Classée monument historique depuis 1980). Le bénitier est fait d’une pierre haute, comme une petite colonne à hauteur de la main et creusée en son centre d’une petite fente.

La Corse une région de France à découvrir sur un vélo

Puis retour par la route qui vient de Bonifacio : grave erreur ! Une circulation et une chaleur pénible après la fraîcheur et le calme. Pour compenser, je roule vite : 35km/h ! Je tourne à droit direction Palombaggia. Et là aussi, beaucoup de circulation : ils cherchent tous une place pour se garer et aller à la plage. Au ralenti, la circulation ! Du coup, je remarque une petite lanterne verte, en carton, accrochée à un buisson. Stop ! Je lis : « Recherche écologique sur le bombyx disparate, ne pas toucher ». Petite recherche sur internet : ce papillon a une chenille ravageuse pour les forêts et un réseau de surveillance a été mis en place en 2006. J’avais déjà effectivement déjà été intriguée par ces petites lanternes accrochées bas, sur des buissons. Je m’arrête dans un resto pour faire remplir le bidon, à sec et refuse les glaçons gentiment proposés.

Dernière sortie et pas mal de kilomètres : 129, presque 130km. Partie à 6h30. Levée de soleil sur le phare de la Chiappa. A nouveau barrage de l’Ospédale. Col d’Illarata, de Pelza (dans la descente, fastoche !), petit déjeuner à l’aire de repos de la cascade de la pisse du coq. Un homme ratisse le sol, entre les tables. « Besoin de quelque chose, madame ? C’est encore fermé ! » Non, merci ! Ah ! Oui ! Où est la poubelle ? Zonza puis, mythique, le col de Bavella ! Dans la montée, un cyclo, arrêté. Ça va ? Besoin de rien ? « Non, merci ! » Puis nous roulons ensemble. Corse de Porto Vecchio (il a vécu à Sevran, vers Paris), il monte régulièrement ce col. Il me fait mettre en colère quand il me dit « Pour une femme, vous montez bien ! ». C’est vrai, je monte mieux que lui, il a du être un peu vexé, peut-être, je ne sais pas. Je l’engueule, pas longtemps, il est bien sympa. Nous nous arrêtons pour boire un coup ensemble, au col de Bavella, dans un bistrot. J’attaque un sandwich, j’ai faim ! Pas lui. [A Zonza nos routes se séparent, il repasse par l’Ospédale)]. Demi tour, retour par Lévie, et le col de Bacino dans un sens que je ne connais pas. Un petit tunnel, et après, un monument aux résistant qui ont libéré la Corse. Il est inspiré des pierres gravées, comme des menhirs, que l’on peut voir sur un site préhistorique (Filitosa) Sur la route, une croix, toute petite et fleurie, en hommage à un homme de 70 ans abattu par les allemands, et deux autres, à des hommes beaucoup plus jeunes. Et sur un pont, à Lévie, gravé dans la pierre : les résistant ont fait sauter ce pont pour stopper l’avancée des allemands. Pour éviter Sotta je passe par de petites routes. Et toujours cette chaleur étouffant en arrivant en ville !

Voilà, j’espère que je vous ai donné envie de vous balader à vélo en Corse. Mon rêve serait d’y aller au printemps, quand le maquis est en fleurs. Et là, je vous dis pas les odeurs, parfums et senteurs !

La Corse une région de France à découvrir sur un vélo

Rédigé par Martine Silberstein

Publié dans #Journal de voyage à vélo

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